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<title>Surveillance Des Médias - tv_radio_presse</title>
<description>Votre espace critique des médias français</description>
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<title>12 septembre 2006</title>
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<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>TV + Radio + Presse</category>
<pubDate>Mon, 02 Oct 2006 17:05:00 +0200</pubDate>
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Chers tous,&lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; La date mentionnée dans l'objet du titre est celle où le pape Benoît XVI a prononcé, dans le grand amphithéâtre de l'université de Ratisbonne, le discours qui, au sein du monde musulman, a suscité l'ébullition que l'on sait. A écouter la radio ou la télévision, à lire les journaux, l'affaire se résumerait à ceci : le pape aurait, du même souffle, affirmé qu'il existerait un lien organique entre raison et foi chrétienne mais dénié que ce même lien existerait avec la foi musulmane (d'où les dérives que se permettraient les fidèles de cette dernière - et leur indignation subséquente envers le pape).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cette présentation est, certes, condensée, mais je souhaite surtout dire ceci : les médias semblent s'être focalisés sur l'opinion du pape à l'égard de l'Islam (et les desseins que les esprits les plus polémiques lui prêtent envers cette religion : retour à l'esprit de croisade, aide idéologique déguisée à George Bush, etc.) plus que sur le discours lui-même. Ce discours, auquel chacun peut accéder - en français, en allemand et en italien - notamment grâce à un lien signalé par Alain Gresh sur son blog, comporte bien d'autres aspects que des attaques contre l'Islam. C'est sur certains de ces aspects que j'aimerais revenir.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; I. Premier aspect.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le point de départ de la démonstration de Benoît XVI est l'échange qu'eut l'empereur byzantin Manuel II Paléologue, en 1391, avec un érudit persan. Le pape étant, dans toutes les acceptions du terme, un grand clerc, aurait pu, dans sa vaste culture, puiser nombre d'autres références. Certes, l'empereur Manuel II était lui-même fort savant mais il ne fut pas le seul - le seul empereur comme le seul lettré - à posséder ces qualités au cours de plus d'un millénaire d'histoire byzantine. Néanmoins, et sans entrer sur le fond des échanges entre le basileus et son correspondant persan, je postule ceci : le choix d'un Byzantin, et, particulièrement, le choix d'un Byzantin de cette époque, n'est pas anodin.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L'échange, dit le pape, eut lieu en 1391. Comment cette date se situe-t-elle dans l'histoire de l'empire byzantin ? Si l'on sait exactement la date de la chute de ce dernier (le 29 mai 1453), sa date de naissance est plus difficile à établir. Un moment clairement identifié est celui du partage de l'empire, en 395, entre Arcadius et Honorius, les deux fils de Théodose. A partir de là, les destins de l'empire d'Orient (Arcadius) et ceux de l'empire d'Occident (Honorius) divergent définitivement. Si l'empire d'Orient vécut encore plus d'un millénaire, l'empire d'Occident, lui, succomba - officiellement - en 476. On peut aussi faire remonter cette naissance à la première organisation gouvernementale (et administrative) séparant l'empire romain unifié en deux parties, à savoir la Tétrarchie de Dioclétien, en 285.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Jusque là, il était certes entendu que l'empire romain, pour unique qu'il fût, admettait néanmoins le grec comme langue dominante dans sa partie orientale et le latin dans sa partie occidentale. C'est dans ces langues qu'étaient, dans chaque partie, administrées les provinces, mais à partir d'une direction unique, émanant de Rome. La réforme de Dioclétien prit en compte, après l'ébranlement du IIIe siècle, la nécessité de défendre l'empire à partir de centres plus proches des lieux de crise (invasions ou rébellions). Les structures administratives mises en place ne disparurent plus jamais. Au demeurant, cette date de 285 est celle que mentionne André Guillou dans sa chronologie (La civilisation byzantine, Arthaud, 1974, page 448), ainsi que Georges Ostrogorsky (Histoire de l'Etat byzantin, Payot, 1969, pages 59 à 62). Nous l'admettrons donc comme convenable. Pourquoi ces considérations chronologiques ? Pour situer, dans le temps, Manuel II Paléologue. A la date de 1391, l'empire n'a plus que 62 ans à vivre : rapporté à un jour solaire, c'est comme si on abordait la journée à 22 h 45. [Pour mémoire, Manuel II mourut en 1425 : l'empire ne lui survécut que 29 ans !].&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; A quoi ressemblait l'empire byzantin à cette époque ? Au temps de sa plus grande extension - sous Justinien, vers 560 - il englobait presque tout le pourtour de la Méditerranée : l'Espagne du Sud, l'Afrique du Nord du milieu de la côte algérienne à l'Egypte, le Sinaï, la Palestine, la Syrie, les péninsules anatolienne, balkanique et italienne, ainsi que toutes les îles de la Méditerranée. Au XVe siècle - au plus tard à la mort de Manuel II - cet empire ne comprenait plus que Constantinople et quelques faubourgs, ainsi que de rares îles au nord de l'Egée, telles que Thasos, Samothrace et Lemnos. Et le reste ? Eh bien, le reste avait été soit conquis par les Ottomans (péninsule anatolienne et Balkans) soit (Grèce propre et les îles de l'Egée) avait été divisé entre des dynastes grecs indépendants ou des républiques maritimes italiennes (Gênes, Venise). &quot;L'empire&quot; byzantin de cette époque ressemblait à une France réduite à Paris, au départements de la petite couronne, ainsi qu'à quelques localités de province, telles que Rambouillet ou Chambord (Voir la carte &quot;Europa um 1450&quot; du Grosser Historischer Weltatlas, IIe partie, Moyen Age, p.121).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Que faisait Manuel II Paléologue en 1391 à Ankara ? Le pape dit : &quot;Il y prenait ses quartiers d'hiver&quot;. L'expression &quot;quartiers d'hiver&quot; qui remonte, plus précisément, à la seconde moitié du XVIIe siècle (1668 ou 1688, dit le Dictionnaire historique Robert) - mais désigne cependant une réalité plus ancienne - évoque une période au cours de laquelle les armées, privées de ravitaillement par la mauvaise saison, étaient cantonnées à l'abri - souvent parmi la population - avant de reprendre les opérations au printemps. On pourrait donc penser que Manuel II était en campagne (contre qui ?) et que, pour passer le temps, il s'adonnait à d'érudites occupations... Que nenni !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; A l'époque, en effet, non seulement l'empire byzantin était réduit à presque rien (cf. ci-dessus) mais, de surcroît - comme souvent dans les Etats en crise - il était déchiré entre les factions au sein des groupes dirigeants, en l'occurrence au sein de la dynastie régnante. Manuel (qui n'était pas encore le deuxième du nom) avait dû, de concert avec son père Jean V, lutter contre son frère Andronic IV et le fils de ce dernier, Jean VII. Et ce ne fut qu'avec l'assentiment du sultan Bajazet Ier qu'il put, en 1390, reconquérir son micro-Etat sur son neveu. Pendant que son père Jean V achevait son règne dans la ville, Manuel &quot;résidait à la cour du sultan et avalait toutes les humiliations avec la déférence d'un vassal&quot; (Georges Ostrogorsky, op. cit., p. 570). Les derniers Paléologues n'étaient donc que les jouets du sultan. Celui-ci était le maître de facto de l'empire byzantin avant de le devenir de jure. Mutatis mutandis, les empereurs byzantins de la basse époque avaient donc avec les Ottomans les rapports qu'avaient eu, un millénaire auparavant, leurs prédécesseurs d'Occident vis-à-vis des chefs &quot;barbares&quot; qui, de fait, formaient les effectifs - et les cadres - de la dernière armée romaine.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il est difficile de penser que la perception de l'Islam par Manuel II ait pu ne pas être influencée par la situation, qui voyait alors un empire ottoman en pleine expansion au détriment des Etats chrétiens, notamment dans les Balkans (la bataille du Kosovo, qui consacra l'effondrement des Etats slaves des Balkans, eut lieu le 15 juin 1389, la bataille de Nicopolis, qui écrasa une expédition de chevaliers chrétiens - majoritairement hongrois et français - se déroula 7 ans plus tard, le 25 septembre 1396). Dans la mesure où les Turcs professaient l'Islam, il est donc compréhensible que Manuel II, qui assistait aux triomphes militaires de cet empire, ait pu identifier Islam et violence.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cette identification, toutefois, est rien moins que naturelle. Elle ne l'est pas plus que celle qu'aurait établie un empereur du Bas Empire d'Occident entre arianisme et violence, nombre de chefs barbares ayant alors opté pour cette hérésie du christianisme. Par ailleurs, les ardeurs belliqueuses des Turcs s'exerçaient aussi contre d'autres peuples professant également l'Islam, tels que Perses ou Arabes (et lorsque les Turcs affrontaient la Perse, pays de l'interlocuteur de Manuel II, ils ne l'affrontaient pas en tant que musulmans, mais en tant que Turcs. Pas plus que, aux XVIe et XVIIe siècle, les puissances occidentales ne s'affrontèrent au nom d'impératifs religieux, protestants et catholiques ayant alors des alliances croisées). Et il ne faut pas oublier que l'empire ottoman domina le monde arabe - tout aussi musulman que lui - jusqu'à l'issue de la Première Guerre mondiale, et qu'il ne fut libéré qu'avec l'aide des Etats &quot;chrétiens&quot; qu'étaient le Royaume-Uni et la France (qui ne firent d'ailleurs que substituer leur domination à la domination ottomane).