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<title>Surveillance Des Médias - tv</title>
<description>Votre espace critique des médias français</description>
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<title>24 octobre 2007</title>
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<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>TV</category>
<pubDate>Wed, 24 Oct 2007 17:35:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Chers tous,&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; Je reprends - après un long silence...- les remarques sur les médias.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; Les observations de ce jour portent sur le journal de 13 h de France 2, présenté par Françoise Laborde.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 1. Le journal débute un peu avant 13 h, à 12 h 59 mn 14 s et se termine à 13 h 46 mn. Il dure donc 47 minutes et comprend 22 sujets. Un mot sur ce décompte : j'inclus la présentation du sommaire (de 57 secondes) comme un sujet à lui seul, puisqu'il donne la tonalité du journal, l'ordre et la hiérarchie des informations et peut inciter à rester sur la chaîne ou à zapper sur TF1. En fait, il y a un peu plus que 22 sujets, en ce que certaines informations sont données par bribes, à la suite d'un sujet principal, sans faire l'objet d'un titre introductif.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; 2. Qu'est-ce qui frappe d'abord l'observateur des médias (comme dans toute observation) ? C'est le journal &quot;en creux&quot;, c'est-à-dire le journal qui aurait pu (ou dû ?) être fait et qui ne l'a pas été. Par&lt;br /&gt; exemple ? Par exemple, la pauvreté insigne des informations de politique extérieure. Or, celle-ci, actuellement, ne manque pas de sujets, ne seraient-ce que toutes les guerres ou tous les conflits au sein du monde musulman, de Gaza au Pakistan. Puis tout ce qui regarde la Russie - acteur incontournable pour l'énergie, la politique en Extrême-Orient, en Europe et au Proche-Orient. De façon générale, le journal de Françoise Laborde est plus que pauvre (et c'est un euphémisme !) sur la politique extérieure. Celle-ci se résume, pour ce journal, à la visite de Nicolas Sarkozy au Maroc (20 secondes...). Par ailleurs, on manque cruellement d'informations sur les deux énormes scandales d'argent de ces dernières semaines : l'enrichissement des patrons d'EADS (Arnaud Lagardère) et la&lt;br /&gt; caisse noire de l'UIMM (branche du Medef) gérée par Denis Gautier-Sauvagnac. Alors que la moindre fraude à la Sécu ou au RMI est étalée dans tous les sens...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; 3. Je reviens sur les observations (et il faut sans cesse y revenir) que Pierre Goubert faisait, il y a 40 ans, sur la mentalité d'Ancien Régime. Qu'est-ce qui caractérisait les nouvelles des (rares) gazettes ? Le merveilleux (aujourd'hui transporté dans la technologie), l'horrible (crimes, accidents, guerres, pestes, famines, ces dernières, aujourd'hui délocalisées dans le tiers monde), l'admiration pour les grands (rois, présidents, ministres, vedettes, sportifs), le rêve et le miraculeux (transportés dans la consommation et le Loto), la distraction (sport, spectacle, consommation). La thèse de Goubert était qu'entre le XVIIIe siècle et aujourd'hui la société a formidablement changé par les sciences et les technologies, mais que la mentalité est restée exactement la même..&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; 4. Le journal ne fait pas exception : d'un bout à l'autre, c'est l'information d'un journal de la PQR (Presse Quotidienne Régionale) élargie aux dimensions de la France, voire de la planète. Ou, à&lt;br /&gt; l'inverse, les informations de la planète, calibrées au niveau des informations locales. Et, de fait, par quoi commence-t-on, durant 6 minutes, c'est-à-dire 13 % du temps du journal ? Par deux malheurs, deux catastrophes : la mort d'un enfant de 18 mois, déchiqueté par un molosse, et les incendies de Californie. En fait, ces 6 minutes sont plus que 6 minutes : le temps n'est pas égal tout au long du journal. Le début colore tout le reste.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; 5. La famille de l'enfant victime du chien habite Bobigny, en Seine-Saint-Denis, et il s'agit d'une famille noire. Ces deux faits ne sont pas anodins. Bobigny est en Seine-Saint-Denis, qui n'est pas un département choisi par les riches... On retrouve là les présentations des malheurs : ils n'arrivent que dans le tiers monde. Or, qu'est-ce qu'une famille noire habitant en Seine-Saint-Denis, sinon le tiers monde à domicile ? [L'assimilation presque totale entre tiers monde, misère et catastrophes n'est pas non plus innocente : elle instille l'idée que, comme il n'arrive que des malheurs dans le tiers monde, il est inutile de l'aider puisqu'il ne s'en sortira pas. En outre, se glisse la suggestion subliminale que (comme on l'insinue parfois pour les femmes violées), ce malheur, le tiers monde en est quelque part responsable...]. Enfin, la douleur des parents de la victime est spectaculaire : ils se traînent par terre, hurlent, gémissent... Mais là aussi, cette présentation est équivoque : le spectateur français &quot;de souche&quot; est amené à penser : &quot;quand même, ils manquent de tenue ! Moi, je serais plus discret ! On a beau dire, ce sont quand même des sauvages...&quot;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; 6. A peine avalées les informations sur l'enfant victime, viennent les incendies de Californie. Là aussi, en creux, on ne peut que constater la superficialité des informations. A voir les images, on a l'impression que la Californie est en feu. Or, le pays couvre 410 000 km2, 50 000 de plus que l'Allemagne... Où sont localisés les incendies ? On dit qu'un demi-million de personnes ont été évacuées (la présentation du chiffre est significative : un demi-million, c'est plus que 500 000, parce que, dans l'énoncé, l'esprit a retenu le mot &quot;million&quot; et non &quot;mille&quot;...).