<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?>
<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom">
<channel>
<atom:link href="http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/tv_radio/index.rss" rel="self" type="application/rss+xml" />
<title>Surveillance Des Médias - tv_radio</title>
<description>Votre espace critique des médias français</description>
<link>http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/tv_radio/</link>
<lastBuildDate>Fri, 16 Nov 2007 12:00:49 +0100</lastBuildDate>
<generator>blogSpirit.com</generator>
<copyright>All Rights Reserved</copyright>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2007/01/10/10-janvier-2007.html</guid>
<title>10 janvier 2007</title>
<link>http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2007/01/10/10-janvier-2007.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>TV + Radio</category>
<pubDate>Wed, 10 Jan 2007 10:05:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Chers tous,&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Je souhaite vous entretenir de deux sujets des médias de ce jour, l'un long, l'autre court. Enfin, longs et courts dans ma présentation, pas sur le fond des choses.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Premier sujet (le long).&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Ce matin, sur France Inter, l'invitée du &quot;Sept-neuf trente&quot;, qui avait lieu de 8 h 20 à 9 h (moins une interruption de 8 minutes à 8 h 30 pour la revue de presse) était Danièle Karniewicz, présidente de la CNAV et secrétaire nationale de la CFE-CGC. Le sujet était : &quot;Situation critique des retraites&quot;.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Remarque n° 1. Cette émission avait tout l'air de s'insérer dans une série d'autres émission sur le même thème (par exemple sur France 3 à 19 h 30), qui se ramènent pour la plupart à la même conclusion, déclinée sous toutes les formes : il faut partir plus tard à la retraite. On dit soit : &quot;il faut allonger la durée de cotisation&quot;, soit &quot;tous les pays européens partent plus tard&quot;, soit &quot;la France est une exception&quot;, soit &quot;il n'y a pas d'autres solutions&quot;, etc.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Remarque n° 2. Le journaliste intervieweur posait des questions très orientées, du type : &quot;Diriez-vous que, pour la situation des retraites, nous sommes en faillite ?&quot; ce qui, à la fois, dramatisait l'enjeu et préparait les interlocuteurs potentiels à accepter n'importe quelle solution (enfin, non, justement, pas &quot;n'importe quelle&quot;...) pour éviter cette épouvantable issue.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Remarque n° 3. A cette question, Danièle Karniewicz répondait : &quot;Mais nous ne pouvons pas être en faillite puisque nous sommes dans le cadre d'une retraite par répartition&quot;. Extraordinaire réponse ! Extraordinaire en ce que les retraites sont &quot;toujours&quot; par répartition et qu'elles ne peuvent d'ailleurs être que par répartition. Et ce de deux façons :&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;- Soit financièrement. Dans le cas de la &quot;répartition&quot;, les actifs versent directement aux retraités. Dans le cas de la capitalisation, c'est la même chose : l'actif qui a tout capitalisé, doit,&amp;nbsp;le jour de sa retraite, liquider sa pension. Qu'est-ce à dire ? C'est à&amp;nbsp;dire que, jusqu'à cet instant là, il n'a que des titres, qui ne représentent qu'une valeur potentielle. Ces titres (de propriété d'immeubles, d'obligations d'Etat, d'actions d'entreprises), il faut que quelqu'un les lui rachète à ce moment précis et les échange contre de l'argent qui sert à payer tous ses achats en France. On ne peut pas, en effet, acheter son pain avec une action Eurotunnel (sauf quand on veut faire un régime amaigrissant) ou payer son ticket de métro avec l'emprunt Balladur. Si personne ne se présente pour offrir de l'argent, ces titres n'ont aucune vertu efficace,&amp;nbsp;car seul l'argent a valeur&amp;nbsp;libératoire.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;- Soit (et c'est bien plus important), matériellement. En effet, l'argent, en soi, n'est qu'un moyen. On ne mange pas des billets de banque et on ne suce pas des cartes de crédit. Tout se traduit toujours par quelque chose de matériel et de concret. Les retraités mangent, mais de la nourriture du jour. Les retraités voyagent, mais avec des Airbus 350, pas avec des Super Constellation des années 1950. Les retraités s'achètent des téléviseurs, mais des téléviseurs à plasma et écran plat, pas des téléviseurs à tube en noir et blanc. Les retraités s'éclairent mais avec de l'électricité produite aujourd'hui, puisque l'électricité ne se stocke pas. Les retraités se soignent, mais avec la médecine de janvier 2007. Autrement dit, la retraite, ce sont des biens ou des services produits au moment où on les demande, et non il y a 50 ans et stockés dans un coffre. Si, demain, il n'y avait plus de population active, les retraités n'auraient strictement rien pour vivre !&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Remarque n° 4.&amp;nbsp; A un moment, Bernard Guetta est intervenu et il a posé cette question : &quot;Est-ce que c'est sain que, passé 60 ans, on ait encore 20 ans de vie à la retraite, alors que, jadis, on n'avait que quelques années de vie à vivre ?&quot;. Pour pasticher ce que j'ai dit plus haut, je pourrais m'écrier : &quot;Extraordinaire question !&quot;. Extraordinaire, en effet, cette question l'est à de nombreux titres.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;- Elle est d'abord extraordinaire dans l'ignoble, en ce que Bernard Guetta ne fait que dire, sous une forme détournée, qu'il trouve scandaleux qu'on profite longtemps de sa retraite. Et c'est ignoble de deux façons : d'une part sur le fond, et, d'autre part, sur la forme car, quelque part, Bernard Guetta s'est bien rendu compte qu'il ne pouvait pas formuler sa question crûment et c'est précisément dans ce décalage - qui permet néanmoins qu'on décrypte le message - que réside l'ignoble.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;- Elle est ensuite extraordinaire en ce que Bernard Guetta postule implicitement une chose - qu'il veut faire passer pour évidente - mais qui, en réalité, est fausse. Que postule-t-il ? Que toutes les années de la vie sont égales. Ce qu'il pense - mais tellement fort qu'on l'entend - c'est : &quot;Visez-moi tous ces papys et ces mamies, qui font de la planche à voile, qui s'initient à l'informatique, qui voyagent, qui se mettent à l'anglais, ou&amp;nbsp;au latin, ou&amp;nbsp;au serbo-croate, qui peignent, qui grimpent des cols à bicyclette, qui draguent, qui font l'amour comme des bêtes. Et qui prétendent&amp;nbsp;être trop fatigués pour travailler ! Feignasses ! Parasites ! Profiteurs ! Allez, remettez-moi tout&amp;nbsp;ça au taf !&quot;.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Outre que cette image ne concerne qu'une partie des retraités (ceux qui n'ont pas été épuisés par des tâches exténuantes et qui ont des retraites correctes, souvent les mêmes d'ailleurs), cette idée implicite - qu'on voudrait nous faire passer pour vraie -&amp;nbsp;est fondamentalement fausse : au cours de la vie, les années ne sont pas égales. A partir d'un certain âge (vers la soixantaine, précisément), la situation se dégrade, et elle ne se dégrade pas de façon linéaire mais - hélas - selon une courbe croissante. Et elle se dégrade de trois façons :&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;- D'abord de façon &quot;négative&quot;, par régression de ses facultés par rapport à un niveau considéré comme moyen (celui qui a été le sien durant toute sa vie) : dégradation de la vue, de l'ouïe, de la mémoire, de l'endurance, de la capacité à récupérer, du sommeil, de la force musculaire, etc.