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L'omission de cette réalité - et de ces rapports de force - est une curiosité du discours du pape. Il en est cependant une autre, autrement importante. Pourquoi le pape a-t-il choisi, précisément, un représentant de l'empire byzantin ? Ce choix est paradoxal, car s'il est une institution qui contribua au déclin de cet empire - voire précipita sa chute - ce fut bien la papauté. Le résultat le plus clair des deux siècles de croisades (en dates rondes, de 1095, date de l'appel d'Urbain II au concile de Clermont, à 1291, prise de Saint-Jean d'Acre), fut de fragiliser l'empire byzantin. La seule dévastation de Constantinople, avant le siège turc de 1453, fut le fait des chevaliers chrétiens, en 1204 ! Et même si le pape Innocent III finit par condamner cette conquête, il ne l'en approuva pas moins initialement (dans l'espoir d'une union des Eglises). Ainsi, même si on ne peut adresser à la papauté le reproche d'avoir expressément &quot;voulu&quot; la ruine de l'Etat byzantin, dépassée qu'elle fut par la puissance des Etats d'origine des croisés (notamment le royaume de France) et les desseins mercantiles des républiques maritimes italiennes (Gênes et Venise), il n'en reste pas moins que, nolens volens, les prédécesseurs de Benoît XVI hâtèrent la fin de cet Etat.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cette opposition de fait - plus ou moins consentie, plus ou moins réticente - à l'affaiblissement de l'empire byzantin n'était que le reflet d'une autre opposition plus profonde, celle qui opposait la chrétienté latine à la chrétienté grecque (en gros le catholicisme à l'orthodoxie). A bien des égards, cette opposition, jalonnée par le schisme de Photios (869-870), puis entérinée en 1054, se montra plus forte que l'opposition respectives des deux parties à l'empire ottoman puisque, même au plus fort du péril turc, alors qu'il ne restait à l'empire byzantin que quelques décennies à vivre, aucune des deux parties ne croyait véritablement à l'union. Toujours selon Georges Ostrogorsky (op. cit., p. 583), &quot;l'empereur Manuel, instruit par l'expérience, avait [...] montré un froid scepticisme pour l'idée de l'u­nion. Sur son lit de mort, rapporte Phrantzès, il mit expressé­ment son fils en garde contre des espoirs d'union ; à son avis, une union entre Grecs et Latins était chose impossible, et les tentatives d'union ne pouvaient qu'envenimer le schisme&quot;. Et même en décembre 1452, moins de six mois avant la chute de la ville, la proclamation de l'union à Sainte-Sophie par le cardinal Isidore - légat du pape et ancien métropolite de Moscou - déclencha la colère du peuple, au point de faire dire à un des hauts fonctionnaires de l'empereur : &quot;Plutôt voir le turban turc au milieu de la capitale que la mitre latine&quot;. (Ostrogosky, ibid., p. 590).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cette opposition entre catholicisme et orthodoxie ne s'apaisa d'ailleurs plus jamais : elle se manifesta, notamment, par la dispute sur la possession des Lieux saints entre orthodoxes et catholiques (et fut un des prétextes de la guerre de Crimée, qui vit la France catholique, l'Angleterre protestante et la Turquie musulmane affronter la Russie orthodoxe). Et elle perdura jusqu'à nos jours puisque même le prédécesseur de Benoît XVI ne fut jamais reçu par le métropolite de Moscou (sa condition de Polonais ayant peut-être même aggravé sa position de pape...). On peut donc se demander si la référence de Benoît XVI à Manuel II ne constitue pas, aussi, un discret appel du pied au monde orthodoxe en vue d'une (éventuelle ?) réconciliation.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; II. Deuxième aspect.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il y aurait aussi sans doute à dire sur la convergence que le pape établit entre pensée monothéiste et pensée grecque, à commencer par sa conception harmonieuse de la Septante. Le pape passe un peu vite, ce me semble, sur les différences entre judaïsme de la Palestine et judaïsme de la Diaspora. Autant le premier pouvait être raide, rude, intransigeant (on le vit bien, de l'insurrection des Macchabées à celle de 133), autant le second - qui vivait parmi les païens - devait se montrer souple et accommodant (il fallait bien vivre...). Dans leur ouvrage &quot;Le judaïsme et le christianisme antique&quot; (P.U.F., Nouvelle Clio, 1968, pages 71 et sqq.) Marcel Simon et André Benoît signalent que les juifs de la Diaspora, &quot;généralement ignorants de l'hébreu et de l'araméen, adoptaient tout naturellement le parler de leur milieu&quot; [en l'occurrence, dans l'Egypte lagide, où eut lieu la conception de la Septante, le grec]. On peut donc imaginer que les juifs d'Alexandrie apprenaient l'hébreu ou l'araméen comme les clercs catholiques apprennent le latin ou comme les Turcs ou les Indonésiens apprennent l'arabe : comme une langue liturgique permettant la lecture du Livre saint, c'est-à-dire comme une langue étrangère, donc une langue seconde.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Or, il est constant que les &quot;bonnes&quot; traductions procèdent toujours de l'aval vers l'amont. C'est-à-dire qu'elles sont effectuées par le locuteur de la langue destinataire vers le document de la langue originelle. Ce n'est qu'ainsi que la traduction peut apparaître, aux yeux du lecteur, comme un écrit de sa propre langue (et non comme un sabir, à l'instar des notices d'utilisation des fours à micro-ondes, qui passent directement du coréen au français via un dictionnaire de poche). En l'état, si l'on suit Simon et Benoît, on peut postuler que les traducteurs de la Septante, tout juifs qu'ils étaient, ne s'en exprimaient pas moins en grec, c'est-à-dire pensaient en grec. Leur oeuvre, destinée aux Gentils (= non-juifs), présentait à ceux-ci un monde étranger, certes... mais pas étrange ! Au demeurant - ce qu'omet (involontairement ?) le pape - si l'Eglise adopta la Septante, le judaïsme, de plus en plus concurrencé par le christianisme, se replia sur lui-même et, en matière de Bible, en vint à &quot;la version d'Aquila, d'un littéralisme servile, véritable décalque de l'hébreu, [qui] remplaça la Septante, à partir du IIe siècle, dans la Diaspora&quot; (Simon et Benoît, ibid., p. 78). La &quot;bouée&quot; grecque ne servit, en fin de compte, qu'à la seule Eglise...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ces remarques valent aussi pour le christianisme, et, notamment, pour la relation de Jésus à Paul. La Tradition, la liturgie de la messe - notamment la place qu'y tiennent les Epîtres - ont imposé l'idée qu'il y avait un lien organique de l'un à l'autre. Ce lien est peut-être évident pour un catholique - ou un protestant, mais, comme la référence à Manuel Paléologue, il est rien moins qu'évident.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il existe, en effet, une forte différence entre l'enseignement du juif galiléen Jésus de Nazareth et celui du juif hellénisé Paul de Tarse. Certes, les choses ne se présentent pas avec une clarté géométrique mais, sans Paul, l'enseignement du Nazaréen n'aurait sans doute été compté que comme une branche du judaïsme - à l'instar de celui du Baptiste ou du Maître de Justice des Esséniens. A l'inverse, peut-être Paul ne cherchait-il pas systématiquement des disciples en dehors du judaïsme. Peut-être sont-ce seulement les circonstances qui, au bout du compte, en firent &quot;l'Apôtre des Gentils&quot;, donc, l'une des extrémités de la longue chaîne qu'à l'autre bout tient Benoît XVI. Du point de vue juif, l'enseignement du Nazaréen fut donc une opération superbement ratée ! Mais, historiquement - et grâce à Paul - ce fut un &quot;ratage&quot; fécond, du même ordre que nombre de &quot;découvertes&quot; humaines, qui partent vers un objet et en découvrent un autre : comme, par exemple, à la fin du XVe siècle, la recherche d'un passage vers l'Asie vers l'Ouest...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Par ailleurs, dans son cinquième paragraphe, Benoît XV dit : &quot;Je pense qu'ici se manifeste la profonde concordance entre ce qui est grec dans le meilleur sens du terme et ce qu'est la foi en Dieu sur le fondement de la Bible&quot; et, à l'appui de cette proposition, il cite la modification, par l'évangéliste Jean, du premier verset de la Genèse au début de son Evangile : &quot;Au commencement, était le Logos&quot;. Certes, le Quatrième Evangile est, à bien des égards, un écrit original et inspiré, certes, il peut soutenir la comparaison avec les Synoptiques (= Evangiles de Matthieu, Marc et Luc), mais, contrairement auxdits Evangiles, il est le seul, dans le récit de la dernière cène... à omettre l'institution de l'Eucharistie ! Or, s'il est un rite fondamental, celui autour duquel s'ordonne la liturgie de la messe, c'est bien celui-là ! Donc, pour reprendre les termes de Benoît XVI, la concordance entre ce qui est grec et ce qui est foi (au sens de la Bible) n'est-elle peut-être pas aussi &quot;profonde&quot; que cela...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; III. Troisième aspect.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il convient de dire quelques mots sur la formation et la carrière du pape actuel et sur les caractères que présentent celles-ci par rapport à ses prédécesseurs immédiats. On peut opérer un rapide survol depuis l'entrée en fonctions de Pie XII, la période considérée, longue de près de 70 ans (le cardinal Pacelli ayant accédé au pontificat en 1939), ayant été très féconde en bouleversements politiques (Seconde Guerre mondiale, décolonisation, chute du communisme, déclin de l'Europe, etc.), scientifiques et techniques (naissance et expansion du nucléaire, de l'informatique, de l'astronautique), &quot;sociétaux&quot; (promotion et émancipation des femmes, changement des moeurs sexuelles, déchristianisation), et, bien entendu - ceci n'étant pas sans liens avec cela - déroulement du concile Vatican II, le dernier concile oecuménique.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pie XII, entré en fonction en 1939, eut une formation juridique (spécialiste du droit canon) et, à partir de la Première Guerre mondiale, une carrière diplomatique. Jean XXIII eut une formation plutôt historique (monographies sur l'histoire diocésaine et saint Charles Borromée), et, à partir de 1925, une carrière diplomatique (visiteur apostolique en Bulgarie, nonce en France, observateur à l'UNESCO), puis pastorale (patriarche de Venise). Paul VI, eut une carrière administrative (à la Curie), et, à partir de 1954, pastorale (archevêque de Milan). Nous passerons sur Jean-Paul Ier, la brièveté de son pontificat n'autorisant pas de longs développements, pour en arriver à Jean-Paul II. Celui-ci, en dehors de son expérience pastorale (comme archevêque de Cracovie), depuis 1953, eut un état d'esprit surtout philosophique (thèse sur Max Scheler). [Ces données sont tirées du Dictionnaire des papes, Brepols, 1994].