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Mais qu'est-ce que cela représente pour une superficie des trois quarts de la France ? Et une population de 39 millions d'habitants ? Remarque importante : absolument rien n'est dit des causes de ces incendies : plan d'occupation des sols, gestion des terrains incultes, urbanisation, routes, gestion de l'eau, etc. Tout est fait pour donner l'idée de fatalité, comme celle d'une catastrophe provoquée par un séisme ou un astéroïde. Là où l'information est recalibrée, rapetissée au niveau&lt;br /&gt; d'une info locale, c'est lorsqu'on voit une victime s'attendrir sur son chat... On se dit : les Américains ont des chats, comme nous, ce sont donc aussi des êtres humains...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; 7. Les deux sujets qui suivent sont : &quot;Fin de la grève à la SNCF&quot; et &quot;Grève à Air France&quot;. Ils ne sont pas placés là fortuitement : ils sont placés, à la suite des catastrophes, pour apparaître aussi comme des catastrophes... Et, pour le cas où on ne comprendrait pas, Françoise Laborde ajoute, à propos de la grève d'Air France : &quot;Les hôtesses et stwarts d'Air France ont déposé un préavis de grève du 25 au 29 octobre, c'est-à-dire au moment des départ en vacances de la Toussaint, où beaucoup d'enfants prennent l'avion seuls...&quot; Cette dernière notation est destinée à &quot;boucler&quot; sur l'information initiale de l'enfant tué par un chien, c'est-à-dire à renforcer l'indignation envers les personnels d'Air France par l'émotion encore toute fraîche du drame de Bobigny.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; 8. Dans la visite de Nicolas Sarkozy au Maroc, juste à la fin la caméra filme une réception dans un palais (ou un palace) marocain, et qui voit-on, en robe longue de soirée se pressant parmi les invités ? Laurence Parisot, présidente du Medef...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; 9. Sujet du Salon de l'auto de Tokyo, vers 13 h 16 : présentation de voitures écologiques, fonctionnant à l'électricité, aux carrosseries molles, de voitures gigognes, ou pivotant à 360°. Qu'est-ce qui est suggéré à travers cette présentation ? Que les problèmes liés à l'automobile, seront résolus... par l'automobile ! Que, pour répondre aux inconvénients suscités par la technologie... il faut plus de technologie ! Tout changer pour que rien ne change : ne surtout pas toucher à la sacro-sainte bagnole...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 10. A 13 h 17, un sujet sur Xavier Darcos, qui &quot;part en guerre&quot; contre les cartables trop lourds. La métaphore &quot;part en guerre&quot; n'est pas innocente. Quand on part en guerre, c'est contre un ennemi, contre une menace grave (et on sait gré à celui qui part en guerre pour nous, car il nous protège...). Certes, la question des cartables trop lourds est importante mais, sur le total des problèmes scolaires, cela n'est guère qu'un point anecdotique...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; 11. Sujet de 13 h 21 : la question de la grève des internes et de l'installation des médecins en zone rurale. Le médecin présenté est installé en Ille-et-Vilaine. Et le reportage commence ainsi : &quot;35 heures de travail en une demi-semaine, la formule est chère au docteur Rouillier...&quot;. Qu'est-ce qui est dit à travers cette remarque ? D'abord une attaque contre les 35 h : si quelqu'un travaille 70 h, alors, les salariés (et les syndicats) sont de fieffés paresseux ! Ensuite, une préparation à la justification des médecins à rechigner à s'installer à la campagne : à des gens qui se donnent autant, on ne mégote pas le droit à l'installation... [Je signale, à l'attention des lecteurs&lt;br /&gt; médecins, que ces remarques ne sont pas dirigées contre eux mais contre l'instrumentalisation dont ils sont l'objet].&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; 12. Puis deux sujets de faits divers : un crime à Paris, et un procès, au Portugal, contre un couple français, accusé d'avoir assassiné un propriétaire de bateau. Avec, là aussi, tout les ingrédients du sordide un peu vicieux : des déclarations louches du couple, ne correspondant pas aux faits, et surtout, la nature de ce couple, un homme et une femme liés par le sang (ils sont demi frère et soeur). Ce qui, par là même, met en branle l'imagination du téléspectateur en lui faisant franchir la&lt;br /&gt; barre du tabou de l'inceste : &quot;si ça se trouve, ils couchaient ensemble...&quot;. Il ne manque même pas, pour ajouter au misérable, la mère des accusés, qui &quot;enfonce&quot; son fils en le présentant comme violent...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 13. Sujet de 13 h 29 : en Alsace, la régularisation d'un Sénégalais, menacé d'expulsion. En sa faveur, ses patrons se sont mobilisés, ainsi que des élus locaux et - miracle ! - &quot;la préfecture du Bas-Rhin a décidé d'appliquer, de façon anticipée, une disposition de la nouvelle loi Hortefeux sur l'immigration. Il sera régularisé, puisqu'il s'est particulièrement bien intégré dans son travail et dans un secteur, la restauration, où la main d'oeuvre fait défaut&quot;. Que tirer de ce reportage dégoulinant de bons sentiments ? La sempiternelle rengaine de la droite : &quot;quand on veut, on peut&quot;, &quot;la loi Hortefeux n'est pas contre les immigrés mais contre les parasites&quot;, bref une variation sur le &quot;bon&quot;&lt;br /&gt; et le &quot;mauvais&quot; pauvre, entre le méritant et le paresseux, entre l'élu et le réprouvé...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;14. Les derniers sujets, de 13 h 29 à 13 h 46, sont : le feuilleton de la semaine (reportage sur 5 jours, traitant du même sujet, ici la vie de bateliers sur la Seine), deux sujets (brefs) de sport, un sujet de&lt;br /&gt; cinéma et l'invitée des 5 dernières minutes, la pianiste Hélène Grimaud (en fait, le sujet dure dans les 9 minutes), soit, durant plus du tiers du journal, du divertissement... En résumé donc, crimes, catastrophes, feuilleton, vedettes : des nouvelles répondant à une structure mentale, à des préoccupations, des croyances, des préjugés vieux de plus de deux siècles...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Et, comme à l'habitude, je suis à l'écoute de vos remarques...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Bien à vous&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Philippe Arnaud, correspondant AMD 37&lt;/p&gt;