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;- Ensuite, de façon &quot;positive&quot;, mais positive dans le mal, par survenue de maladies inconnues jusque là, et qui ne sont pas seulement des amenuisements, comme précédemment : cancers, diabètes, Parkinson, Alzheimer, affections cardio-vasculaires, arthrites, rhumatismes, incontinences, aliénations mentales, etc. Ces deux types de dégradations peuvent se cumuler ou être la conséquence les unes des autres.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;- Enfin, sans doute par répercussion de l'une ou l'autre affection, par des &quot;pertes&quot; : perte d'enthousiasme, perte de curiosité, perte de souplesse d'esprit, perte d'appétit, perte d'intérêts divers, etc.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Certes, les dégradations et les maladies peuvent arriver à tout âge. Mais, toutes choses égales par ailleurs, il existe une étroite corrélation&amp;nbsp;entre dégradations et&amp;nbsp; maladies d'une part, et&amp;nbsp;âge d'autre part. Je pense même avoir lu - on me corrigera - que 80 % des dépenses médicales d'un individu donné ont lieu après 65 ans. Où veux-je en venir ? A ceci : lorsque je dis que les années ne sont pas égales, j'entends précisément la chose suivante. Quand quelqu'un souffre de rhumatismes ou d'arthrose et qu'il n'est soulagé par des médicaments que 2 heures par jour, c'est comme s'il ne vivait que 1/12e du temps. Autrement dit, un an, pour lui, n'aura valu qu'un mois. Si quelqu'un qui aime la radio, les concerts, la musique, la conversation, les bruits de la ville ou de la nature&amp;nbsp;devient sourd, c'est comme s'il perdait - au bas mot - 90 % de sa vie. Pour lui, un an vaudrait à peine une quinzaine de jours. Et ainsi de suite. Evidemment, ces chiffres sont arbitraires. Mais ils permettent de me faire comprendre. Quand je dis que les années ne sont pas égales, je ne parle évidemment pas de l'horloge ou du calendrier. Je parle du temps vécu : passer, à 20 ans, une journée sur une plage, en maillot de bain, à nager, à jouer au ballon, à dévorer des sandwiches à pleines dents, à flirter, et passer la même journée dans un fauteuil roulant avec une couverture, ce n'est pas la même chose. Il existe d'ailleurs un indicateur de développement humain qui distingue la vie en pleine santé de la vie tout court.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Le deuxième point par lequel le raisonnement de Bernard Guetta est spécieux est qu'il ne raisonne que sur les grands nombres. Si on admet que la durée de vie moyenne, pour les hommes, est de 77 ans, la vie réelle de chaque individu est bien différente. Certains vivront jusqu'à 95 ans, d'autres seront morts à 60 ans. Prenons un homme qui décède à 65 ans. S'il a droit à la retraite à 60 ans, il aura au moins profité 5 ans de sa retraite. Si on fait passer la retraite à 65 ans, on lui vole 5 ans de sa vie. Donc, inéluctablement, statistiquement, augmenter l'âge de la retraite, c'est priver une portion &quot;x&quot; de la population de cette retraite, puisqu'elle sera morte avant.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;[Nota. Cela m'évoque d'ailleurs un rapprochement. Les milieux de droite, qui sont souvent ceux qui militent pour le retard du départ à la retraite, sont aussi ceux qui, culturellement, sont favorables aux châtiments sévères, peine de mort ou perpétuité. Or, quand on choisit de condamner un individu - on pense, implicitement, s'il y a un doute, que celui-ci ne doit pas profiter à l'accusé ; qu'entre condamner un innocent et laisser échapper un coupable, il vaut mieux prendre le risque de condamner l'innocent. Lorsque Bernard Guetta trouve anormal qu'un individu profite 20 ans de sa retraite, il raisonne ainsi : &quot;Je cours peut-être le risque, en élevant la retraite à 65 ans, de le priver&amp;nbsp;de 5 ans&amp;nbsp;de retraite s'il meurt précisément à 65 ans. Mais c'est quand même moins grave que de le voir &quot;buller&quot; 20 ans aux crochets des actifs !&quot;. C'est le même mécanisme qui est à l'oeuvre dans l'esprit d'un juré d'assises partisan systématique de la sévérité : &quot;Peut-être que cet accusé est innocent. Mais, s'il était coupable&amp;nbsp;? Allez, au trou ! On n'est jamais trop prudent !].&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Troisième point. De même que certaines observations influent sur l'objet observé, le fait de retarder l'âge de la retraite peut ne pas être sans conséquence sur le reste de la vie. L'allongement de la durée de la vie active peut se traduire... par un raccourcissement de la vie tout court ! Outre qu'on s'expose à des dangers qu'on ne courrait pas si on était à la retraite (parcours professionnels, usage de certains instruments), le rythme imposé par le néo-libéralisme, les exigences de vitesse, de rendement, de compétition, de changement, tendent, par le stress qu'ils imposent, à miner la vie de l'individu. De sorte que quelqu'un à qui on impose des années supplémentaires d'activité, perdra par les deux bouts : d'abord de toutes les années retranchées, et ensuite de l'épuisement ou du stress, qui lui diminuera le nombre d'années suivantes.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Pour ne retenir qu'un mot, celui de &quot;sain&quot;, employé par Bernard Guetta a été particulièrement cynique. Parce que, pour&amp;nbsp;la retraite, précisément, tout est affaire de &quot;sain&quot;, c'est-à-dire de santé. Et il n'est pas &quot;sain&quot; de travailler plus longtemps, car on n'a plus la santé ou on perd sa santé à cause de ce travail.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Deuxième sujet (le court), qui n'a rien à voir avec le précédent. Aujourd'hui, au journal de France 2 de 13 h, la journaliste a passé exactement 8 minutes, ce qui est considérable... pour&amp;nbsp;parler&amp;nbsp;des soldes ! Or, il se passait aujourd'hui, deux événements très graves, tous les deux liés&amp;nbsp;à la politique étrangère des&amp;nbsp;Etats-Unis, qui n'ont été abordés que très légèrement, voire pas du tout. Le premier était l'intervention directe des Etats-Unis dans le conflit somalien : les Etats-Unis ne se sont pas contentés de soutenir en sous-main l'Ethiopie, ils ont aussi bombardé le sud de la Somalie. C'est un événement considérable en ce que les Etats-Unis reviennent sur un lieu dont ils avaient été chassés il y a 12 ans et que c'est le troisième pays musulman (avec l'Afghanistan et l'Irak) qui a, dans le même temps, reçu des bombes américaines. Le second a été l'annonce, cette nuit, d'une augmentation de l'effort américain en Irak, avec 21 000 hommes de plus. Ces deux événements, qui confirment la guerre des Etats-Unis au monde musulman (et risquent d'avoir des répercussions énormes), auraient dû passer en premier.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, rectifications et critiques.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Bien à vous&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Philippe Arnaud, AMD 37&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/12/21/20-decembre-2006.html</guid>
<title>20 décembre 2006</title>
<link>http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/12/21/20-decembre-2006.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>TV + Radio</category>