&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le pape actuel, né en 1927, est l'auteur de deux thèses, l'une sur saint Augustin, l'autre sur saint Bonaventure. Il fut professeur de dogmatique et de théologie fondamentale à Freising, en 1959, puis à Bonn (de 1963 à 1966), à Tübingen (de 1966 à 1969), et, enfin, à Ratisbonne (de 1969 à 1977). Il fut aussi consulteur théologique, durant le concile Vatican II, auprès du cardinal Frings, archevêque de Cologne. En 1977, il fut nommé archevêque de Munich et Freising. Puis, à partir de 1981 - trois ans après l'accession au pontificat de Jean-Paul II - il fut nommé Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (ci-devant Saint-Office). Il resta à ce poste jusqu'au décès de son prédécesseur, c'est-à-dire presque un quart de siècle !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Résumons-nous : durant 18 ans (de 1959 à 1977), Joseph Ratzinger enseigna la théologie dans diverses universités catholiques allemandes. Puis, après 4 ans d'activité pastorale (archevêché de Munich), il prit en charge, durant 24 ans, la garde de l'orthodoxie de l'Eglise catholique, ce qui l'amena à connaître une foule d'écrits rédigés par les clercs et à les confronter à ses propres connaissances et à ses propres convictions. Il y acquit d'ailleurs la réputation d'un censeur à la fois précis, érudit, sévère, exigeant... et très conservateur ! Ses éminentes qualités intellectuelles, ses travaux, sa formation, son milieu d'origine (la Bavière, province aussi catholique que conservatrice) sa forte personnalité, ne pouvaient que le disposer à se sentir le &quot;gardien du temple&quot; (sans acception péjorative), celui qui, à l'intérieur, maintient la pureté et l'orthodoxie de la foi (par exemple contre la théologie de la libération), et qui, à l'extérieur, défend la primauté de l'Eglise catholique contre les autres religions (déclaration Dominus Iesus du 6 août 2000, dans laquelle le cardinal Ratzinger &quot;[tenait] à préciser que les Eglises nées de la Réforme du XVIe siècle [n'étaient] pas des Eglises au sens propre du mot&quot;, ce qui suscita (parmi bien d'autres) l'indignation de la Fédération protestante de France.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Gageons donc que, parmi une foule d'autres raisons, cette éminente science du dogme ne contribua pas peu à l'élection du cardinal Ratzinger au pontificat. Benoît XVI peut donc, par ses fonctions passées, se sentir pleinement inséré dans une lignée millénaire de prédécesseurs prestigieux, des premiers Pères de l'Eglise grecque (Grégoire de Nysse, Grégoire de Nazianze, Jean Chrysostome...) ou latine (Jérôme, Ambroise, Augustin...) aux plus récents maîtres (Karl Rahner, Henri de Lubac, Yves Congar, Marie-Dominique Chenu, Hans Urs von Balthasar, dont certains furent ses collègues ou ses égaux).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais, surtout, ce pape peut se voir dans la pleine continuité de ceux qui, doctrinalement, firent de l'Eglise ce qu'elle est encore aujourd'hui, à savoir les théologiens médiévaux, ceux qui opérèrent la synthèse entre Révélation et philosophie grecque (platonicienne et aristotélicienne) : les Bonaventure, Albert le Grand, et, bien entendu, Thomas d'Aquin. L'enseignement de ce dernier fut l'enseignement officiel de l'Eglise et fut même réactualisé, sous Léon XIII, sous les espèces du néo-thomisme. Sans nous prononcer sur le fond, reconnaissons qu'il s'agit là d'une entreprise grandiose, visant à harmoniser raison et foi, et qui manifeste un remarquable esprit de suite à travers les siècles. Si l'on osait une métaphore, on pourrait dire que la théologie catholique - par nature jamais achevée - est comme une gigantesque Sagrada Familia que l'Eglise se bâtit à elle-même.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Néanmoins, cette belle architecture allait être mise à mal peu d'années après l'acmé de ses réalisations (Thomas d'Aquin meurt en 1274) et Benoît XVI cite à bon droit Duns Scot (né en 1266), qui, au sein même de l'Eglise (il était franciscain), professait, contre les thomistes, le primat de la volonté sur l'entendement (c'est sans doute ce à quoi fait allusion le pape dans son passage &quot;En opposition avec ce que l'on a appelé l'intellectualisme augustinien et thomiste débuta avec Duns Scot une situation volontariste qui, en fin de compte, dans ses développements successifs, conduisit à l'affirmation que nous ne connaîtrions de Dieu que la voluntas ordinata&quot;). Or, ce &quot;volontarisme&quot; - pour reprendre le mot du pape - prit une forme encore plus radicale chez Thomas Bradwardine (oxfordien né avant 1290), qui affirmait que &quot;...la volonté divine est la cause efficiente de toutes choses [...] et [que] l'acte le plus libre que l'homme puisse faire, c'est Dieu qui le nécessite&quot;. Ce courant de pensée n'allait que se durcir et se radicaliser au cours des ans puisque, quelques années plus tard, en 1347, le cistercien Jean de Mirecourt affirmait que &quot;Dieu veut que quelqu'un pèche et qu'il soit pécheur, qu'il veut, en voulant son bien, qu'il soit pécheur, qu'il est cause du péché comme péché, du mal de coulpe comme mal de coulpe, auteur du péché comme péché&quot; (Emile Bréhier, Histoire de la philosophie, P.U.F., 1967, Tome I.3, p. 636). [Précisons, &quot;par honnêteté&quot; - pour nous exprimer comme le pape - que ce Jean de Mirecourt vit ses thèses condamnées].&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ne sommes-nous pas là tout proches de ce que Benoît XVI dit reprocher à Ibn Hazn, à savoir que &quot;... Dieu ne serait pas même lié par sa propre parole et [...] rien ne l'obligerait à nous révéler la vérité. [Et que si] cela était sa volonté, l'homme devrait même pratiquer l'idolâtrie&quot; ? Est-il besoin de chercher dans l'Islam une telle &quot;abomination&quot; alors qu'on la trouve pour ainsi dire à domicile ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais, au fond, cet assujettissement de l'homme à la volonté de Dieu, n'est-ce pas, en d'autres termes, le serf arbitre, ce serf arbitre, qui, de Duns Scot à Thomas Bradwardine, de Thomas Bradwardine à Jean de Mirecourt, de Jean de Mirecourt à Jean de Wyclif et de celui-ci à Luther, fut au fond de la démarche protestante, et, au sein même du catholicisme, de la démarche janséniste ? La toute-puissance de Dieu, sa volonté &quot;arbitraire&quot;, ne sont pas à débusquer dans le seul Islam, elles se rencontrent également au sein du christianisme, non seulement du protestantisme, mais aussi du catholicisme. A six ans d'intervalle, de la déclaration Dominus Iesus au discours de Ratisbonne, la position du pape n'a pas varié... à l'égard des protestants.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les propos du pape vis-à-vis de l'Islam constituent-ils le fond du discours de Ratisbonne ? Qu'il nous soit permis d'esquisser une autre hypothèse. Ce qui tourmente le pape, ce qui le contrarie dans sa double situation de croyant et d'intellectuel, n'est-ce pas plutôt la démarche qui dissocie foi et métaphysique, qui rompt le lien entre les deux, qui fait que la foi ne se peut pas plus déduire de la métaphysique que la métaphysique de la foi ? Cette démarche, qui part de très loin - de Duns Scot - est, par excellence, soutenue, développée par le protestantisme, de Luther jusqu'au piétiste Kant (comme le rappelle le pape) dans une autre partie de son discours. S'il est possible de faire de la métaphysique en étant protestant - ou s'il est possible de vivre une foi - et une foi chrétienne de surcroît - sans toucher à la métaphysique, n'est-ce pas alors l'univers entier de Joseph Ratzinger qui est remis en cause ? L'adversaire visé n'est peut-être pas celui qu'on imagine...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; Je vous saurais gré de vos remarques, compléments, précisions et critiques.&lt;br /&gt; Bien à vous&lt;br /&gt; Philippe Arnaud&lt;br /&gt;
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<guid isPermaLink="true">http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/08/27/27-aout-2006.html</guid>
<title>27 aout 2006</title>
<link>http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/08/27/27-aout-2006.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>TV + Radio + Presse</category>
<pubDate>Sun, 27 Aug 2006 19:15:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Chers tous,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Pour reprendre le cours de nos activités normales, remobiliser nos adhérents, repartir de plus belle, je&amp;nbsp;propose d'entreprendre une action&amp;nbsp;à laquelle j'attache&amp;nbsp;beaucoup de prix : commémorer la fin tragique des deux inspecteurs du travail assassinés, il y a deux ans, jour pour jour, à Saussignac, en Dordogne. Il s'agit aussi, bien entendu, de parler de l'inspection du travail et du Code du Travail. Je plaide pour cette action&amp;nbsp;avec&amp;nbsp;les arguments que voici :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;1. Le programme du Medef, d'Ernest-Antoine Seillière à Laurence Parisot et des doctrinaires universitaires néo-libéraux (Pascal Salin, Bertrand Lemennicier, Jacques Garello et consorts) pourrait se résumer en un seul et unique article : supprimer&amp;nbsp;le Code du Travail. Une fois le Code du Travail supprimé, on en serait au renard libre dans le poulailler libre (ou, pour parler comme Joseph, dans la jungle). Très crûment, la suppression du Code du Travail, cela, en français, porte un nom : l'esclavage.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;2. Le&amp;nbsp;Code du Travail, c'est, nécessairement, l'inspection du Travail. Tout comme le Code de la route ou le Code pénal, c'est la gendarmerie et la police, car il n'est pas de Code sans force pour le faire respecter. Si on s'attaque aux inspecteurs du Travail, on s'attaque donc, nécessairement, au Code du travail.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;3. A cet égard, il faut bien replacer les responsabilités :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;- Henri IV n'a pas été assassiné par François Ravaillac mais par tous les Ligueurs, les ultra-catholiques qui lui avaient mis dans la tête qu'un roi hérétique, qui promulguait l'édit de Nantes, c'était la perdition de la France,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;- Jean Jaurès n'a pas été assassiné par Raoul Villain mais par Léon Daudet, Paul Déroulède, Maurice Barrès, Edouard Drumont, Charles Maurras et par tous les plumitifs qui, durant l'Affaire Dreyfus, ont déversé leur haine à plein bord dans les journaux nationalistes.