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<title>10 septembre 2007</title>
<link>http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2007/10/26/10-septembre-2007.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>TV</category>
<pubDate>Mon, 10 Sep 2007 17:25:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Chers tous,&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;J'ai regardé ce jour le journal télévisé de France 2 à 13 h. Voici ce&lt;br /&gt; que j'ai noté.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;1. A Béthune, un enfant de 6 ans a été tué lors d'un rallye automobile par une voiture sortie de piste.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;On aurait décélé des traces de cannabis dans l'urine du pilote responsable de l'accident. Cette insistance sur la faute du pilote me semble être du même ordre que celle des autorités grecques imputant à des incendiaires les ravages du Péloponnèse, c'est-à-dire se focalisant sur une cause seconde aux dépens des causes premières. Dans le cas des incendies de la Grèce, les causes premières en étaient la gestion (ou la non-gestion) de l'occupation des sols grecs (en amont) et l'incurie des autorités à faire face à la catastrophe (en aval). Dans le cas de l'accident de Béthune, les causes premières sont : la place d'un enfant de 6 ans est-elle à quelques décimètres d'un bolide ? Ou bien : lorsque, dans le même journal, on présente un reportage sur le ferroutage qui évite la pollution, les encombrements et les accidents, n'y a-t-il pas inconséquence à faire l'apologie de courses automobiles ? Ou bien : dans la perspective d'une pénurie de pétrole, n'est-il pas léger de continuer à se pâmer devant des spectacles aussi dispendieux ? Ou bien : quand le gouvernement prend des mesures (très bien venues, très efficaces) contre la vitesse, n'est-il pas contradictoire de promouvoir des valeurs exactement inverses ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;2. Réforme du régime des retraites. Il est question, évidemment, de la remise en cause d'un certain nombre de régimes spéciaux de retraites, parmi lesquels les plus connus sont ceux de la SNCF ou de l'EDF, etc.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Cette question des retraites en général (et des régimes spéciaux en particulier) a une forte charge idéologique. La droite et la gauche s'y affrontent depuis le début des luttes sociales (au XIXe siècle) et c'est là-dessus qu'ont eu lieu les mobilisations sociales les plus importantes (par exemple en 2003), ou les lois les plus contraires (1981, 1993, 2003). Le sujet n'est donc pas neutre ! Or, la présentation débute ainsi : on voit des bateaux et on entend la voix du présentateur : &quot;Le point commun entre un marin-pêcheur et un député...&quot; et, à ce moment-là l'écran se sépare en deux dans le sens de la hauteur et, à gauche, on continue à voir des bateaux et, à droite, une vue de l'Assemblée nationale (censée illustrer les députés). Or, la caméra zoome sur les visages de François Hollande et Jean-Marc Ayrault, députés socialistes. Pourquoi &quot;eux&quot;... comme par hasard ? Est-ce que des députés de droite, comme Patrick Devedjian, Hervé Novelli ou Hervé Mariton, ultralibéraux patentés, ne profitent pas, eux aussi, des mêmes avantages qu'ils s'apprêtent à supprimer aux autres ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;3. Troisième reportage, sur le soldat James Fair, de Pennsylvanie, handicapé de retour d'Irak. Ce pauvre soldat est horriblement mutilé : il boite, il a perdu ses deux bras, et il est aveugle : en plus, son visage a été affreusement défiguré. Il ne peut plus vivre seul et est handicapé à 100 %. Sa femme l'a quitté et il n'a plus, pour lui venir en aide, que sa mère et son beau-père (mari de sa mère). Comble de l'ignominie, le reportage précise : &quot;les soldats handicapés ont droit à une prothèse. Pas James Fair, parce qu'il est aveugle&quot;. Comme si l'on ne prenait en compte que la cécité à titre principal et non la perte des bras, considérée à titre secondaire ! [Autrement dit : &quot;Soldat, ici, c'est fromage ou dessert, mais pas les deux...&quot;.] En outre, le reportage évoque des fondations privées prenant en charge les soldats blessés. Pourquoi &quot;privées&quot; ? Pourquoi l'Etat américain, qui envoie ses ressortissants au sacrifice, ne remplit-il pas totalement son contrat avec eux ? Les avions aux prix astronomiques (F-22 Raptor, B-2 Spirit) sont-ils payés par des fondations &quot;privées&quot; ? Ce reportage m'a fait penser à l'admirable film &quot;Johnny s'en va-t-en guerre&quot;, où après la guerre de 14, un soldat ayant perdu les quatre membres, aveugle et sourd, essaie de percevoir le monde extérieur en se remémorant sa vie antérieure. Le contraste entre le calvaire de ce presque enfant et de sa mère, avec la satisfaction obtuse et aveugle de Bush me semble un &quot;remake&quot; du film de Dalton Trumbo (d'ailleurs sorti en 1971, en pleine guerre du Vietnam).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Je vous saurais gré de vos remarques, compléments, précisions et critiques.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Bien à vous&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Philippe Arnaud, correspondant AMD 37&lt;/p&gt;