<pubDate>Thu, 21 Dec 2006 19:26:32 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Chers tous,&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Les remarques sur les médias qui suivent résultent d'une première impression. J'ai écouté le journal de France Inter de 19 h, celui d'Arte de 19 h 45, et celui de France 2 de 20 h. Dans ces trois journaux, j'ai choisi une information : celle où le président Bush, après avoir lu le rapport de la commission Baker, après avoir consulté des responsables politiques, des diplomates, des militaires, annonçait ses résolutions&amp;nbsp;à propos de l'Irak pour l'année à venir.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;En résumé : les journaux rapportaient que George Bush avait parlé de décisions difficiles, de sacrifices, et évoqué une augmentation des effectifs de l'armée américaine en Irak. Il aurait aussi dit qu'il n'était pas question de parler (entendre négocier) de l'Irak avec la Syrie ou avec l'Iran.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;En clair : alors qu'on s'attendait à ce que, dans l'esprit des recommandations de la commission Baker, le président des Etats-Unis annonce un désengagement progressif de l'armée américaine, en concertation avec la Syrie et l'Iran, il annonce tout le contraire&amp;nbsp;! Les effectifs vont être augmentés et rien ne sera fait conjointement avec les deux pays voisins de l'Irak. Plus clairement encore : les Etats-Unis vont s'engager encore plus et se battre encore davantage.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;La remarque sur les médias est que, précisément, des trois médias écoutés, seul celui de France 2 a relevé le fait, en soulignant que le président des Etats-Unis prenait le contre-pied des recommandations de la commission Baker et&amp;nbsp;des voeux de la population américaine. Mais il n'a pas insisté sur ce que cela signifiait : à la fois l'obstination (pour ne pas dire l'entêtement) du gouvernement américain et l'augmentation subséquente des coûts financiers, des pertes - notamment américaines - et de la violence. Alors qu'il paraissait acquis que George Bush avait admis son échec militaire - et politique - et que l'on pensait qu'il cherchait le meilleur moyen de s'en sortir, quitte à manger son chapeau en discutant avec des régimes honnis, le voici qui regimbe et se cabre. Si ces propos sont confirmés, cela n'augure pas des lendemains qui chantent...&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Ce sursaut dans la violence n'est pas sans évoquer les bombardements de Noël 1972 sur Hanoï et Haïphong, qui précédèrent le désengagement définitif du Vietnam. Et l'on pourrait imaginer que, pour garder la face - ou pour négocier à des meilleures conditions - le gouvernement américain, comme en 1972, signifie sa volonté de poursuivre le combat. Il existe néanmoins une différence : un bombardement, aussi violent soit-il, est bref. En quelques minutes, les avions déversent leur cargaison de bombes et s'en vont. Certains raids peuvent être uniques : les raids américains sur la Libye ou sur l'Afghanistan et le Soudan (du temps de&amp;nbsp;l'administration Clinton), les raids israéliens sur Entebbe, sur Tunis et sur Osirak ont été uniques.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Il en va autrement de l'augmentation des troupes terrestres. L'armée américaine ayant des impedimenta très lourds (seule une petite partie de soldats est au combat, la majorité est à la logistique), lorsqu'on déplace un soldat, on le déplace pour longtemps. En conclusion - et pour autant que ces premières informations soient confirmées - il m'est apparu que les médias&amp;nbsp; en question&amp;nbsp;n'avaient pas bien pris la mesure des décisions de George Bush.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Je vous saurais gré de vos remarques, compléments, précisions et critiques.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Bien à vous&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Philippe Arnaud, AMD Tours&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/05/31/30-mai-2006.html</guid>
<title>30 mai 2006</title>
<link>http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/05/31/30-mai-2006.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>TV + Radio</category>
<pubDate>Tue, 30 May 2006 20:15:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Chers tous,&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L'observation de ce jour porte sur le massacre commis par l'armée américaine, le 19 novembre dernier, à Haditha en Irak. Dans cette localité, à l'occasion du passage d'un convoi militaire, une bombe explose, tuant un Marine américain de 20 ans. Ses camarades sautent alors du convoi, et, dans le village voisin de Haditha, tuent 24 personnes, hommes, femmes et enfants. Ce massacre est, dans un premier temps, camouflé par l'armée américaine. Il est révélé à la mi-mars par le magazine Time, qui fait état de 15 morts. Puis, hier, le Washington Post en fait sa manchette et révèle le nombre réel de morts.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; - Aujourd'hui, au journal de 13 h de France Inter, il est fait état de ce massacre avec assez de précisions, et, bien entendu, au (tristement) célèbre précédent de My Lai, au Vietnam, en 1968. Ce massacre avait contribué à ruiner, dans l'opinion américaine, le soutien à la guerre du Vietnam. Ce qui a été très curieux est la façon dont le journaliste de France Inter a prononcé le &quot;My&quot; de &quot;My Lai&quot;. En effet, au lieu de prononcer &quot;Mi&quot; (à la française), il a prononcé &quot;My&quot; (à l'américaine), c'est-à-dire l'adjectif possessif correspondant au &quot;mon&quot; ou au &quot;ma&quot; français (comme dans la célèbre phrase : &quot;My tailor is rich&quot;). Après renseignement pris à l'ambassade du Vietnam, il apparaît que le &quot;My&quot; se prononce bien &quot;Mi&quot; (jusqu'à plus ample informé).&lt;br /&gt; Il est donc révélateur que, à l'égard d'une langue inconnue, le premier réflexe qui soit venu au journaliste (on peut aussi penser qu'il n'était pas né en 1968) est d'avoir imaginé non pas une prononciation dans sa propre langue (le français) mais dans l'anglo-américain, comme si les deux lettres &quot;My&quot; ne pouvaient avoir de signification dans un autre idiome que celui-ci ! Quand on parle une langue, on pense à travers cette langue...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; - Au journal télévisé de 19 h 45 d'Arte, ce massacre était assez complètement relaté, avec ses circonstances.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; - Au journal télévisé de France 2, de 20 h, présenté par David Pujadas, pas un mot sur le sujet... Comme avant-hier, pour l'élection présidentielle de la Colombie, on peut concevoir un journal en creux avec qui n'a pas été dit. Qu'est-ce qui n'a pas été dit ? Avant-hier, c'était la proximité d'Alvaro Uribe et des paramilitaires d'extrême droite, aujourd'hui, c'est le massacre de Haditha. Peut-on essayer de définir ce qui lie ces deux &quot;non-informations&quot; ? Malgré leur disparité, leur point commun est de ne pas mentionner les faits qui, d'une façon ou d'une autre, présentent les Etats-Unis ou leurs alliés (Alvaro Uribe est le principal soutien des Etats-Unis en Amérique latine) sous un jour antipathique.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il ne s'agit pas là tout à fait d'une censure (après tout, il y avait plein de sujets &quot;chauds&quot; à traiter parmi lesquels le rédacteur - et/ou le présentateur - pouvaient choisir à leur guise). D'un autre côté, ce sujet figurait parmi les sujets &quot;chauds&quot; (= d'actualité), puisqu'il était évoqué par France Inter, par Arte et par plusieurs journaux en ligne sur Internet, et, en général, les journaux radio ou télévisés traitent tous les mêmes sujets (et parfois dans le même ordre). Il s'agit, en outre, d'un fait très important, encore plus grave et scandaleux que les tortures d'Abou Ghraib puisqu'il y a eu ici morts humaines (et, de plus, morts de femmes et d'enfants). Cela est grave aussi en ce qu'on évoque le Vietnam (et toute évocation du Vietnam aux Etats-Unis est lourde de signification). Cela est grave enfin parce que l'information s'est diffusée parmi les pays musulmans et qu'elle arrive en même temps qu'une recrudescence des combats en Afghanistan.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le &quot;non-choix&quot; apparaît d'autant moins involontaire que, vu la brièveté d'un journal radio ou télévisé, le nombre de sujets abordés est bien moindre que dans des journaux papier nationaux, tels que Le Monde, Le Figaro, Libération ou L'Humanité (et encore moindre lorsqu'il s'agit de politique internationale). Or l'extrême sélection que cela suppose n'en met que mieux en relief la... &quot;bizarrerie&quot; des sujets écartés, au profit, parfois, des sujets retenus (comme le bobard de la fortune de Fidel Castro, qui a récemment circulé durant plusieurs jours).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, compléments et critiques.&lt;br /&gt; Bien à vous&lt;br /&gt; Philippe Arnaud, AMD 37&lt;/div&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/05/05/4-mai-2006.html</guid>