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;- Le Marocain jeté dans la Seine en queue de cortège du Front National n'a pas été tué par les skinheads bas de plafond qui ont perpétré le forfait, mais par tous les gens bien cravatés, bien policés, les cadres du F.N., des universitaires même, comme Gollnisch ou Martinez, qui distillent leur fiel chez des esprits faibles.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;- Eh bien, Daniel Buffière et Sylvie Trémouille n'ont pas été tués par ce patron qui leur a tiré dessus mais par tous ceux qui, comme Laurence Parisot (qui ne tuerait peut-être même pas un poulet de sa main), se permettent des phrases comme : &quot;La liberté de penser s'arrête là où commence le Code du Travail&quot;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;4. En conséquence, en manifestant en faveur des malheureux assassinés (et de quelle façon&amp;nbsp;: leurs foie, leurs poumons ont été broyés par des tirs de chevrotines !), on manifeste contre les véritables auteurs, c'est-à-dire les instigateurs intellectuels et moraux de ce forfait, les doucereux universitaires, les journalistes (même pas vendus, bêtes, tout simplement), qui font des ménages à 18.000 euros la demi-journée mais trouvent que le SMIC est un salaire de nabab.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;5. La défense du Code du Travail entre tout à fait dans la philosophie, les objectifs, les moyens, les buts d'Attac. Tous les combats auxquels Attac a participé se ramènent tous, en fin de compte, au Code du Travail. La défense des retraites en 2003 ? C'est le Code du Travail, car la cotisation retraite est un salaire différé et que le salaire, c'est codifié par le Code du Travail (et le même raisonnement vaut pour la Sécurité sociale). La diminution du temps de travail ? Code du Travail ! Le combat contre le CPE et le CNE ? Code du Travail ! Les conditions concrètes du travail (CHSCT) ? Code du Travail ! L'apprentissage à 14 ans ? Code du Travail ! Les conditions de vie des salariés chinois ? Code du Travail ! (Code du Travail chinois, mais Code du Travail quand même), etc.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;6. Une mobilisation autour de cet événement nous permettra de nouer des liens avec nombre de partenaires intéressés à l'affaire :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;- Les inspecteurs du travail eux-mêmes,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;- Les syndicalistes (car quel est le sens du travail d'un syndicaliste, sinon défendre, élargir et étendre le Code du Travail ?).&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;- Les partis politiques de gauche : quel est le sens du combat d'un parti de gauche s'il ne tourne pas, au premier chef, autour de la défense des conditions de travail ?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Toutes choses égales par ailleurs,&amp;nbsp;une telle&amp;nbsp;cause nous mobiliserait avec les autres forces progressistes comme nous ont mobilisés la lutte contre le TCE (en 2005) et la lutte contre le CPE (en 2006). Par ailleurs, aucun responsable de la droite n'ayant élevé la voix (pour des gendarmes tués, on aurait eu&amp;nbsp;droit aux trémolos de Chirac, Villepin et Sarkozy, qui ont eu là un silence scandaleux, car les inspecteurs du travail, ce sont aussi des gendarmes, les gendarmes du travail), il serait hautement moral qu'on honore la mémoire de ces malheureux, une personne n'étant jamais &quot;vraiment&quot; morte tant qu'on pense à elle.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Je vous saurais gré de vos remarques, suggestions et critiques&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Bien à vous&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Philippe Arnaud, AMD Tours&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>21 juillet 2006</title>
<link>http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/07/21/21-juillet-20061.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>TV + Radio + Presse</category>
<pubDate>Fri, 21 Jul 2006 18:50:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Chers tous,&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;[Précision en cas de mauvaise réception. Ce message est divisé en paragraphes séparés par un interligne. J'ai numéroté chaque paragraphe. Si le texte apparaît en un seul bloc indifférencié, il suffira donc de faire&amp;nbsp;deux retours à la ligne à chaque numéro pour retrouver la présentation d'origine].&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;1. Depuis une dizaine de jours qu'a été lancée l'offensive de l'armée israélienne au Liban [je précise bien au Liban, puisque ce n'est pas seulement le Hezbollah au Sud Liban mais tout le pays, ses habitants (civils), ses infrastructures (villes, routes, ponts, châteaux d'eau) qui est visé], depuis une dizaine de jours, donc, il est question de &quot;Katiouchas&quot; qui seraient utilisées (au féminin, car le nom est féminin) par le Hezbollah contre les objectifs civils israéliens.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;2. Sous une apparence technique (le nom d'un matériel militaire), l'emploi de ce nom - qui ne me semble pas correspondre à la réalité, je vais dire pourquoi -&amp;nbsp;se dissimule une opération psychologique, qui répond à une visée idéologique. Je demande donc aux lecteurs (lectrices) de bien vouloir, au préalable, prendre connaissance des - brèves - explications ci-après.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;3. Le mot &quot;Katioucha&quot; (ou &quot;Katuysha&quot;, pour lui conférer une couleur locale) est, en russe,&amp;nbsp;le diminutif affectueux du prénom &quot;Catherine&quot;, quelque chose comme &quot;Petite Catherine&quot; ou &quot;Cathy&quot;. Ce nom donné à une arme est, du reste, courant chez les militaires de tous pays, depuis fort longtemps, pour exprimer la confiance et l'affection d'un objet qui, tout à la fois les protège et les valorise, en leur permettant de remporter la victoire sur l'ennemi (depuis les épées célèbres baptisées &quot;Excalibur&quot; ou &quot;Durandal&quot;, jusqu'aux avions, et, en particulier&amp;nbsp;au - tristement - célèbre &quot;Enola Gay&quot;, l'avion qui lança la bombe sur Hiroshima, et à qui son commandant avait donné le nom patronymique de sa mère).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;4. Cette arme est également connue, via les Allemands, sous le nom d'orgues de Staline (Stalinorgel), plus techniquement, sous celui de&amp;nbsp;lance-roquettes à tubes multiples, ou lance-roquettes multiples (LRTM ou LRM), et, précisément, sous le nom russe de BM-8, de 82 mm de diamètre, ou de BM-13, de 32 mm. Il s'agissait d'un châssis de tubes, montés par modules horizontaux de 6, 7 ou 8, et qui pouvaient lancer,&amp;nbsp;par salves&amp;nbsp;(la notion de&amp;nbsp;salves est importante),&amp;nbsp;des bordées de 6, de 7 ou de 8 fusées. Ces châssis comprenaient de 14 à 48 tubes (soit de 2 rangées de 7,&amp;nbsp;ou 6 rangées de 8). Le tout était monté non sur un blindé mais à l'arrière d'un camion. C'était donc une arme rustique, pouvant être développée à l'économie, à partir du recyclage de matériels civils.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;5. La charge était de 22 kg et&amp;nbsp;contenait un explosif (contre des matériels ou des bâtiments),&amp;nbsp;ou des dispositifs à fragmentation (contre des hommes). La portée était de 5 à 9 km (donc relativement courte). L'effet était un effet de saturation dévastateur, employé sur des concentrations de troupes (infanterie, artillerie ou chars, compensé par une grande imprécision et une faible mise au point (contrairement au canon). L'impact était relativement concentré (un petit nombre d'hectares ou quelques pâtés de maison).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;6. Pourquoi l'emploi de ces &quot;Katiouchas&quot; par le Hezbollah&amp;nbsp;me paraît-il douteux ? Pour plusieurs raisons :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;6.1. D'abord en raison de la limitation de la portée : les roquettes lancées par le Hezbollah, et qui ont atteint Haïfa ou Nazareth, étaient lancées depuis une distance dont le module était, au moins, de la dizaine de kilomètres (vu leur éloignement par rapport à la frontière), soit 10, 20, 30, 40 km ou davantage. Certes, on pourrait objecter que rien n'interdit l'usage de LRM à plus longue portée (c'est le cas des LRM américains ou anglais, utilisés lors de la première guerre du Golfe, et qui ont une portée d'une trentaine de kilomètres). La courte portée n'implique pas nécessairement une technologie insuffisante, elle répond aussi à un objectif militaire. Les pluies de Katiouchas sur les soldats allemands causaient des ravages dans leurs rangs et, en outre, avaient un puissant effet démoralisateur (comme celui que recherchaient les Allemands avec leur avion d'assaut Ju-88 Stuka). Un tir de Katioucha devait être donc effectué d'assez près pour que l'infanterie (ou les chars) donnent l'assaut dans la foulée avant que les troupes n'aient pu se reprendre et se reformer. Quelques minutes à une demi-heure.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;6.2. Puis en raison de l'encombrement du porte-engin (en l'occurrence le camion). Celui-ci, alourdi par sa charge, se déplace lentement, il lui faut&amp;nbsp;être ravitaillé en carburant (d'où des camions-citernes ou des dépôts). Il lui faut, en outre, prévoir des munitions de rechange (d'où d'autres camions). Or, toute la région du Sud Liban est surveillée, de haut, par les engins suivants : drones, avions de reconnaissance à hélice et à réaction, AWACS (Boeing 707 reconfigurés), hélicoptères et satellites américains. Chaque mouvement peut être détecté visuellement, immédiatement, par la chaleur (infra-rouge) et par radar. Un conducteur de camion qui s'approche de 5 à 9 km de la frontière israélienne se rejoue donc &quot;Le salaire de la peur&quot; à chaque tour de roue.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;6.3 Puis en raison des conditions du tir. Durant la Seconde Guerre mondiale, le départ des salves de Katiouchas laissait derrière elle une fumée impressionnante, qui la faisait repérer immédiatement et l'exposait aux tirs de contre-batterie. Actuellement encore, les LRM américains, malgré leurs perfectionnements, laissent encore derrière eux une traînée importante qui rend la vie de leurs servants périlleuse (y compris au moment du tir).