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<title>11 janvier 2007</title>
<link>http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2007/01/11/11-janvier-2007.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>TV</category>
<pubDate>Thu, 11 Jan 2007 19:10:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Chers tous,&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;J'ai regardé, ce jour, le journal télévisé de 13 h de France 2, présenté par Françoise Laborde. Le séquençage des sujets (que j'ai pris sur le site de la chaîne) était le suivant (les chiffres sont ceux du début du traitement du sujet):&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Les titres de l'actualité : 12 h 59 mn 07 s&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Les deux enfants enlevés dans les Yvelines retrouvés : 13 h 00 mn 23 s&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Les aveux du tueur présumé du pilote de quad : 13 h 05 mn 26 s&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Saint-Sylvestre : 683 voitures brûlées ? : 13&amp;nbsp;h 06 mn 38 s&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Pas-de-Calais : alerte aux vents violents : 13 h 08 mn 27 s&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Manque de neige dans les stations de ski : 13 h 09 mn 56 s&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Gastro-entérites : les urgentistes débordés : 13 h 11 mn 30 s&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Les voeux de Jacques Chirac à la presse : 13 h 13 mn 39 s&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Retraite : il faudra travailler plus longtemps ? : 13 h 15 mn 42 s&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;François Hollande s'exprime sur les impôts : 13 h 21 mn 05 s&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Le secteur informatique recrute : 13 h 21 mn 19 s&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;La nouvelle stratégie de George Bush en Irak : 13 h 25 mn 37 s&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Indonésie : des débris du Boeing disparu retrouvés : 13 h 25 mn 43 s&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;La pauvreté au Nicaragua, priorité de Daniel Ortega : 13 h 27 mn 30 s&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;De l'huile de colza dans vos moteurs : 13 h 30 mn 15 s&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Le feuilleton : surendettement et justice : 13 h 32 mn 21 s&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Allemagne : un film parodique sur Hitler : 13 h 37 mn 15 s&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;L'invité des 5 dernières minutes : Catherine Jacob : 13 h 39 mn 10 s.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Remarque n° 1. Il y avait 18 sujets pour à peu près 45 minutes de journal. Je n'ai pas&amp;nbsp;trouvé l'heure de fin mais je m'en tiens à la lettre de l'intitulé du dernier sujet, c'est-à-dire 5 minutes, postulant que le journal s'achevait à 13 h 45.&amp;nbsp;Cela donne une moyenne de 2 mn 30 s&amp;nbsp;pour chaque sujet, avec des disparités, certains sujets étant plus longs que d'autres. Dans un laps de temps aussi court,&amp;nbsp;une variation de 30 secondes, est donc, en valeur relative, considérable.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Remarque n° 2. Sur ces 18 sujets,&amp;nbsp;quatre concernent l'étranger : un&amp;nbsp;la politique irakienne de George Bush, un&amp;nbsp;l'accident d'avion en Indonésie, un&amp;nbsp;la situation sociale au Nicaragua, un&amp;nbsp;une pièce de théâtre à caractère politique en Allemagne. Ces quatre sujets durent au total 6 mn 33 s. En s'en tenant à la moyenne, de quatre fois 2 mn 30 s, on devrait donc avoir des sujets durant au total 10 minutes. Donc, par rapport à la moyenne théorique, ces sujets font 3 mn 27s de moins, soit une diminution de 34,5 % du temps réservé à&amp;nbsp;la politique étrangère par rapport au temps théorique.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Remarque n° 3. Sur ces 4 sujets de l'étranger, deux peuvent se rattacher à la politique internationale proprement dite,&amp;nbsp;ceux qui concernent l'Irak et le Nicaragua. Celui de l'accident d'avion n'est qu'un fait divers se déroulant à l'étranger et celui de la pièce sur Hitler se rattache à la politique par des petits côtés. A la différence de ce que serait, par exemple, une déclaration d'Angela Merkel sur l'Europe, ou sur l'énergie, ou sur les troupes allemandes en Afghanistan, ou sur les investissements allemands en Europe centrale et orientale. Les deux sujets proprement politiques (Bush + Nicaragua) durent au total 2 mn 53 s, dont 2 mn 45 s pour le Nicaragua (mais il doit y avoir une erreur, car cela ne donne que 8 secondes pour Bush et j'ai l'impression que le reportage a été plus long. Je crois qu'il y a eu une erreur avec le sujet sur l'Indonésie et que le sujet sur Bush a duré une minute de plus, ce qui donnerait un total de 3 mn 53 s, ce qui, pour une durée théorique de 5 minutes, donne une diminution de 22,3 % du temps consacré à la &quot;grande&quot; politique étrangère).&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Remarque n° 5. Sur le total des deux, le sujet important (l'Irak) passe - en temps - derrière celui du Nicaragua. En outre, il arrive à 13 h 25, c'est-à-dire à plus de la moitié du journal !