<title>4 mai 2006</title>
<link>http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/05/05/4-mai-2006.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>TV + Radio</category>
<pubDate>Fri, 05 May 2006 18:57:12 +0200</pubDate>
<description>
Chers tous,&lt;br /&gt;Les nouvelles d'aujourd'hui, collectées sur les chaînes du service public (France 2 et 3, Arte, France Inter et Info), m'ont inspiré les remarques que voici :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;1. Sur Arte, au journal de 19 h 45, traitant du programme nucléaire de l'Iran, le journaliste dit : &quot;L'Iran continue donc de provoquer la communauté internationale&quot;. Ce verbe &quot;provoquer&quot; ne se réfère pas tant au sens de &quot;qui incite à la violence&quot; ou &quot;qui incite à la violence dans l'intérêt du parti opposé&quot; (cas des casseurs infiltrés dans une manifestation pour la discréditer) qu'au terme &quot;provo&quot;, venant du néerlandais (1965), et qui signifie &quot;qui manifeste, par son attitude, son opposition à la société établie&quot;. La communauté internationale, comme nous l'avons vu à plusieurs reprises, est loin de regrouper les quelque 170 Etats représentés dans les institutions internationales, mais, beaucoup plus prosaïquement, les seuls Etats-Unis et ceux de leurs alliés qui leur servent habituellement de porte-rapière (Royaume-Uni, Israël, France, Allemagne, plus, selon les circonstances, les divers pays qui se prêtent obligeamment aux désirs du maître). Pour être clair, le reste du monde (les 9/10 de l'humanité), c'est-à-dire l'Amérique latine, l'Afrique sub-saharienne, le monde musulman, l'Asie du Sud-Est, la Chine et l'Inde, soit se moque totalement du programme nucléaire iranien, soit lui est - secrètement ou ouvertement - favorable. La provocation en question semble moins être une &quot;provocation&quot; du genre &quot;défi à se mesurer en duel&quot; (encore que certains satrapes du monde occidental ne dédaigneraient peut-être pas de l'entendre ainsi) qu'un manquement aux règles de l'étiquette (de la &quot;société établie&quot;).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Plus que de représenter une éventuelle menace (pourquoi le Pakistan, l'Inde, largement plus peuplés, plus puissants, voire plus instables, ne sont-ils pas perçus, eux, comme des menaces ?), l'Iran semble, en effet, avoir contrevenu à certaines règles de bienséance instaurées par les nantis. Son &quot;crime&quot;, au demeurant, n'est pas tant de constituer une menace (et même par rapport au très relatif arsenal israélien, l'arsenal iranien et - et restera longtemps - négligeable) que de s'être invité, sans y avoir été convié, à la table des puissants. Sa conduite est perçue comme celle d'un domestique qui, au lieu de retourner à l'office, s'assiérait placidement entre l'archevêque et le président du Rotary et picorerait sans façons dans l'assiette de la maîtresse de maison.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;2. Elections au Royaume-Uni. Les journaux télévisés annoncent que le Labour (parti travailliste de Tony Blair) va certainement perdre ces élections (au demeurant seulement partielles). Mais les perdre au profit de qui ? Au Royaume-Uni, malgré son ascension, le parti social-démocrate est encore trop faible pour mettre fin au bipartisme travaillistes/conservateurs. Or, les travaillistes sont à ce point à droite qu'ils reçoivent tous les éloges des ultralibéraux français... Et le parti conservateur est encore plus ultralibéral, plus inégalitaire, plus répressif, plus rétrograde, plus américanolâtre que le Labour ! Quand à l'autre parti qui risque de monter, c'est le BNP (British National Party), comme son nom l'indique, un Front National à l'anglaise. Où serait le changement ? Où serait l'amélioration ? Où serait l'alternative ? Ne serait-elle pas du même ordre que celle qui consisterait, pour un alcoolique, à abandonner le vin pour l'eau-de-vie ? &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Les mêmes journaux insistent sur les scandales récents qui ont ébranlé le parti : l'adultère d'un ministre, la disparition, par la faute du ministre de l'Intérieur, de 1000 détenus d'origine étrangère, enfin la bourde de la ministre de la Santé annonçant un chiffre erroné devant un auditoire de personnels médicaux. L'énumération de ces scandales frappe par son caractère à la fois superficiel et droitier (ce qui revient souvent au même). L'adultère du ministre rappelle les frasques de Clinton et l'exploitation gourmande qu'en fit la droite (qui, sous des airs pincés, raffole des histoires de fesse). L'évasion de 1000 détenus d'origine étrangère ne peut que scandaliser une société sécuritaire, raciste et petite-bourgeoise, qui s'indigne des larcins des Jamaïcains mais reste de marbre devant les milliards qui arrosent les parasites de la famille royale. Quant à la ministre de la Santé, sa faute a été présentée, par les médias français, plus comme une méconnaissance de ses dossiers que comme le scandale qu'est sa politique : la suppression d'une multitude de postes d'infirmières, c'est-à-dire une politique ultralibérale. Là-dedans, rien sur les mensonges ayant conduit à la guerre d'Irak, rien sur cette guerre elle-même et ses coûts faramineux, rien sur les criantes inégalités sociales, rien sur l'épuisement des ressources en pétrole de la mer du Nord. La politique intérieure d'un grand pays voisin, qui a des rapports étroits avec la France depuis le Moyen Age, nous est présentée (ce qui n'est pas peu dire...) avec la même désinvolture que les informations en provenance du tiers monde.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;3. Affaire Clearstream. Les médias se délectent des histoires d'officines, des luttes de squales entre factions au pouvoir, mais, au bout du compte, ce qui est l'essentiel - tellement visible qu'on ne devrait voir que cela - est précisément, pour cela, dérobé à la vue. Le scandale n'est pas ce qu'a pu faire tel ministre (qui, dans 50 ans, n'occupera pas plus de place dans les manuels d'histoire qu'Edouard Estaunié ou Minou Drouet dans l'histoire de la littérature) mais l'existence même de Clearstream (et, au-delà, du Luxembourg) : une gigantesque machine à dérober l'argent au fisc (donc aux citoyens, et, parmi eux, aux plus pauvres), à recycler l'argent du crime, de la drogue, de la prostitution, des armes, des trafics de plantes, d'animaux protégés, d'organes, du terrorisme, du chantage. Comme dans l'apologue du conte chinois, les médias nous montrent du doigt la lune en escomptant qu'on ne verra que le doigt.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Je vous saurais gré de vos remarques, compléments, rectifications et critiques.&lt;br /&gt;Bien à vous&lt;br /&gt;Philippe Arnaud, AMD Tours
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/04/05/5-avril-2006.html</guid>
<title>5 avril 2006</title>
<link>http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/04/05/5-avril-2006.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>TV + Radio</category>
<pubDate>Wed, 05 Apr 2006 19:45:00 +0200</pubDate>
<description>