&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;6.4. Puis en raison de leur usage contre les civils. Sur une troupe (blindés, artillerie, infanterie) en général concentrée, des salves de Katiouchas sont très efficaces. En revanche, pour atteindre des objectifs civils, il est psychologiquement plus &quot;rentable&quot; de viser, dans une ville, des installations dispersées (une gare, un silo, une usine, des barres de HLM ou des pavillons, des supermarchés, etc.) qu'un seul pâté de maison. Tuer 50 personnes dans le même immeuble ne procure&amp;nbsp;pas plus&amp;nbsp;d'effet que d'en tuer 10. En revanche, en tuer 50 dans dix endroits dispersés de la ville donne à tous les habitants le sentiment qu'ils sont en danger. Comme une météorite ou un éboulement de terrain qui écrase un pâté de maison : ceux qui sont restés en dehors du coup penseront que c'est la fatalité.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;6.5.&amp;nbsp;Enfin, en raison de la réalité. A côté des &quot;Katiouchas&quot; ont été développées d'autres armes à longue portée, créées, celles-ci, par les Allemands, à partir des V1 et des V2. Des fusées à plus longue portée (jusqu'à quelques centaines de kilomètres) et dont la version la plus connue a été le fameux &quot;Scud&quot; soviétique, utilisé durant la première guerre du Golfe. La technologie de ces armes a été assimilée, reprise et perfectionnée par les ingénieurs iraniens, qui cherchent à se constituer une industrie de guerre autonome. Il est donc plus que vraisemblable que les fusées expédiées sur Israël sont des engins de quelques mètres de long, transportables (et transportées) dans des véhicules légers et déjà prépositionnés (donc ne naviguant pas sous l'oeil des caméras embarquées dans des aéronefs) et employés à l'unité, avec plus de précision que des &quot;Katiouchas&quot;.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;7. Pourquoi donc employer le terme de Katioucha ? D'abord parce que nombre des adversaires arabes d'Israël (Egypte, Syrie, Libye, Irak), ont été, de longue date, équipés d'armement soviétique. Ensuite parce que l'industrie d'armement russe continue à être très dynamique et à fournir des matériels à des adversaires potentiels des Etats-Unis : Chine, ou, plus récemment, Venezuela. Or, sur une opinion française formatée durant des années à la propagande anticommuniste et antisoviétique, l'énoncé de termes militaires russes (mig, kalachnikov, T-72, Sam-7) est propre à susciter la crainte, l'hostilité, la méfiance. Or, aujourd'hui, pour diverses raisons - guerre de Tchétchénie, emploi stratégique des ressources en gaz et pétrole, opposition aux Etats-Unis en divers points du monde - les Russes sont de nouveau présentés par les médias comme des gens dangereux et peu recommandables. A certains égards, l'emploi de noms russes (comme, dans d'autres contextes, l'emploi de noms allemands ou arabes) suscite, chez les Français, des réactions de peur et d'hostilité.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;8. Cette référence à la Russie est du même ordre que cette comparaison des journaux de droite français qui, durant des années, a suscité mon étonnement : &quot;La fiche de paye du Ministère de l'Education nationale est la plus longue du monde après celle de l'Armée rouge&quot;. Pourquoi cette comparaison ? Pourquoi ne pas avoir comparé l'Education nationale aux autres ministères français (dont l'armée, mais française) ou aux grandes entreprises privées, ou aux établissements d'enseignement privés ? Pourquoi ne pas avoir comparé l'Education nationale française à ses homologues (publiques et privées) des pays étrangers ? Parce que le raisonnement inavoué qui se cachait derrière cette comparaison apparemment boiteuse était celui-ci : &quot;Pendant que des millions d'hommes sont massés derrière le Rideau de fer, n'attendant qu'un signe pour nous envahir et nous imposer un régime soviétique, d'autres millions (les enseignants) payés par nos impôts mais noyautés par les syndicats communistes, formatent l'esprit de nos enfants en leur inculquant la haine de l'entreprise privée et de l'Amérique. Le résultat sera que, lorsque les Russes attaqueront (car il ne faisait aucun doute que l'agression viendrait de l'Est), nos enfants, démoralisés par la propagande communiste, tireront dans le dos de nos alliés&amp;nbsp;et mettront crosse en l'air&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, compléments et critiques.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Bien à vous&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Philippe Arnaud&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>16 juillet 2006</title>
<link>http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/07/16/16-juillet-2006.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>TV + Radio + Presse</category>
<pubDate>Sun, 16 Jul 2006 17:25:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Chers tous,&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Les remarques ci-après portent sur le parallélisme des formes, thème que j'ai, ici et là, déjà évoqué. L'idée que j'esquisse est que ce parallélisme des formes est une structure dans laquelle la pensée se moule et se moule si inconsciemment qu'on finit par la croire naturelle. C'est ce qui explique, en partie, les commentaires des journalistes des médias de grande diffusion et éclaire le sens de certaines de leurs questions. Je vous soumets donc ci-après les points où j'ai cru&amp;nbsp;en déceler la trace&amp;nbsp;:&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;1. Actuellement, depuis 4 ou 5 jours, l'armée israélienne est engagée dans des opérations de grande ampleur au Liban. A la suite de l'enlèvement de deux de ses soldats (et du bombardement de quelques localités israéliennes par le Hezbollah), le gouvernement israélien est intervenu au Liban.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Certes, une partie des opérations est très ciblée (au sud du Liban ou dans les quartiers chiites de Beyrouth), mais, dans l'ensemble, c'est le Liban tout entier qui est visé (et pas seulement le Liban favorable au Hezbollah). Les ponts sont coupés, les routes défoncées par des cratères de bombes, les stations-services, radars et phares côtiers, aéroports, installations de pompage de l'eau détruits. En outre - et c'est là le plus grave - la population civile libanaise est durement touchée puisque près de 200&amp;nbsp;Libanais ont péri.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Le but déclaré (qui n'est pas le but réel) du gouvernement israélien est de contraindre le gouvernement libanais &quot;à prendre ses responsabilités&quot;, c'est-à-dire à employer la force pour réduire à néant l'importance militaire et politique du Hezbollah.&amp;nbsp;[Notons d'ailleurs que ces vues sont partagées par &quot;la communauté internationale&quot; - euphémisme journalistique désignant la triade Etats-Unis - Angleterre - France - qui, en vertu de la résolution 1559 de l'ONU, exige le désarmement &quot;des&quot; milices du Sud-Liban (on appréciera le jésuitisme du pluriel), c'est-à-dire, en fait, la&amp;nbsp;disparition des forces hostiles aux intérêts occidentaux].&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;-&amp;nbsp;Par ailleurs, et dans un tout autre domaine (et c'est là que réside le parallèle que je souhaite exposer), lorsque, en France, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis,&amp;nbsp;se développe une délinquance des mineurs (soit individuelle&amp;nbsp;- vols, agressions&amp;nbsp;- soit collective&amp;nbsp;- émeutes), la tendance de ces gouvernements est à &quot;responsabiliser&quot; (c'est-à-dire à punir) les parents, par des amendes, des peines de prison, le retrait de la garde des enfants, la suspension des aides sociales, des allocations familiales, des diverses prestations, etc.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Où est le parallélisme ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;-&amp;nbsp;Il&amp;nbsp;est d'abord dans l'identité des auteurs des &quot;perturbations&quot; :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;- Pour ce qui concerne les troubles à l'ordre civil, en France, ce sont souvent des jeunes présentés comme issus des anciennes colonies (Afrique du Nord et Afrique noire), en Angleterre, des originaires de l'ancien empire des Indes ou des pays de l'empire ottoman placés sous mandat britannique après 1918 (Egypte, Irak) ou des pays d'Afrique anglophone. Aux Etats-Unis, ce sont les immigrants latinos ou les Afro-Américains. Ce sont, en bref,&amp;nbsp;des populations pauvres, turbulentes, qui, lorsque, de surcroît, elles sont musulmanes, sont stigmatisées comme islamiques, fanatiques, intolérantes, inassimilées et inassimilables.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;- Pour ce qui est d'Israël et du Liban, ce sont des populations déracinées, issues des populations sédentaires d'avant 1948, pauvres (vivant dans des camps) et systématiquement présentées comme manipulées par des islamiques fanatiques : par le Hezbollah, par les brigades des martyrs d'Al-Aqsa, par Al-Qaïda, etc. Une population non sédentaire (même si elle vit dans le même camp depuis des décennies) éveille inéluctablement la crainte du sédentaire envers le nomade, crainte invétérée, quasi-immémoriale, remontant aux &quot;migrations de peuples&quot;* de la fin de l'empire romain, et présente encore dans la défiance envers les gens du voyage. Dans tous les cas, pour les auditeurs ou téléspectateurs des médias français, il y a similitude de représentation.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;-&amp;nbsp;Il est ensuite dans l'impuissance des responsables désignés :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;- Pour les troubles à l'ordre civil, ce sont les parents. Mais les parents sont souvent pauvres, ne maîtrisent&amp;nbsp;ni la langue ni les usages du pays d'accueil, ou bien, en raison de la nature de leur travail,&amp;nbsp;doivent laisser leurs enfants de longues journées&amp;nbsp;livrés à eux-mêmes. Ou&amp;nbsp;bien il s'agit de&amp;nbsp;mères célibataires (stigmatisées en tant que telles, le mot de filles-mères étant encore d'usage dans le vocabulaire d'extrême droite... ainsi que les représentations y afférentes) également peu qualifiées. Globalement, pour de multiples raisons,&amp;nbsp;la plupart du temps indépendantes de leurs souhaits, ces parents ont perdu leur autorité&amp;nbsp;sur leurs enfants. Devant les dérives de ces derniers, ils sont impuissants (quand&amp;nbsp;on le leur reproche - souvent à l'adolescence -&amp;nbsp;il est trop tard).