&amp;nbsp;On ne peut pas dire que la politique internationale constitue une priorité dans le journal de Françoise Laborde... Cela est d'autant plus surprenant que le fait concerne une décision de la première puissance mondiale sur le point de politique internationale le plus important de cette puissance ! Important dans le sens qu'elle y a perdu plus de 3000 de ses soldats, dépensé 350 milliards de dollars, et qu'elle s'est brouillée avec nombre de ses alliés et s'est aliéné la totalité de l'opinion musulmane. En outre, venant avec les bombardements en Somalie, le lancement d'une opération en Afghanistan et des menaces à l'égard de l'Iran, la décision de George Bush d'expédier 21 000 soldats de plus en Irak marque une hostilité accrue - et active - des Etats-Unis à l'égard du monde musulman. Dans les semaines à venir,&amp;nbsp;cela peut entraîner des conséquences dramatiques et on a, au mieux, une minute et demie de reportage placée presque en fin de journal (si l'on considère que le feuilleton et l'invité des 5 dernières minutes ne sont pas le journal stricto sensu).&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Remarque n° 6. Les trois premiers sujets, qui durent 8 minutes (17,7 % du journal total mais 22, 8 % du journal réel en en excluant le feuilleton et l'invité des 5 dernières minutes) sont tous les trois uniquement consacrés à des crimes, délits et affaires judiciaires). Les informations sur la météorologie (vent et neige) durent 3 mn 03 s. L'accident d'avion en Indonésie (si l'on admet que le sujet sur George Bush se termine à 13 h 26 mn 37 s), dure 20 secondes (c'est à peu près l'impression que j'ai eue). Le sujet sur la gastro-entérite dure 1 mn 34 s. Donc, au total, les crimes, plus la météo, plus l'accident, plus la gastro-entérite&amp;nbsp;représentent 12 mn 57 s, ce qui, pour un journal réel de 35 minutes, couvre&amp;nbsp;plus du&amp;nbsp;tiers du temps.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Remarque n° 6. La mentalité d'Ancien Régime, telle qu'elle a été étudiée notamment par Pierre Goubert et Robert Mandrou, se caractérise, dans les nouvelles, par les grands crimes (ou les grands procès, ce qui revient au même), les dérèglements du temps (auxquels la société de jadis, rurale à 90 % et très sujette aux moindres variations du temps était très sensible) et enfin aux grandes catastrophes de toutes sortes (incendies, épidémies, inondations, tremblements de terre). Ces trois thèmes, il faut le remarquer, entretiennent d'étroits rapports de cohérence. Un crime c'est une catastrophe en petit, une épidémie ou une inondation, c'est un homicide en grand, un dérèglement climatique peut être une catastrophe, il peut donner lieu à des crimes - quand on se choisit des boucs émissaires (juifs, gitans, marginaux, étrangers, asociaux) censés être coupables de phénomènes qu'on en comprend pas. [Les autres caractères de l'Ancien Régime mental, dans les journaux, étaient : le merveilleux, les contes de fées, l'admiration portée aux grands de ce monde ou aux êtres exceptionnels et enfin les fêtes (joyeuse entrées, visite ou avènement d'un souverain, fêtes paroissiales ou patronales, jubilés, victoires, etc.) et l'astrologie].&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Remarque n° 7. Techniquement, notre époque n'a rien à voir avec l'Ancien Régime étudié par Goubert, Mandrou ou Lucien Bély (et qui correspond, en gros, aux règnes de nos cinq derniers rois - avant 1789 - c'est-à-dire aux rois Bourbons). Dans le domaine des &quot;médias&quot;, au lieu des gazettes d'Ancien Régime, à la périodicité très variable, on a la télévision, la radio, l'Internet, le téléphone portable, l'ordinateur. Lorsque l'on fait la multiplication du nombre de récepteurs par celui des émetteurs, par la capacité de traitement, par la vitesse de transmission, par la rapidité de diffusion, par la qualité (c'est-à-dire par l'introduction du son et de l'image et de la manipulation des deux), le facteur multiplicateur, par rapport aux XVIIe et XVIIIe siècles, est tellement grand qu'on ne peut même plus parler de quantité mais de changement d'espèce ou de règne (comme on parle du règne minéral, végétal ou animal). Et pourtant, sur le fond, la&amp;nbsp;teneur du journal de ce jeudi 11 janvier 2007 n'est guère éloignée de celle d'un contemporain de Louis XVI, ce qui, en soi, est porteur d'un projet idéologique.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, rectifications et critiques.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Bien à vous&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 11pt&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Philippe Arnaud, AMD Tours&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>5 octobre 2006</title>
<link>http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/10/05/5-octobre-2006.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>TV</category>
<pubDate>Thu, 05 Oct 2006 19:40:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Chers tous,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;L'objet de ces remarques a été traité plusieurs fois au cours des flashes de la matinée, mais j'aborderai là&amp;nbsp;en premier lieu&amp;nbsp;ce que j'en ai écouté lors du journal télévisé de 13 h de France 2, et, accessoirement, lors du journal de même heure de France Inter.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;A. De quoi s'agit-il ? A 13 h, à l'ouverture du journal, la présentatrice, Elise Lucet, annonce la révélation - par le journal &quot;Aujourd'hui - Le Parisien&quot; - comme&amp;nbsp;on l'apprendra, entre autres, au journal de 13 h de France Inter, d'une fraude de 20 millions d'euros à la Sécurité Sociale. Ce sujet est le premier annoncé, mais pas le premier traité. Le premier sujet est l'annonce d'une découverte, aux Etats-Unis, d'un vaccin contre les allergies. Ce sujet dure 4 à 5 minutes.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;B. Une fois ce sujet traité, Elise Lucet en arrive au sujet de la fraude. Ne disposant pas de magnétoscope, j'ai dû noter par écrit les propos des journalistes. Pour être rigoureux, je&amp;nbsp;présenterai les propos ainsi : entre deux guillemets - l'un&amp;nbsp;au début, l'autre&amp;nbsp;à la&amp;nbsp;fin -&amp;nbsp;ce que j'ai entendu effectivement et, entre crochets,&amp;nbsp;la &quot;matière interstitielle&quot; que j'ai tenté de restituer de mémoire. Voici :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;- &quot;En France, [vient d'être découverte] une énorme fraude à la Sécurité sociale. [Des médicaments] partaient sous forme de colis en Europe de l'Est, en Afrique et en Asie du Sud-Est. L'opération [a été] répétée des centaines de fois. [C'est une] escroquerie à très grande échelle [et] un trafic ans précédent. [Le] préjudice total pourrait atteindre une vingtaine de millions d'euros. Les médecins ont-ils été abusés ou ont-ils été complices ?