Chers tous,&lt;br /&gt;Ce jour, à partir de 19 h, sur toutes les chaînes du service public (France Info pour la radio, France 2 et 3 pour la télévision), les journalistes ont eu une curieuse façon de présenter l'attitude des syndicats.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;1. Il n'y a pas eu, au départ, ni volonté de minimiser les manifestations - difficile de nier l'évidence de leur ampleur - ni de mettre en avant les casseurs pour déconsidérer les manifestants et leur cause. En revanche, il semble y avoir eu une volonté manifeste d'enfoncer un coin entre les organisations syndicales. Par exemple, lorsque le rendez-vous avec l'UMP était présenté de la façon suivante : &quot;Certains syndicats campaient toujours sur leurs positions, mais d'autres semblaient accepter la rencontre avec l'UMP ... sous certaines conditions&quot;. La malhonnêteté était de taire que cette condition... était précisément l'abrogation pure et simple du CPE et non son ravaudage par les parlementaires. Or, là-dessus, aucune organisation n'a cédé ! C'est un jeu de mots de la même sorte que tel parlementaire américain (à l'époque de Théodore Roosevelt) qui avait un jour déclaré : &quot;Il s'en est fallu d'un mot que je ne sois nommé ambassadeur à Paris&quot;. Certes ! Mais, précisément, ce mot était... NON !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;2. Aux alentours de 18 h France Info interviewait le président de l'UNEF, Bruno Julliard. D'abord une remarque perfide : &quot;Il y a eu moins de grèves, ne pensez-vous pas que le mouvement est en train de s'essouffler ?&quot;. Alors que, précisément, la modalité de pression sur le gouvernement, jusqu'à ce jour, n'a pas été la grève, mais la manifestation. Ce sur quoi tout le monde juge le sentiment de la population, ce n'est pas les grèves mais l'ampleur d'une manifestation par rapport à la précédente. Le second était : &quot;Vous ne pensez pas que chacun pourrait mettre son orgueil dans sa poche et aller à la rencontre de l'autre ?&quot;. Ici, ce &quot;chacun&quot; ne devait pas être entendu comme une troisième personne du singulier - comme si l'UMP était mise sur le même plan que les syndicats - mais comme un &quot;vous&quot;, en ce qu'il ne s'adressait - qu'il ne visait - que les syndicats. Ce chacun était aussi hypocrite que la formulation : &quot;Qu'on le veuille ou non, la mondialisation est inévitable et il faut s'y plier&quot;, ce &quot;on&quot; désignant carrément un &quot;vous&quot; qui, selon les cas, vise les syndicats, les fonctionnaires, les titulaires d'un CDI ou même, plus largement, les Français, incurablement rétifs à la mondialisation.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;3. Or, les journalistes confondent - à dessein ? - les notions de contraire et de contradictoire. Deux termes sont contraires lorsqu'ils se situent aux extrêmes d'une chaîne de valeurs, comme &quot;noir&quot; et &quot;blanc&quot;. Mais une chose peut ne pas être blanche sans être pour autant noire. Elle peut être grise, bleue, verte, rouge, bref... toutes les infinies nuances de la palette. En revanche, deux termes sont contradictoires lorsque si l'un est, l'autre forcément n'est pas. On est reçu ou recalé à un examen. On est garçon ou fille. On est célibataire ou marié (si on limite le choix à ces deux termes). Ici, les positions ne sont pas contraires, elles sont contradictoires. On peut concilier des contraires, on ne peut pas concilier des contradictoires. Le gouvernement, en imposant le CPE, cherche à ouvrir la minuscule brèche par où il videra entièrement le code du travail. Même si le MEDEF et le gouvernement feignent de présenter cette modification comme minuscule, elle n'en sera pas moins irrémédiable. C'est comme une grossesse : une femme n'est pas enceinte un tout petit peu, elle l'est totalement dès le début, dès la division de la première cellule. A l'inverse, si le CPE échoue, le gouvernement sait bien que le CNE (qui est parallèle dans les formes), aura beaucoup de mal à survivre. De même, les syndicats étrangers - qui ont offert un soutien unanime à leurs homologues français - savent que ce combat est décisif pour eux. Si les salariés français gagnent, ils auront beaucoup de chances, eux aussi, de l'emporter. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;4. Accessoirement, cela rectifie beaucoup la présentation des journalistes de l'opinion des pays étrangers sur la France. Par exemple, les journalistes se régalent de dire : &quot;Les étrangers regardent nos manifestations avec stupéfaction&quot;, ou &quot;A l'étranger, &quot;on&quot; ne comprend pas ce refus des réformes et de la mondialisation&quot;, ou &quot;Les étrangers sont sidérés par nos archaïsmes&quot;. Mais qui sont ces étrangers ? Des riches, des patrons, des salariés aisés, des journalistes. Pas la masse des salariés modestes ou moyens ! L'Allemagne, depuis des semaines, est secouée par un conflit de grande ampleur - qui est moins couvert que le premier anniversaire de la mort de Jean-Paul II, non-événement par excellence ! Les journalistes choisissent les &quot;bons&quot; étrangers. Ils font une information de classe.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Je vous saurais gré de toutes vos remarques.&lt;br /&gt;Bien à vous.&lt;br /&gt;Philippe Arnaud&lt;br /&gt;AMD Tours.&lt;br /&gt;J'ai, provisoirement, mon ordinateur en panne (pertes de plusieurs fichiers d'adresses) et une capsulite à l'épaule. D'où mon silence. Je serai plus prolixe dans quelque temps lorsque ma machine et moi seront réparés.
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/03/13/13-mars-2006.html</guid>
<title>13 mars 2006</title>
<link>http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/03/13/13-mars-2006.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>TV + Radio</category>
<pubDate>Mon, 13 Mar 2006 18:16:15 +0100</pubDate>
<description>
Chers tous,&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Jeudi et vendredi, au moins sur les radios et télévisions de service public, il n'était bruit que du classement de Forbes (magazine américain pour riches) du nombre de milliardaires sur la planète. Leur nombre total s'est accru, en 2005, jusqu'à atteindre le chiffre de 793, et leur richesse globale a augmenté de 36 % dans l'année 2005. Cette &quot;information&quot; est intéressante à plusieurs titres.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;1. Le premier titre est la nature de ces milliards (et il est d'ailleurs caractéristique que les journalistes ne se soient même pas posé la question). En quelle unité sont-ils exprimés ? Je ne fais pas languir le lecteur trop longtemps : ils sont exprimés en dollars. On dira, certes, que le milliardaire est celui qui possède un milliard de fois une unité donnée. Néanmoins, selon les pays, cette unité n'a pas le même pouvoir d'achat à l'intérieur même du pays (le franc d'avant 1963, la lire italienne - le yen japonais aujourd'hui - avaient une toute petite valeur. Il faut, pour posséder un pouvoir d'achat, posséder un signe monétaire - pièce ou billet - représentant au moins cent fois cette unité).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;2. On pourrait considérer l'affaire en PPA (parité de pouvoir d'achat) et se demander, par exemple, ce qu'un individu donné peut s'acheter, dans son pays, avec 1000 unités de sa monnaie. A cet égard, il n'est pas prouvé qu'un pays A, dont la monnaie vaut deux unités du pays B procure deux fois plus de biens à ses ressortissants. Néanmoins, comme les riches (et, plus encore, les très riches) voyagent beaucoup et achètent beaucoup à l'étranger, les milliards de leur monnaie ne valent pas la même chose dans toutes les contrées du monde. Par exemple, avec ses 1000 dollars, un Américain ne pourra se payer que 840 euros de marchandises et 580 livres sterling de service (près de deux fois moins !). En revanche, il sera 8 fois plus riche qu'un milliardaire en yuans (monnaie chinoise), un tiers plus riche qu'un Suisse, 28 fois plus riche qu'un Russe et 119 fois plus qu'un Japonais ! En tenant compte, là aussi, que la structure des prix est différente d'un pays à l'autre : dans certains, la nourriture est bon marché, dans d'autres c'est l'électronique, et, pour le marché immobilier, certaines capitales sont plus chères que d'autres.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;3. Il est néanmoins typique que, spontanément, tous les journaux aient considéré comme évident que les seuls milliards qui valaient étaient les milliards de dollars ! Alors qu'ils valent moins que les euros ! Cette considération en dit long sur la soumission psychologique aux Etats-Unis et sur l'état réel du rapport de forces entre ce pays et l'Union européenne...