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;- Pour ce qui est du Liban, il s'agit d'un pays petit, déchiré à la fois entre chrétiens et musulmans et à l'intérieur de chacune de ces confessions. Un pays&amp;nbsp;où des puissances comme la France, les Etats-Unis, Israël, en appuyant un camp contre un autre, ont renforcé&amp;nbsp;les divisions.&amp;nbsp;Y compris&amp;nbsp;en étant inconséquents (c'est-à-dire en tolérant d'abord l'ordre syrien, parce que c'était la solution la plus commode, puis en détruisant cet ordre lorsqu'il contredisait les intérêts occidentaux, rebaptisés pour la circonstance &quot;démocratie&quot; ou &quot;Etat de droit&quot;). Dans les deux cas, l'impuissance de l'autorité (parentale en France ou dans les autres pays, gouvernementale au Liban) est imputable à l'indifférence ou à la politique délibérée&amp;nbsp;des gouvernements occidentaux. Il y a là similitude de structures.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;- Ce parallélisme, enfin, est dans l'attitude.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Dans les deux cas, outre les acteurs directs (jeunes en rupture en France, Hezbollah au Liban) qui sont touchés par des actions spécifiques (arrestation et prison dans un cas, bombardements et actions commandos dans l'autre), sont visés des tiers qui, dans les deux cas, sont impuissants à rétablir leur autorité : des parents ayant perdu leur autorité depuis que leurs enfants sont&amp;nbsp;à l'école primaire ou, au Liban, un gouvernement qui a perdu l'autorité sur une partie de sa population (les chiites) Or, ces chiites, nombreux, bien implantés, bien armés, bien structurés, jouissent du prestige d'avoir chassé Israël du sud du pays. Ils sont soutenus par la Syrie et par l'Iran. Le gouvernement libanais, qui comprend des membres de cette communauté en son sein,&amp;nbsp;ne peut rien contre eux. Dans les deux cas, on frappe des gens qu'on présente comme &quot;responsables&quot; mais qui sont déjà impuissants ! Il y a parallélisme d'attitude.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Il est à noter que la fraction de l'opinion occidentale la plus à droite tend à identifier ce qui se passe dans les quartiers pauvres de ses villes et ce qui se déroule au Proche-Orient : pour elle, dans les deux cas, il s'agit d'une déstabilisation voulue, organisée, planifiée (la droite, depuis la Révolution française,&amp;nbsp;aime à s'imaginer environnée de complots) pour subvertir l'Occident, soit sur son sol, soit dans les zones stratégiques pour lui (Israël, pays pétroliers). Pour cette fraction de l'opinion, des attentats à Tel Aviv, des roquettes sur Haïfa, des camions piégés à Bagdad&amp;nbsp;ou des voitures qui brûlent à Clichy, c'est tout un...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Dans l'un comme dans l'autre cas, ce qui est curieux, c'est que l'intention déclarée de l'action (sanctionner des parents pour qu'ils tiennent leurs enfants, frapper un pays pour forcer&amp;nbsp;son gouvernement&amp;nbsp;à rétablir son autorité dans des zones contestées) va à l'encontre des résultats prévisibles. On frappe et on punit des gens qui, non seulement&amp;nbsp;sont impuissants mais qui, de surcroît, sont eux-mêmes déjà victimes&amp;nbsp;! Comme si le malheur était un vice, et un vice&amp;nbsp;punissable... De surcroît, la nature même de la sanction affaiblit ceux dont on prétend affermir l'autorité ! Des parents privés d'allocations familiales élèveront encore moins bien leurs enfants. Un pays dont on coupe les routes et les ponts,&amp;nbsp;dont on&amp;nbsp;incendie les stations services,&amp;nbsp;ne peut plus faire intervenir ses troupes&amp;nbsp;dans une partie du pays où on lui reproche déjà de ne pas être, alors que&amp;nbsp;le but avoué de l'attaque est précisément de susciter cette intervention !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;2. Le deuxième point de parallélisme est lié à un aspect des opérations militaires. Hier, une caméra, au Liban, avait &quot;accroché&quot; un avion israélien en train de lâcher sa bombe. On voyait le départ de la bombe (marqué par un éclair), puis la caméra se déplaçait sur la cible (un pont) et filmait l'explosion. Où est l'observation ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;- Pour formuler cette observation, il faut se remémorer l'histoire du bombardement militaire. Il y a deux cas où celui-ci a été à la fois massif, étalé sur une longue période et concentré sur les mêmes cibles : durant la Seconde guerre mondiale (de 1943 à 1945) sur l'Allemagne et le Japon, d'une part, et durant la guerre du Vietnam, de 1965 à 1975. Dans les deux cas, si les pays visés&amp;nbsp;furent différents, l'acteur du bombardement fut le même : les Etats-Unis.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Certes, des guerres d'Abyssinie (1935) et d'Espagne (1936-39) jusqu'aux guerres indo-pakistanaises ou à la guerre des Malouines, bien d'autres pays ont usé du bombardement aérien. Mais ces bombardements n'eurent ni la même durée, ni la même ampleur que les bombardements américains. Ils ne mirent pas en oeuvre autant d'appareils... ni n'aboutirent pas à autant de pertes parmi les assaillants.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Quels furent les caractères de ces bombardements ? Ils furent effectués par vagues, avec des appareils spécialisés (les bombardiers), éclairés, protégés, guidés par des appareils plus légers et plus rapides (les chasseurs). Ces appareils, par leur allure, par leur technologie (toujours à la pointe du progrès de l'époque), par les qualités intellectuelles et morales requises pour les utiliser, conféraient du prestige&amp;nbsp;auxdits utilisateurs. Par ailleurs, lors des plus grands raids (au-dessus de la Ruhr et des grandes villes dans le cas de l'Allemagne, au-dessus de Hanoï, de Haïphong, de Thanh Hoa&amp;nbsp;dans le cas du Vietnam), leur utilisation par vagues régulières et en grandes quantités fournissait des cibles idéales à la D.C.A... qui ne s'en privait pas. Les pertes américaines, dans les deux conflits, furent donc énormes (plus de 8500 au Vietnam).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Ces observations n'appellent-elles pas un rapprochement ? Un auxiliaire du guerrier, lui permettant de se déplacer avec rapidité, d'observer au loin, de frapper avec un effet de masse. Un auxiliaire du guerrier conférant du prestige à celui qui l'emploie, un auxiliaire du guerrier requérant un équipement et un harnachement spéciaux, n'est-ce pas la définition du cheval ? Plus que dans l'arme blindée, où l'on retrouve le vocabulaire de la cavalerie (hussards, dragons, cuirassiers) et la gradation correspondante des&amp;nbsp;chars (du plus léger au plus lourd), la véritable héritière de la cavalerie semble à rechercher non sur terre mais dans les airs. Le parallélisme y est également marquant :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;- Rôle de reconnaissance,&amp;nbsp;dévolu dans un cas aux vedettes,&amp;nbsp;aux éclaireurs, aux cavaliers irréguliers et, dans l'autre cas,&amp;nbsp;aux avions type U2, AWACS, SR-71, drones Predator, etc.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;- Rôle de protection ou de harcèlement, réservé à la cavalerie qui protège les ailes de l'infanterie, à la cavalerie légère des hussards, etc. pour la cavalerie, aux chasseurs P-38 Lightning, Thunderbolt, Sabre, Startfighter, et autres Tomcat,&amp;nbsp;Hornet, Raptor et... Lightning (nom désormais officiel du F-35),&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;- Rôle de masse de choc, confié aux cuirassiers, aux dragons, aux lanciers pour la cavalerie, aux bombardiers B-17, B-29, B-47, B-52, B-1 et B-2&amp;nbsp;pour l'aviation,&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;- Caractère de prestige attaché à l'uniforme : casques à crinière des dragons, cuirasses, épaulettes, chapskas des lanciers, bonnets de fourrure à aigrette, pelisses, dolmans à brandebourgs, pantalons multicolores, selles et harnachements des chevaux pour les cavaliers, combinaisons pressurisées des pilotes avec casques intégraux et visières de plexiglas fumé.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Deux autres caractères, l'un étant d'ailleurs la conséquence de l'autre, complètent ce parallèle.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;- Un des paradoxes de la cavalerie était que, pouvant se déplacer vite et loin (beaucoup plus vite et plus loin, en tout cas, que l'infanterie), elle utilisait des armes qui ne s'employaient que de très près&amp;nbsp;! L'étrangeté, d'ailleurs,&amp;nbsp;est qu'il n'en fut pas toujours ainsi. Les cavaliers de la steppe attaquaient en tirant à l'arc. Au début de l'ère des armes à feu, au XVIe siècle - et durant la guerre de Trente ans - les cavaliers ne chargeaient pas au galop et sabre au clair, mais au trot et pistolet au poing. Les cavaliers s'avançaient jusqu'à quelques mètres de la ligne ennemie (la portée et la précision étaient limitées !), déchargeaient leur pistolet sur elle et partaient se reformer (et recharger le pistolet) derrière leur dispositif le temps qu'une autre ligne effectue la même opération.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Les grandes charges (popularisées par le cinéma) n'ont pas eu lieu avant le XVIIIe siècle, et surtout, pas avant les guerres de la Révolution et de l'Empire (1791-1815) qui marquent l'apogée de l'utilisation de cette arme... avec armes blanches (sabres, lattes ou lances). On y agrège les guerres de type colonial (Far West, Omdurman). L'image qui est restée des combats de cavalerie est celle des charges de Murat ou de Ney (ou de leurs homologues et adversaires prussiens, autrichiens, russes et anglais). Les cavaliers étaient si près les uns des autres qu'ils pouvaient s'arracher des mains les bannières, drapeaux ou enseignes, occupation certes périlleuse mais hautement gratifiante et récompensée de façon idoine. [Et dont il reste peut-être quelque chose dans les manèges&amp;nbsp;forains lorsque les enfants gagnent un tour gratuit en attrapant la queue du Mickey].&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;- Ce paradoxe s'est retrouvé durant la Seconde guerre mondiale et durant la guerre du Vietnam. En effet, si les avions parcouraient plusieurs centaines de kilomètres pour arriver à destination, ils délivraient pour ainsi dire leur chargement à bout portant (de 1000 à 5000 mètres) puisque les bombes tombaient verticalement. En somme, la sophistication de l'engin de transport de l'arme était&amp;nbsp;largement amoindrie par le caractère rudimentaire de cette arme. [Comme une Rolls-Royce qu'on emploierait à transporter des betteraves].