&quot;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;La fraude portait essentiellement sur trois médicaments et la Sécurité Sociale s'en est rendu compte en rapprochant les maladies et les médicaments prescrits. Un autre moyen de déceler la fraude a été (entendu au journal de France Inter de 19 h) que certains médicaments étaient incompatibles entre eux, ce qui semblait disculper les médecins. Il semblerait aussi (entendu au même journal) que les feuilles d'ordonnance aient été volées chez les médecins. Le conseil de l'ordre parle de sanctions, voire de radiations. Comme le nombre des uns - les médicaments - ne correspondait pas&amp;nbsp;à celui des&amp;nbsp;autres - les maladies diagnostiquées -&amp;nbsp;la Sécu&amp;nbsp;a pu détecter le pot aux roses. A mes souvenirs, il y a eu des interviews de médecins et de responsables de Caisses d'assurance maladie. [Le sujet a aussi été traité aux journaux de France 2 de 20 h et de France 3 de 23 h. Les trois médicaments les plus &quot;fraudés&quot; étaient le Glamoxil, le Lexomil et le Cytotec, l'un des trois pouvant servir d'abortif. Le dernier journal fait aussi une certaine machine arrière : pour lui, si la limite supérieure pourrait être de 20 millions d'euros, il envisage aussi une limite inférieure de 12 millions d'euros].&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;C. Ce sujet a été suivi par un autre sur les réfugiés de Cachan. J'y reviendrai.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;1. Première observation : en quoi ce sujet doit-il nous amener à dresser l'oreille ? En ceci : c'est qu'il suit, à peine à 24 h d'intervalle, un sujet qui portait, hier, sur un abus de droit aux allocations chômage et autres secours. [Pour ceux qui n'auraient pas lu mon précédent message, il s'agissait d'un chômeur de Roanne, qui non seulement avouait n'avoir travaillé que 4 ans en 25 ans, mais qui, en plus, reconnaissait qu'il profitait avec science de toutes les dispositions légales pour grappiller&amp;nbsp;chaque subvention imaginable, qu'il était propriétaire de son studio (!) et, cerise sur le gâteau, qu'il avait écrit un livre pour se vanter de ses &quot;exploits&quot;].&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;2. J'avais relevé l'affaire en la dénonçant comme une manoeuvre idéologique visant à&amp;nbsp;faire penser à la population&amp;nbsp;que tous les chômeurs étaient des tricheurs (à partir de la généralisation d'un cas exceptionnel), et que cette manoeuvre avait été précédée par la dénonciation d'autres abus commis au détriment de la branche Famille de la Sécurité Sociale, les journalistes ayant déniché - ici et là - le cas de Sénégalais ou de Maliens,&amp;nbsp;censés toucher&amp;nbsp;des allocations somptueuses pour leurs 8 femmes et leurs 50 enfants. Ici, on avait donc la troisième branche, la branche Santé. Ainsi, après les branches Famille et Chômage, on a une fraude à la troisième Branche : la branche Maladie.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;3. La critique des médias n'a pas seulement à porter sur le fond des sujets, mais aussi sur leur proximité ou leur succession. Après l'annonce de fraudes au détriment de la branche Famille, suit - hier - l'annonce d'une fraude à la branche Chômage, et, aujourd'hui, l'annonce d'une fraude à la branche Santé. L'idée sous-jacente, à partir de ces exemples, n'est pas de dénoncer &quot;un&quot; scandale mais, en suggérant que le cas est général, de &quot;jeter le bébé avec l'eau du bain&quot;. Le présupposé idéologique est celui-ci : &quot;Comme la Sécurité Sociale est publique, personne ne s'estime responsable, donc la gestion publique, c'est la gabegie. Seule la gestion privée, où les gens gèrent leurs propres biens, peut être rigoureuse. Eliminons donc la Sécurité Sociale&amp;nbsp;et remplaçons-la&amp;nbsp;par des assurances&amp;nbsp;privées&quot;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;4. Deuxième observation. J'ai parlé de proximité (celle du sujet d'aujourd'hui avec le sujet d'hier). Mais il est une autre proximité à l'intérieur même du journal. En effet, l'ordre de&amp;nbsp;succession des sujets apporte&amp;nbsp;un autre&amp;nbsp;sens au sujet traité. L'affaire étant moins évidente, j'en resterai au stade des hypothèses.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;- Le sujet précédent (qui n'avait pas été mentionné initialement) était l'annonce d'un traitement - apparemment efficace - contre l'allergie, inventé aux Etats-Unis. Quel rapport y vois-je avec le sujet sur la fraude ? Celui-ci : l'idée suggérée&amp;nbsp;est que la fraude détourne de l'argent, et qu'elle pourrait, par exemple,&amp;nbsp;empêcher de&amp;nbsp;traiter des gens qui souffrent effectivement d'une affection parfois grave (en l'occurrence l'allergie). Au passage, une autre idée passe : les Etats-Unis sont peut-être le pays dans assurances privées, mais, eux, ils trouvent des traitements qui marchent...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;- Le sujet qui suivait était l'annonce de la découverte d'une solution pour les sans-papiers de Cachan (qui sont à peu près tous originaires d'Afrique). Or, précédemment, on avait évoqué que la fraude partait, en particulier, vers l'Afrique. La succession des deux sujets peut amener, chez certains esprits, à établir le court-circuit suivant : ces Africains &quot;nous&quot; volent et, maintenant, on cède à tous leurs caprices ! J'ajoute que les Européens de l'Est, les Africains et les habitants de l'Asie du Sud-Est sont, en général, pauvres, et que l'idée suggérée est&amp;nbsp;: les pauvres nous pillent, les pauvres nous dépouillent ! Cette idée rejoint la peur des classes bourgeoises à l'égard des gueux, du Moyen Age à la Grande Peur de 1789 et des classes dangereuses de la Monarchie de Juillet à la peur des Communards de 1871.