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;4. Le deuxième titre est la fonction de cette information : comme elle concerne toute la planète, elle devrait avoir une importance pour la planète, comme si l'on disait : en 2005 (par exemple), le monde a vu sa richesse croître de 36 %. Or, il n'en est rien : l'indication du nombre de milliardaires est juste celle de la répartition des richesses (un peu comme lorsqu'on dit que, la Chine et l'Inde ayant chacune plus d'un milliard d'habitants, elles regroupent à elles deux environ un tiers de la population mondiale). Mais, en fait, la fonction de cette information est de procurer, par une illusion d'optique, le sentiment suivant : si le nombre de milliardaires s'est accru, c'est que la planète s'est enrichie (et qu'elle s'est enrichie - grosso modo - au rythme d'enrichissement de ces milliardaires). Comment cette manipulation psychologique est-elle possible ? De deux façons :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- Par le fait que nombre de ces nouveaux milliardaires proviennent d'Asie (Chine, Inde). Comme ces pays ont un très fort taux d'accroissement (qu'on ne cesse de répéter aux auditeurs), on passe du taux d'accroissement chinois à l'accroissement du nombre de milliardaires chinois, puis à celui des milliardaires en général, et on redescend de là au taux d'accroissement mondial en général (qui, bien que plus bas, est fictivement tiré vers le haut par son voisinage avec le nombre de milliardaires).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- Par la propagande selon laquelle le capitalisme est une formidable machine à enrichir (les individus, les sociétés, les entreprises, les nations, les Etats) et que la prospérité de ses membres les plus voyants est représentative de la prospérité de l'ensemble. Et qu'elle est, bien entendu, supérieure au taux d'accroissement réel du PIB de la planète, qui doit tourner, lui, autour de 2 à 3 %.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;3. Le troisième titre est la présentation des informations de type économique. Et, là aussi, cette présentation est très idéologique, et elle l'est à deux titres. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- D'abord, par la présentation de chiffres bruts, exprimés en valeur absolue (nombres cardinaux), qui sont censés exprimer la puissance : richesse nationale, barils de pétrole, tonnes de charbon, kilowatts-heure, calories, kilomètres d'autoroutes, nombre de voitures, d'avions, de fusées, de têtes nucléaires, de porte-avions, etc. Le bonheur ne peut provenir que de l'accumulation - peu importe de quoi - seule importe l'accumulation.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- Ensuite par la présentation en classement (nombres ordinaux) : déjà, le fait de distinguer des milliardaires est un classement. Ensuite, ces milliardaires sont classés entre eux, ils avancent (Bernard Arnault) ou ils reculent (Liliane Bettencourt). Donc, l'idéologie se remarque en ce qu'elle propose aux gens de la compétition : il faut passer des 1000 premiers aux 100 premiers, puis aux 10 premiers, et viser la place de premier. Il faut non seulement être fort en valeur absolue mais aussi en valeur relative : l'idéal, dans la vie, est d'être plus que les autres, de dépasser les autres (à cet égard, la compétition sportive est entrée avec les autres domaines de la vie - économique et social - dans un cycle où cause et conséquence agissent en interaction. On ne sait plus si c'est le &quot;sport&quot; qui a déteint sur la vie ou si c'est la vie qui a contaminé le sport, toujours est-il que tout est devenu compétition, dépassement, record, lutte, écrasement de l'autre).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;[Remarque en passant : il est assez caractéristique que les indicateurs qui s'opposent point par point à cette idéologie sont aussi élaborés - scientifiquement parlant - totalement à l'inverse des chiffres présentés par l'idéologie dominante].&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- D'abord, ce ne sont pas des chiffres bruts mais une combinaison de chiffres élaborés : par exemple l'IDH (ou Indice de développement humain, qui prend en compte plusieurs critères), ou le coefficient de Gini, mesurant l'écart des revenus et qui varie de 0 à 1 (coefficient 0 = égalité totale : coefficient 1 = inégalité totale).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- Ensuite parce que ce sont des chiffres qui mesurent le progrès par une diminution, et, de surcroît, par une diminution d'un &quot;moins&quot; : moins de morts post-natales, moins de maladies, moins d'illettrés, moins de privés d'eau potable, moins d'individus consommant un niveau plancher de calories, moins de femmes se livrant à la prostitution, moins de cancers, moins de morts sur les routes, etc. Cette façon de voir - et même cette conception philosophique - est fondée sur celle d'un individu &quot;normal&quot;, vivant dans un pays comme la France, travaillant dans le tertiaire (pour éviter les accidents du travail) et disposant à peu près des revenus d'un cadre moyen (2000 - 2200 euros). Tout l'intérêt d'une société humaniste est d'amener &quot;un très grand nombre d'individus à ce niveau minimum&quot; - chaque terme compte - alors que l'idéologie propagée par les médias (et exaltant le milliardaire) est marquée, dans une inversion totale des termes, par le désir d'amener &quot;un très petit nombre d'individus à un niveau astronomique&quot;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;4. Quatrième titre d'intérêt. Il va de soi qu'une telle information ne passe pas sans susciter un malaise. Aussi a-t-on pu remarquer que, presque à tous les journaux d'information, une autre information la suivait : à &quot;l'explosion&quot; du nombre de milliardaires répondait l'explosion du nombre de titulaires du RMI (pour la France). Néanmoins, les journalistes n'allaient pas - ou n'osaient pas aller - jusqu'au bout de leur raisonnement. Ils juxtaposaient les deux informations, comme si, après avoir présenté un défilé de Miss France, ils présentaient une Cour des miracles, avec ses borgnes, ses boiteux, ses lépreux, ses éclopés de toute sorte. Mais, à l'instar des imageries de dames patronnesses, ces deux informations étaient présentées comme totalement indépendantes, comme si on voulait émouvoir les chaumières en disant : &quot;Voyez comme le destin est injuste, qui place l'extrême malheur à côté de l'extrême félicité !&quot;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Or, cette absence de commentaire (ce défaut à souligner un lien) était, en soi, idéologique car il est évident, en France du moins, que la progression de la paupérisation va de pair avec la progression de l'extrême richesse. Comment cela ? En gros, la frange la plus basse tourne, en France, autour du multiple par 1000 de l'unité monétaire (compte tenu des Contrats à Durée Déterminée, des Temps partiels, des licenciements, des fins de droits, des allocations, des secours), il n'est pas absurde de supposer un revenu de 1000 euros pour la frange la moins fortunée de nos concitoyens. Par définition, un milliardaire gagne un million de fois plus : autrement dit, il &quot;mange&quot; le revenu de 1 million de ses concitoyens les plus pauvres. S'il a augmenté son revenu - en moyenne - de 36 %, cela veut dire (à supposer qu'il n'ait été riche, en 2004; &quot;que&quot; de 1 milliard),  qu'il a &quot;mangé&quot; 360 000 revenus supplémentaires. Cela est d'autant plus vrai que, dans le même temps, la croissance du P.I.B. ayant été très faible (guère plus de 1 %), le passage des uns aux autres, dans un temps aussi bref, n'a pu se faire que par transfert (avec, bien entendu, un coefficient de correction en tenant compte que certains de ces accroissements de fortunes se font à l'étranger). Mais, globalement - et, compte tenu, par exemple, des cadeaux fiscaux accordés aux plus riches - pour parler comme des &quot;partageux&quot; - les riches ont mangé dans la gamelle des pauvres.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;En résumé, donc, les médias nous ont présenté une information qui, sous couvert d'être factuelle, visait, en fait, à susciter le rêve, la fascination, l'admiration pour une catégorie d'individus, et, au-delà, pour un régime économique. Il s'agissait d'une opération idéologique. En plus, il s'agissait d'une information creuse : si on découvrait un nouveau traitement contre le cancer, une nouvelle démonstration du théorème de Fermat, une nouvelle symphonie de Mozart, l'humanité progresserait. Là, elle ne fait que régresser.&lt;br /&gt;Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, compléments et critiques&lt;br /&gt;Bien à vous&lt;br /&gt;Philippe Arnaud&lt;br /&gt;AMD 37