&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;L'apogée de l'usage de la cavalerie par grandes masses (1791-1815) ne dura pas longtemps. 55 ans plus tard, durant la guerre de 1870, la précision et la rapidité de tir des armes à feu firent des ravages dans les charges de cavalerie. Si les Français ont encore en tête les chevauchées de la mort de la brigade Michel ou de la division Bonnemains à Froeschwiller, de la division Margueritte à Sedan, les Allemands conservent des souvenirs cuisants des charges de la brigade Bredow à Mars-la-Tour (16 août 1870). Dans un cas les canons Krupp et les fusils Dreyse des Allemands, dans l'autre les mitrailleuses et les fusils Chassepots des Français transformèrent ces charges en suicides collectifs.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;On constate, lorsqu'une invention voit le jour, qu'elle conserve des traces des instruments qui l'ont précédée. Les premières voitures portaient (et portent encore) des noms de véhicules attelés : berline, coupé, cabriolet. Elles en avaient les marchepieds, les sièges rehaussés, les phares disposés au même endroit. Les premiers navires à vapeur, bien que blindés, avaient encore des mâts et des canons disposés latéralement dans des sabords (et non sur des tourelles pivotantes placées sur le pont). A la bataille de Lissa, en 1866, où les navires italiens l'emportaient par la modernité de la conception, ce furent pourtant les Autrichiens qui vainquirent, les navires de l'amiral Tegetthoff ayant attaqué les navires italiens... à l'éperon ! En 1866, à l'époque des premiers moteurs, la tactique navale employée était encore celle de Lépante, voire... celle d'Actium&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Il est donc possible qu'en raison de&amp;nbsp;leur formation dans les académies militaires,&amp;nbsp;en raison aussi d'images liées&amp;nbsp;à leur histoire nationale (les raids de cavalerie de la guerre de Sécession, les charges des &quot;tuniques bleues&quot; contre les &quot;Peaux-Rouges&quot;) les premiers généraux d'aviation américains aient conçu l'usage de cette nouvelle arme sur le modèle de celui de la cavalerie.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Mais compte tenu de la densité des vagues d'assaut (durant la Seconde guerre mondiale) de leur régularité (durant la guerre du Vietnam), de la difficulté des bombardiers à manoeuvrer, de la portée des canons anti-aériens, même des servants de D.C.A. aveugles auraient fait mouche. Les passages des bombardiers au-dessus de la Ruhr ou au-dessus du Vietnam eurent le même effet sur les assaillants que les charges Michel, Bonnemains, Margueritte ou Bredow mentionnées plus haut. Au total, durant la guerre du Vietnam, les Américains perdirent 8588 aéronefs.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Depuis la première guerre du Golfe (1991), les choses ont radicalement changé. Au cours de cette guerre, la coalition eut une cinquantaine d'avions abattus. Ce chiffre, certes notable (eu égard au prix de l'avion et&amp;nbsp;à la perte de prestige consécutive&amp;nbsp;à l'exhibition&amp;nbsp;à la télévision irakienne de pilotes capturés et amochés) est à&amp;nbsp;comparer aux&amp;nbsp;dizaines de milliers de sorties effectuées durant les six semaines de bombardement de janvier à mars 1991. Et encore est-il beaucoup plus&amp;nbsp;élevé que celui des guerres qui suivirent : Bosnie, Kosovo, Afghanistan et Golfe II, où les pertes oscillèrent de 5&amp;nbsp;à 10.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Cette diminution des pertes est imputable à un perfectionnement des instruments de détection (radars), de contre-mesure, au brouillage ou à la destruction des radars adverses, au profilage des avions, à leur revêtement en matériaux indétectables, et, surtout, à l'usage de munitions guidées, tirées à des centaines de kilomètres de leur cible. En conséquence, les tirs étant bien plus précis, les avions n'ont pas à être aussi nombreux ni à s'approcher autant de leur cible. Ainsi (contre des adversaires, il est vrai, considérablement moins bien équipés) les ripostes deviennent-elles impuissantes et la guerre prend-elle un caractère dissymétrique. Du coup, l'avion ayant retrouvé sa prééminence, son emploi lui confère un autre rôle, symbolique celui-ci, mais qui&amp;nbsp;fournit l'occasion de dresser un dernier parallèle entre la cavalerie et l'aviation&amp;nbsp;: leur caractère de marqueur social.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;De tout temps, en effet, ne serait-ce qu'en raison du capital nécessaire pour acquérir et entretenir un cheval, celui-ci&amp;nbsp;fut réservé à la classe possédante. La domination sociale est concrétisée par la possession de ce supplément. Elle est aussi concrétisée, physiquement, par la position en hauteur du cavalier. La dispersion des manifestations, actuellement encore, dans les grandes villes occidentales, a toujours lieu par des polices montées ou des unités hippomobiles ad hoc. Tout le Moyen âge (qui a été inauguré, au Ve siècle, par le triomphe des peuples cavaliers sur l'armée d'infanterie qu'était la légion romaine), jusqu'à la guerre de Cent ans,&amp;nbsp;fut une période d'armées peu nombreuses, réservées aux professionnels de la guerre, nobles et, pour l'essentiel, cavaliers. Aussi, vers la fin de cette période, un certain nombre de batailles revêtirent-elles un caractère social, comme à Courtrai, en 1302, où, contrairement aux usages,&amp;nbsp;les milices à pied des Flamands eurent le front d'écraser la chevalerie française (qui prit sa revanche, peu après, à Mons-en-Pévèle et,&amp;nbsp;bien plus tard,&amp;nbsp;à Roosebecque).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;A cet égard, la défaite du Vietnam revêtit, pour les Américains, un caractère social mortifiant, en ce qu'elle fut perdue à la fois &quot;en dépit&quot; du quasi-monopole de l'aviation et, aussi, &quot;en raison des pertes&quot; infligées à cette même aviation (cf. les chiffres ci-dessus). Et, il n'est pas indifférent qu'un grand nombre de guerres remportées par les Israéliens aient aussi été des guerres aériennes : celle de 1967, où les aviations arabes furent balayées en 4 heures, celle de 1973, où l'aviation brisa l'offensive égyptienne sur la canal de Suez et l'offensive syrienne sur le plateau du Golan, celle de 1982, enfin, où, en l'espace de quelques jours, les Israéliens abattirent 80 Migs syriens sans perdre un seul appareil. On notera aussi les spectaculaires opérations du raid sur la centrale nucléaire irakienne de Tabriz, du raid sur le siège de l'OLP à Tunis et de l'opération commando sur Entebbe.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Inconsciemment, l'opinion occidentale (et celle des journalistes en particulier) tend donc à s'identifier à la cause israélienne, à la fois par l'identité de culture et de civilisation, mais aussi, socialement, par l'emploi d'armes chères et sophistiquées. Tout conflit entre les Israéliens et les Arabes n'est donc pas perçu comme un conflit symétrique mettant aux prises des adversaires égaux, mais plutôt comme une opération de police, de maintien de l'ordre, de rétablissement de la sécurité à l'égard de groupes, socialement inférieurs et&amp;nbsp;réputés rebelles (à l'ordre, aux valeurs, aux intérêts des groupes - ou des pays - dominants).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Au fond du cerveau des Occidentaux (et des journalistes) la capture des soldats israéliens par le Hezbollah tend donc à se superposer aux rapts d'enfants effectués par des maniaques ou des pédophiles. Il y a toujours, dans les actes des Arabes (et, plus largement, des musulmans), une idée de délinquance, d'anti-social, d'illégitimité. L'usage d'avions, bien visibles, bien identifiables (par leurs cocardes) est le pendant de l'intervention visible d'une police en uniforme : les uns comme les autres ont le droit pour eux. D'où, ce matin (lundi 17 juillet), les questions accusatrices des journalistes de France Inter à une journaliste libanaise proche du Hezbollah. Les journalistes, en employant ce ton, avouaient naïvement leur idéologie : en tant que les enlèvements leur paraissaient contraire au droit et aux usages, ils faisaient comme si, pour eux, au Proche-Orient, les Israéliens représentaient tout naturellement le droit, la justice et la police et les Arabes (ou les musulmans) le hors la loi, le délinquant et le déviant.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, compléments et critiques.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Bien à vous&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Philippe Arnaud, AMD 37&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;* Terme traduisant l'allemand Völkerwanderungen, mot qui, moins connoté idéologiquement (et, d'ailleurs, plus conforme à la réalité),&amp;nbsp;m'a paru préférable à celui de Grandes Invasions, de tradition&amp;nbsp;en français.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<guid isPermaLink="true">http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/01/23/23-janvier-20061.html</guid>
<title>23 janvier 2006</title>
<link>http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/01/23/23-janvier-20061.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>TV + Radio + Presse</category>
<pubDate>Tue, 24 Jan 2006 12:45:00 +0100</pubDate>