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;5. Troisième observation. Il est à noter que, lorsqu'on parle de fraudes, ou de déficits - thématique familière à l'idéologie libérale et, plus généralement, à l'opinion de droite - il est toujours fait mention de chiffres en valeur absolue (tant de millions, tant de milliards), mais jamais en valeur relative. Or, &quot;l'homme étant la mesure de toutes choses&quot;, chacun compare ces milliards (ou même simplement ces millions) - avec ses moyens (en général de quelques milliers d'euros) et ne peut s'empêcher d'avoir un sentiment d'énormité : c'est précisément ce sentiment d'énormité qui est recherché.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;6. A côté de la critique par proximité (étudier les informations d'après leur proximité ou leur succession), on peut faire une critique par absence (étudier les informations par ce qui n'est pas dit, par ce qui n'est pas traité, par les mots qui ne sont pas employés, par&amp;nbsp;les thèmes qui sont tus, par&amp;nbsp;les rapprochements qui sont occultés). Et, ici, on pourrait évoquer plusieurs absences :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;- Une absence de forme dans les chiffres : souvent, la présentation &amp;nbsp;néo-libérale&amp;nbsp;des comptes est en valeur absolue et non en valeur relative (rapport ou pourcentage). Que représentent 20 millions par rapport au budget général de la Sécurité Sociale ? Je m'étais laissé dire que le budget de la Sécurité Sociale, de l'ordre de grandeur de celui de l'Etat, se mesurait avec&amp;nbsp;le module (en francs)&amp;nbsp;du millier de milliards de francs. A supposer donc que l'on en soit seulement&amp;nbsp;à un millier de milliards de francs, cela donnerait 150 milliards d'euros. Rapporté à un salaire de 1500&amp;nbsp;euros, le rapport entre les deux représenterait une somme de... 20 centimes.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;- Une absence de comparaison avec d'autres sources de déficit. En 2003, le Canard enchaîné énumérait les sommes dues - et non payées - par l'Etat à la Sécurité Sociale : 3,3 milliards de taxes sur les alcools, 7,8 milliards de taxes sur les tabacs, 1,2 milliards de taxe sur les primes d'assurance auto, 1,2 milliards de taxe sur les industries polluantes, 2,3 milliards d'allègement sur les cotisations sociales, 2 milliards de TVA payée par les hôpitaux, à quoi il fallait ajouter de 3 à 4 milliards versés par le régime général aux caisses déficitaires des avocats, notaires, dentistes, exploitants forestiers, etc. Soit entre 20,8 et 21,8 milliards d'euros, c'est-à-dire, au bas mot, 1000 fois le montant de la fraude...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;- Une absence de comparaison au niveau international. La France consacre&amp;nbsp; dans les 9 % de son P.I.B. à ses dépenses de santé, les Etats-Unis 14 %. Mais près de 45 millions d'Américains (sur environ 300&amp;nbsp; millions) ne bénéficient pas de couverture santé et leur espérance de vie est inférieure de 3 ans à celle des Français.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;- Une absence de comparaison avec les autres acteurs collaborant à l'équilibre de la Sécurité Sociale, par exemple les grands laboratoires pharmaceutiques. On rappellera qu'aux Etats-Unis, par exemple, les médicaments - à l'instar des consultations médicales - sont très chers, beaucoup plus chers qu'au Canada, où le gouvernement encadre les prix. Si bien que certains salariés ou retraités américains affrètent des autocars pour acheter ensemble des médicaments au Canada.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Il y aurait d'autres critiques par absence à faire. Le principe est simple - et peut même apparaître comme un truisme - mais la réalisation est moins aisée. Tout comme, d'ailleurs, la critique par proximité : les rapprochements ne sont limités que par l'imagination ou l'intuition du critique. Je précise bien, toutefois, que ces deux procédés n'épuisent pas&amp;nbsp;toute la gamme des manières d'aborder un sujet. On peut aussi, par exemple, l'aborder par les figures du discours.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, compléments et critiques.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Bien à vous&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;Philippe Arnaud, AMD Tours&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>4 octobre 2006</title>
<link>http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/10/04/4-octobre-2006.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>TV</category>
<pubDate>Wed, 04 Oct 2006 19:40:00 +0200</pubDate>
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&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Chers tous,&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Aujourd'hui, au journal de 20 h de France 2, présenté par David Pujadas, le sujet portait sur un chômeur qui &quot;profitait du système&quot;. Ce sujet a aussi été présenté au journal de France 3 de 23 h, présenté par Marie Drucker. De plus, ce chômeur a écrit un livre, &quot;Moi, Thierry F., chômeur professionnel&quot;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Comme je n'avais pas bien suivi le journal de 20 h, j'ai pris les notes au journal de 23 h. La seule différence tenait aux propos du journaliste présentateur, David Pujadas dans un cas, Marie Drucker dans l'autre, car le document, enregistré par France Télévision, était commun aux deux chaînes. Que peut-on en retenir ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 1. Présentation. La journaliste - et même David Pujadas, selon mes souvenirs - commence par une phrase tirée du livre (ou de l'interview) de l'intéressé : &quot;Je suis un profiteur, pas un fraudeur&quot;. Cette phrase, par laquelle la (le) journaliste emprunte les mots de l'intéressé, est jetée, au vocatif, à la face des millions de téléspectateurs. Même, si, après, le présentateur cite ses sources, l'effet est produit. C'est comme s'il disait : &quot;Bandes d'imbéciles, je vous ai bien eus !