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/02/15/15-f2vrier-2006.html</guid>
<title>15 février 2006</title>
<link>http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/02/15/15-f2vrier-2006.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>TV + Radio</category>
<pubDate>Wed, 15 Feb 2006 20:40:00 +0100</pubDate>
<description>
Chers tous,&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Aujourd'hui, j'ai, dans les médias, noté deux choses :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;1. Le Jeu des 1000 euros (à France Inter, à 12 h 45). Lorsque, comme votre serviteur, on l'écoute depuis longtemps, on prête l'oreille, à côté des questions, aux remarques générales de l'animateur (actuellement Louis Bozon). Et on découvre, au travers des réflexions de l'intéressé (au demeurant fort sympathique), une certaine idéologie, qui ne s'imagine même pas comme telle, tant elle apparaît &quot;naturelle&quot;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- Premier point. A propos de l'origine des candidats. Il m'a semblé (je n'ai pas fait les comptes) que, en dehors des &quot;Spécial jeunes&quot;, on a souvent affaire à des salariés du secteur public, ou à des retraités - eux-mêmes d'ailleurs anciens salariés de ce secteur : enseignants, postiers, cheminots, etc. Une remarque banale, mais qui me hérisse toujours, est ce qui advient lorsque l'intéressé(e) est fonctionnaire (ou ex-fonctionnaire) des Impôts. Chaque fois, il y a comme un coup de patte - gentil mais manifeste - envers cette activité, comme s'il s'agissait d'une activité malhonnête, ou, à tout le moins, injustifiée. Comme il ne peut décemment pas reprocher leur profession à des gens qui sont ses hôtes, Louis Bozon ne s'enferre que davantage - en croyant se rattraper, par cette remarque : &quot;Mais il en faut bien !&quot;. La mentalité néo-libérale (qui repose sur un tuf anti-fiscal remontant au moins au Moyen Age) a tellement déformé les esprits que l'impôt en est venu à être synonyme d'indemnité de guerre, payée à un pays ennemi, dont les ressortissants s'appellent fonctionnaires.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Cette mentalité va très loin, puisqu'elle ne vise à rien moins qu'à remettre en cause toute la construction nationale élaborée par la Révolution française, dont le déclenchement fut précisément causé par le refus des privilégiés de se soumettre à l'impôt. Et c'est non seulement la construction même de l'Etat-nation qui est en cause, mais aussi deux des principes de la devise de la République qui sont ainsi jetés aux orties : Egalité et Fraternité. Ce qui me navre, c'est que souvent, les candidats fonctionnaires des Impôts semblaient faire profil bas, au lieu de revendiquer fièrement leur fonction, qui sert (entre beaucoup d'autres choses)... à payer le Service public de la Radiodiffusion française, donc Louis Bozon !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- Second point. Lorsque l'on a affaire à un &quot;Spécial jeunes&quot;, la question rituelle de Louis Bozon est : &quot;Que voudras-tu faire plus tard ?&quot;. Et cette question n'a qu'une signification : &quot;Quelle profession voudras-tu exercer ?&quot;. Et le jeune, déjà docile - d'autant plus docile qu'il (elle) est souvent &quot;bon élève&quot; - répond docilement (hélas pour lui (elle)...) par un de ces métiers valorisants qui font la fierté de son papa et de sa maman : médecin, ingénieur, avocat, informaticien, etc. Mais aucun d'entre eux ne semble imaginer que l'idéal d'une vie (y compris lorsque son métier dérive d'une vocation) est tout autre. J'attends encore le jeune homme (la jeune fille) dont la réponse serait : &quot;Voyager&quot;, ou &quot;Ecrire&quot; (pas être écrivain, ou chroniqueur, ou romancier, ou journaliste, non, simplement, &quot;écrire&quot;), ou &quot;Tomber amoureux aux solstices&quot;, ou &quot;Fomenter la révolution&quot;, ou &quot;Etre thaumaturge&quot;, ou &quot;Voler dans les airs comme un condor&quot;, ou &quot;Tailler mes volubilis&quot;, ou &quot;Faire la sieste&quot;, ou bien &quot;Rien&quot;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Pourquoi les aspirations de l'individu sont-elles ainsi mesquinement réduites à leur seul aspect économique ? Pourquoi les adultes ne savent-ils souvent dire à un enfant que : &quot;Et à l'école, ça marche bien ?&quot; au lieu de : &quot;Et ton (ta) meilleur(e) copain (copine), comment il (elle) s'appelle ?&quot;, ou bien : &quot;Et ton prénom, il est de quelle couleur ?&quot;, ou bien &quot;Tu aimes le chocolat ?&quot;, ou bien &quot;Tu aimerais être ton chat ?&quot;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;2. Au journal de 13 h de France 2. Un sujet était consacré aux radars sur les routes. Après le couplet obligé sur leur utilité (ils ont fait diminuer le nombre de morts), revenait la question de leur emplacement (ils ne sont jamais mis où il le faudrait), et, rituellement, la sempiternelle accusation de &quot;machines-à-plumer-les-automobilistes-pour-le-compte-de-l'Etat&quot;. Outre que l'accusation est infondée (le coût des accidents, décès, handicapés à vie est considérablement supérieur), la remarque n'est pas innocente : les refus les plus butés, les plus obstinés, les plus acharnés contre les limitations de vitesse émanent, de manière écrasante, des milieux de droite et ultra-libéraux. Ils en émanent pour le symbole (parce que la vitesse est un marqueur social), ils en émanent par idéologie (le choix de sa vitesse n'appartient qu'à l'individu), ils en émanent par psychologie (la limitation apparaît, comme le disent les chercheurs de l'INRETS, comme un impôt sur le véhicule rapide). Enfin, la boucle est bouclée lorsqu'on peut présenter les radars comme des machines de la &quot;spoliation fiscale&quot; (les auteurs ultra-libéraux sont intarissables sur ce sujet). Le point est inquiétant en ce qu'une partie non négligeable de la population - celle, en particulier, des &quot;faiseurs d'opinion&quot;  - refuse d'admettre une vérité qui n'est pourtant plus à démontrer (la vitesse est, de loin, la première cause des accidents). Et que les médias relaient complaisamment cette opinion.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, compléments et critiques.&lt;br /&gt;Bien à vous&lt;br /&gt;Philippe Arnaud
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/01/18/mardi-17-janvier.html</guid>
<title>17 janvier 2006</title>
<link>http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/01/18/mardi-17-janvier.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>TV + Radio</category>
<pubDate>Tue, 17 Jan 2006 19:50:00 +0100</pubDate>
<description>