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Chers tous,&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La présente surveillance est divisée en deux parties. La première concerne les conditions météorologiques rigoureuses de la Russie et de l'Europe centrale et orientale, la seconde la prestation de serment d'Evo Morales.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Je dois la première partie à une réflexion à la fois pertinente - et indignée - de ma femme, à qui je sais gré d'une observation qui, sans elle, m'aurait certainement échappé.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Au journal télévisé de France 3 de 19 h 30, d'Audrey Pulvar (mais n'importe quel autre journal télévisé aurait fourni le même matériau), on rapportait les conditions de froid très rigoureuses qui règnent actuellement en Russie, en Ukraine, en Pologne et, de façon générale, en Europe centrale et orientale. Et l'on ajoutait que, dans ces pays, des gens &quot;étaient morts de froid&quot;. C'est cette dernière expression qui a suscité l'indignation de ma femme : &quot;Mais non ! Ils ne sont pas morts de froid !&quot;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Un petit détour de logique est nécessaire. Un scientifique a l'habitude, tous les soirs, de se servir un whisky-coca. Comme il ne ménage pas les doses, il finit par être malade. En bon scientifique, il décide de procéder méthodiquement pour savoir ce qui, dans son breuvage, le rend malade. Pendant 15 jours, il prend du rhum-coca. Pas d'amélioration. Il s'administre alors deux semaines de gin-coca. Toujours pas d'amélioration. Il termine enfin l'expérience par deux semaines de vodka-coca. Même résultat. Et notre scientifique de conclure : le point commun de mes apéritifs, durant ces deux mois, a été le coca. C'est donc lui qui me rend malade !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La démarche intellectuelle, on le voit, est fondée sur la variation d'un élément. C'est l'élément constant qui, par élimination des autres, représente la cause du phénomène. Faisons à notre tour l'expérience avec ce cas. Transportons-nous en été par un temps de canicule. Au bout de quelques jours, les services municipaux recueillent plusieurs clochards moribonds, qui ont succombé à une hyperthermie. Conclusion des journaux : des SDF sont morts de chaleur. Passons maintenant quelques jours, où cette chaleur a fini par provoquer un orage particulièrement violent. Le lendemain, on trouve, flottant sur les eaux, les corps de plusieurs marginaux qui, pour échapper à la chaleur, s'étaient réfugiés dans d'anciennes canalisations. Titres des journaux : des marginaux noyés par la tempête. Conclusion générale : les conditions météorologiques extrêmes sont fatales aux sans-logis. Où est l'erreur ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Reprenons (rassurons-nous, sur un seul exemple) le raisonnement. De quoi les SDF sont-ils morts ? De froid. Oui, mais le froid est le même pour tout le monde. Certes ! Alors, toi, tu n'es pas mort ? Non, je ne suis pas mort ! Et pourquoi ? Parce que, chez moi, je suis bien chauffé, tiens ! Donc, si le SDF est mort, c'est qu'il n'était pas chauffé, lui ? Evidemment ! Oui, mais est-il normal qu'un être humain dorme dehors par un temps pareil ? Euh...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Le choix des mots, même inconsciemment - surtout inconsciemment - n'est pas innocent. Lorsque l'on dit que des marginaux sont morts de froid, c'est que l'on considère que, dix mois par an (plaçons-nous dans un tiède climat océanique), il est normal que des êtres humains ne vivent même pas comme des animaux (qui, eux, ont au moins un nid, une tanière, un terrier, une écurie, une étable, une bergerie, une soue...). Quand il fait très froid, le paysan rentre ses bêtes. Quand il fait très froid, la société laisse ses semblables dehors...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Le cas est un peu semblable lorsque, par suite de conditions météorologiques particulières, on entend cette phrase étrange : &quot;La pluie - ou le brouillard, ou le verglas - responsable [c'est moi qui souligne] des accidents de la circulation&quot;. Il est curieux qu'un élément naturel (un météore, comme aurait dit M. Jourdain) soit ainsi anthropomorphisé. Mais, au fond, si cet élément prend magiquement un statut humain, c'est qu'il se substitue à quelqu'un d'autre, en l'occurrence au conducteur. Si le brouillard est &quot;responsable&quot;, le conducteur ne l'est plus. Il peut donc, même par forte pluie, conduire à 130 km/h à 10 mètres de la voiture précédente. Parce que les affaires n'attendent pas. Parce que le temps, &quot;c'est&quot; de l'argent... On peut dire que, comme dans le cas précédent, les mots tuent. Tant que des humains mourront &quot;de froid&quot;, on ne fera rien pour les loger. Tant que le brouillard sera &quot;responsable&quot; des accidents, on continuera à accorder créance aux &quot;fondus&quot; du volant, aux Beltoise et autres &quot;Auto-Plus&quot;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Deuxième sujet : trente minutes après le journal de France 3 débute celui de France 2, avec David Pujadas. On revient sur la prestation de serment d'Evo Morales en Bolivie. Plusieurs remarques :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- David Pujadas annonce : &quot;C'est le poing levé qu'Evo Morales a prêté serment&quot;. Mais, en prononçant ces mots, David Pujadas, très légèrement - mais très distinctement - écarquille les yeux. Ce jeu de physionomie est comme l'équivalent d'un clin d'oeil adressé au spectateur. Cet écarquillement signifie : ma phrase, il faut l'entendre comme si je disais : &quot;C'est la braguette ouverte qu'Evo Morales a prêté serment&quot;. Le ton n'était pas à l'effroi : l'U.R.S.S. est défunte et n'ira pas prêter main-forte à ces apprentis révolutionnaires. Non, le ton était à la moquerie, à la dérision : décidément, ce Morales est plouc, et doublement plouc. Non seulement c'est un Indien mal dégrossi, mais il croit encore au socialisme...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- Après la retransmission du serment (Evo Morales le poing levé, très ému, ceint de l'écharpe aux couleurs nationales), le journaliste signale que le nouveau président prononce une allocution. Et là, j'ai distinctement entendu Evo Morales prononcer &quot;Che Guevara&quot;. Curieusement, rien n'a été dit de cette partie du discours, qui aurait probablement été très instructive (Ernesto Che Guevara, en effet, ayant été assassiné en Bolivie par des soldats encadrés par la CIA).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- Enfin, après une déclaration du président à un micro, après la réception d'une ministre française, la parole est de nouveau laissée à Bertrand Coq, l'envoyé spécial de la chaîne. Et là, reprenant les propos d'Evo Morales, qui durant son discours, a dit : &quot;Après 500 ans de domination, les Indiens vont dominer 500 ans&quot;, Bertrand Coq se fait sévère, moralisateur, menaçant : &quot;La Bolivie a besoin de capitaux pour exploiter son gaz... Evo Morales devra donc composer avec la réalité au risque de voir ses troupes se retourner contre lui&quot;. Tout, dans cette déclaration, est ignoble et scandaleux :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- Composer avec la réalité. C'est toujours la &quot;réalité&quot;, le &quot;réalisme&quot;, le &quot;pragmatisme&quot; qui sont évoqués par ceux pour qui, précisément, la &quot;réalité&quot; est douce. Ces paroles rappellent les propos d'Ernest-Antoine Seillière évoquant l'altermondialisme. &quot;C'est un mouvement  sympathique (quel dédain dans ce &quot;sympathique&quot; !), mais il n'y a pas d'autre monde, il n'y en a qu'un seul, celui dans lequel nous vivons&quot;. [Comme le monde dans lequel vivait la cour de Louis XVI en 1788...]&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- Ses troupes. Le mot &quot;troupes&quot; est lourd de menaces. Pourquoi pas dire ses électeurs ? Pourquoi pas ses sympathisants ? Pourquoi pas ses partisans ? Et puis, des &quot;troupes&quot; sont moins nombreuses qu'un peuple, qu'un corps électoral. Elles ne sont qu'une partie du peuple, pas &quot;tout&quot; le peuple. En disant &quot;troupes&quot; on minimise leur nombre, on leur confère un aspect partisan. Et puis, des &quot;troupes&quot;, ce sont des individus qui combattent, donc qui, potentiellement, combattent les autres, les agressent, les tuent. S'il y a des &quot;troupes&quot;, on peut envoyer - on est fondé à envoyer - d'autres &quot;troupes&quot; contre elles, pour les combattre à leur tour.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- Si Evo Morales compose avec la &quot;réalité&quot; (nom de code pour désigner les intérêts des privilégiés), c'est, en théorie, pour obtenir de quoi réaliser son programme électoral. Or, celui-ci consiste précisément à ne pas composer avec la &quot;réalité&quot;, autrement dit, pour sortir la majorité des Boliviens de la misère, à faire de la peine aux riches du pays, aux multinationales gazières, aux Etats-Unis, aux banques occidentales, aux IFI (Institutions Financières Internationales, type F.M.I. ou Banque mondiale). La formulation de Bertrand Coq sous-entend explicitement qu'Evo Morales ne pourra pas [je souligne] emprunter cette voie-ci. Donc qu'il échouera. Donc qu'il ne pourra satisfaire ses électeurs. Donc que ceux-ci se détourneront de lui (ce n'est pas le mot exact, mais j'y reviendrai). Mais, d'un autre côté, comme les impératifs de la &quot;réalité&quot; sont strictement contraires et contradictoires avec ceux du peuple bolivien, si Evo Morales &quot;compose&quot; avec eux, s'il emprunte cette voie-là, cela signifiera que ladite &quot;réalité&quot; ne lui accordera strictement rien (ou des aumônes). Autrement dit, qu'il aura également échoué. Le système décrit par Bertrand Coq, c'est : &quot;Face je gagne et pile tu perds&quot;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- Ses troupes se &quot;retourneront&quot; contre lui. Pourquoi Bertrand Coq n'a-t-il pas évoqué d'autres hypothèses ? Pourquoi n'a-t-il pas dit : &quot;ses troupes se détacheront de lui&quot;, ou &quot;ses troupes se détourneront de lui&quot;, ou &quot;ses troupes chercheront un autre leader&quot; ou, au contraire, &quot;ses troupes l'épauleront dans l'épreuve&quot;, ou &quot;ses troupes le pousseront&quot;, ou &quot;ses troupes revendiqueront encore plus fort&quot; ? L'expression &quot;se retourner contre&quot; est révélatrice. Elle introduit subrepticement l'idée de trahison (à la fois de Morales par rapport à ses promesses et de ses partisans par rapport à leur fidélité) et d'incapacité (au fond, cet homme est un hâbleur mais il n'a aucune qualité d'homme d'Etat). L'idée qui se discerne en filigrane est celle du souhait d'un échec. Mais comme les temps ont changé et qu'on ne fomente plus des putschs (comme sous Salvador Allende), comme on doute des possibilités d'une contre-guérilla (comme contre les Sandinistes), comme le malheur des temps (ah, cette guerre d'Irak qui se traîne !) empêche d'intervenir soi-même (comme à La Grenade ou à Saint-Domingue), seule la &quot;réalité&quot; pourra amener ces gueux à résipiscence. Alors, non seulement l'expérience &quot;socialiste&quot; aura échoué - ouf ! - mais elle aura échoué sans &quot;qu'on&quot; se salisse les mains - ouf deux fois ! - et le trublion se sera ridiculisé lui-même - ouf trois fois et fermez le ban !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Je vous saurais gré de vos remarques, rectifications, précisions et critiques.&lt;br /&gt;Bien à vous&lt;br /&gt;Philippe Arnaud&lt;br /&gt;AMD 37
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