Chers tous,&lt;br /&gt;Hier, les médias, notamment France Inter, France Info, France 2 et France 3, ont consacré de larges extraits de leurs journaux à l'élection de Michèle Bachelet à la présidence de la République du Chili. Le ton général était à l'enthousiasme, notamment pour trois raisons :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;1. La promotion internationale des femmes : une femme a également été élue présidente du Libéria (pour la première fois en Afrique) et une autre femme a de bonnes chances d'être réélue présidente de la Finlande. Partout les femmes progressent !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;2. L'avancée de la gauche en Amérique latine : cette élection est une nouvelle victoire de la gauche latina, après celles qu'elle a remportées au Venezuela, au Brésil, en Bolivie, en Argentine, en Uruguay, etc.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;3. Le changement au Chili : cette femme est la fille d'un général torturé et tué sous la dictature de Pinochet. Dans un pays machiste, elle vit sans mari ou sans compagnon (à domicile), elle élève seule ses enfants, elle travaille. Enfin, dans un pays catholique, elle se déclare agnostique. Message subliminal adressé aux auditeurs ou téléspectateurs : le Chili tourne la page, c'en est fini du méchant Pinochet...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Ce concert de louanges (comme disent les journalistes fatigués) est trop beau pour qu'on ne prenne pas plaisir à le saboter.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;1. La promotion des femmes. L'insistance mise sur ce point rappelle les incantations des &quot;ravis&quot; du Oui au référendum de l'an dernier, qui (comme aurait dit Mongénéral), sautaient comme des cabris en scandant : &quot;L'Europe ! L'Europe ! L'Europe!&quot;... et en passant son contenu social par profit et pertes. Ici, depuis les dernières élections en Allemagne, ce refrain est devenu : &quot;C'est une femme ! C'est une femme ! C'est une femme !&quot;. Dans certains cerveaux, le concept du &quot;féminin&quot; a tout métastasé   Or ce concept sert souvent à masquer certains renoncements (et, corrélativement, à légitimer certaines acceptations) :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- D'abord parce qu'une femme peut porter les pires idées. Au Royaume-Uni, il y a eu Margaret Thatcher, en Allemagne Angela Merkel, en France Laurence Parisot, Marie-France Garaud, Marie-France Stirbois, Marine Le Pen (ou Cendrine Le Chevallier lorsque son époux était maire de Toulon), et tant d'autres...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- Ensuite parce que la promotion &quot;d'une&quot; femme n'est pas synonyme de la promotion de &quot;toutes&quot; les femmes. Le Pakistan, l'Inde, le Bengladesh, la Turquie ont eu des femmes Premières ministres. Ce n'est pas pour autant que la situation de leur sexe, dans leurs pays respectifs, se soit améliorée spectaculairement... L'insistance mise sur une femme en particulier rappelle la formule par laquelle les racistes croient se dédouaner de leurs idées : &quot;Moi, je ne suis pas raciste. La preuve ? Mon &quot;meilleur&quot; ami est Noir - ou Arabe, ou Juif, ou Chinois...&quot;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- Enfin, parce que l'opposition hommes/femmes est une de ces oppositions montées en épingle par la presse dominante, du genre retraités/actifs, ou énarques/non-énarques ou citadins/campagnards ou parisiens/provinciaux ou blacks/blancs, ou beurs/blacks, ou toute cette segmentation fantaisiste en classes d'âges : les &quot;quadras&quot;, les &quot;quinquas&quot;, les &quot;sexas&quot; (chaque fois distingués du reste de la population), etc. et qui ne visent à rien moins qu'à écarter, à éliminer ou à nier la seule opposition qui vaille : celle des inégalités sociales, quels que soient les critères invoqués pour justifier celles-ci. Lorsqu'un noir américain est jugé aux Etats-Unis, il n'est pas jugé seulement comme noir, il est aussi jugé comme noir ET comme pauvre (s'il est riche et célèbre, il trouve un avocat-vedette qui le tire d'affaire). Le scandale que les femmes (en France et dans le monde) constituent la majorité de la population pauvre, inéduquée et surexploitée, ne tient pas, au premier chef, au fait que ce soient des femmes, mais à celui que, selon un critère arbitraire (en l'occurrence le sexe), elles sont des êtres humains discriminés par rapport à d'autres. On n'a pas à privilégier &quot;un&quot; type particulier de discriminés (comme les dames patronnesses privilégient &quot;leurs&quot; pauvres) mais à être sensibles à toutes les injustices.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;2. L'avancée de la gauche en Amérique latine. Il y avait une espèce de satisfaction discrète, chez les commentateurs, à voir - enfin ! - arriver une représentante &quot;présentable&quot; de la gauche en Amérique latine, après les exemples déplorables des présidents du Venezuela et de la Bolivie. D'abord, contrairement à Chavez ou Morales, cette femme est &quot;blanche&quot; (avec, de surcroît, un nom - et même un prénom - sonnant bien français). Ensuite, contrairement à Evo Morales, qui ose se présenter sans cravate chez Chirac, c'est une femme qui porte de jolis tailleurs. [Qui rappellent d'ailleurs ceux d'Angela Merkel, dont elle reproduit globalement l'allure : même cheveux courts, même silhouette, même démarche dynamique, même regard volontaire rivé sur la ligne bleue des cours de Bourse. Et même vie &quot;sans homme&quot; - au moins à la maison - dans un pays religieux]. Cette femme, pour reprendre l'ineffable adjectif - ou abjectif ? - des journalistes dominants, est de la gauche &quot;pragmatique&quot;  (celle qui se distingue de la droite dure en accordant deux pièces jaunes aux pauvres - voire deux et demi - au lieu d'une). C'est ainsi qu'en Amérique latine la gauche se modernise : il y a quarante ans, lorsqu'elle triomphait, elle avait la visite de Che Guevara, aujourd'hui, celle de Ségolène Royal.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;3. Le changement au Chili. Les journalistes sont visiblement émus à l'idée que la démocratie règne au Chili, que la police et l'armée ont remisé leurs baignoires, gégènes et autres ustensiles. Certes, les traitements infligés aux militants de gauche par les sbires de Pinochet ont été abominables, mais l'essentiel n'était pas là. Le coup d'Etat du 11 septembre 1973 ne fut pas organisé, au premier chef, pour faire souffrir des militants de gauche (même si les tortionnaires ont pu y prendre du plaisir), mais pour empêcher l'Unité Populaire de redistribuer les richesses et d'attenter au pouvoir des multinationales. Or, ce résultat a été atteint et consolidé : aujourd'hui, le Chili vit sous un régime ultralibéral et personne ne le remet en cause ! Il n'est que d'entendre les termes dans lesquels est décrit le Chili : il vit bien, il est prospère, grâce à des socialistes pragmatiques comme Ricardo Lagos, qui tiennent à conserver leurs bonnes relations avec Washington. Peu importe donc, aujourd'hui, au Chili, qu'on baptise des avenues du nom de Salvador Allende, ou qu'on dresse sa statue à tous les carrefours. Les Américains, le FMI, la Banque mondiale, les classes dominantes chiliennes sont capables de supporter ces agaceries pourvu qu'on ne touche pas aux choses sérieuses : les fonds de pension, les prérogatives des multinationales, les privilèges du patronat, les traités de commerce inégaux avec les Etats-Unis. Le coup d'Etat d'Augusto Pinochet a fait reculer les classes populaires chiliennes de 100 kilomètres. Avec Ricardo Lagos (l'actuel président &quot;socialiste&quot;), elles ont regagné 200 mètres. Avec Michèle Bachelet, elles sont arrivées au kilomètre.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Point important. Les observations ci-dessus ne constituent pas un procès d'intention envers Michèle Bachelet. D'abord parce que son accession à la présidence est accompagnée de progrès réels : Maurice Lemoine (nouveau rédacteur en chef du Diplo), invité hier au journal de la nuit de France 3, rappelait que, désormais, les membres des forces armées ne seront plus sénateurs de droit (ce qui les amenait à bloquer toutes les lois qu'ils jugeaient dangereuses pour eux). Il est possible aussi que Michèle Bachelet entame, avec patience et ténacité, un rééquilibrage de longue haleine - et durable - des conditions sociales, à l'exemple de ce qui a existé dans les pays scandinaves. Les observations ne portent que sur les conceptions que les journalistes se font d'une &quot;bonne&quot; gauche, d'une gauche &quot;réaliste&quot;, d'une gauche &quot;responsable&quot; et &quot;pragmatique&quot;, d'une gauche qui plaît à Jean-Marc Sylvestre, d'une gauche à l'image du couteau de Lichtenberg : sans lame et dépourvu de manche.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, rectifications, compléments et critiques.&lt;br /&gt;Bien à vous&lt;br /&gt;Philippe Arnaud&lt;br /&gt;AMD 37
</description>
</item>
</channel>
</rss>