&quot;. Le public est cueilli à froid, insulté, souffleté.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 2. Or, l'annonce, l'accroche, le titre d'un article, d'un éditorial, d'un journal (écrit, parlé, télévisé), c'est ce qui constitue l'essentiel, le coeur, presque la quasi totalité du message. Pour pasticher une expression désormais célèbre de Patrick Le Lay, le titre - l'annonce, l'accroche - c'est &quot;95 % de la mémoire de cerveau humain disponible&quot;. Qu'y a-t-il dans le &quot;J'accuse !&quot; de Zola ? Il y a... &quot;J'accuse !&quot;. Le reste est, comme disent les lettrés, de l'explétif (c'est-à-dire du remplissage). Le ton est donné, comme en musique : l'oreille, après, entend tout selon la première note. L'oreille... mais aussi l'esprit.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 3. Le &quot;chômeur profiteur&quot; est présenté anonymement, de dos. On ne voit que sa nuque, ou ses mains ou ses bras. Son nom n'est figuré que par l'initiale de son patronyme. Mais quelle est cette présentation ? C'est celle, non pas de tous les délinquants, mais de ce que j'appellerais les &quot;péri-délinquants&quot; : ceux qui ont été accusés - mais seulement accusés - de quelque chose (pédophilie), ou qui se livrent (ou se sont livrés) à la prostitution - ce qui n'est pas, en soi - et sous certaines conditions - un délit - ou ceux qui ont purgé leur peine (donc à qui on n'a plus rien à reprocher) mais ne veulent pas être reconnus par leur entourage. Cette &quot;péri-délinquance&quot; correspond au sujet (entendu comme personne et non comme thème) : il n'est coupable ni pénalement ni même juridiquement (et c'est bien là le problème), mais il est, assurément, coupable moralement. Il ne fait rien et il s'en vante !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 4. La présentation des faits : ce &quot;chômeur profiteur&quot; avoue n'avoir travaillé que quatre ans sur 25 ans. Tout le reste du temps, il a profité de secours, d'aides, d'allocations, de RMI, de CMU, etc. Mais ces indications d'années, cela ne rappelle-t-il rien ? 25 ans, c'est, en général, la durée moyenne d'une peine d'assises ou, à tout le moins, celle d'une peine incompressible. 4 ans, c'est la durée d'une peine correctionnelle. Dans l'esprit du téléspectateur, il s'établit comme une superposition entre les deux ordres d'idées : comme s'il écoutait, par exemple l'information qui suit. &quot;Le criminel a été condamné à 25 ans de prison par la Cour d'assises. Mais, entre les remises de peine, les grâces présidentielles, les vices de procédure, les appels suspensifs, les confusions de peine, les sorties pour bonne conduite, les pétitions en sa faveur, etc., il n'a, en fait, accompli que 4 ans de prison&quot;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 5. L'identification entre les deux ordres de fait (chômage et délinquance) est à peu près totale dans l'électorat de droite [et, sans doute, assez superposable, aussi, dans celui de gauche]. Cette identification est que le gouvernement - ou la pensée, ou l'idéologie - de gauche est laxiste envers les chômeurs, comme il est laxiste envers les délinquants et les criminels. Dans les deux cas, les &quot;braves gens&quot; pensent : il a commis de mauvaises actions (dans le cas du chômeur profiteur, non au détriment d'une seule victime, mais - pire ! - au détriment de tous, c'est-à-dire de moi) et il ne paye même pas !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 6. Ce chômeur est dit propriétaire de son studio. Certes, un studio, c'est petit mais, pour l'intéressé, cela semble suffisant (apparemment, il n'y a pas trace d'autre présence humaine). La caméra tourne dans le studio : on voit un parquet, des livres et un ordinateur, c'est-à-dire du superflu (entendons du superflu par rapport à des meubles ou des appareils ménagers, et ce superflu est là pour suggérer : s'il a un ordinateur, il doit bien avoir une cuisinière et un frigo !). Et puis, quand même, propriétaire, ce n'est pas rien ! Il n'a plus que les charges à payer. On imagine les sentiments de toutes les familles en location, qui arrivent à la fin du mois sans le sou et écoutent ce reportage...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 7. Ici, joue un autre ressort : un bien immobilier se paye sur une longue durée. 10 ans, 15 ans ou 20 ans. Et vu la modicité des revenus de l'intéressé - dans les 600 euros - on suppose qu'il lui a bien fallu tout ce temps pour devenir propriétaire (car les mensualités de remboursement ne devaient pas être grosses). On éveille par là un autre sentiment chez le téléspectateur : &quot;Mais c'est qu'il a calculé son coup de loin, le salaud ! Mais c'est qu'il l'a prémédité !&quot;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 8. La couverture du livre est montée comme une provocation. D'abord par son titre : Moi, Thierry F., chômeur professionnel, qu'on imagine décliné de toutes sortes de manières (Moi, Thierry F., proxénète heureux, Moi, Thierry F., tueur à gages cool, etc.) et, pour enfoncer le clou, on voit deux pieds nus sur un repose-pieds (tabouret ?), signe de la sieste, du farniente, de la tranquillité béate de vivre.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 9. L'intéressé, interviewé chez lui, se défend d'être un délinquant. Il dit : &quot;Je me glisse dans les failles du système social français. Je ne vole pas, je profite. Tout ce que je touche est légal&quot;. En disant cela, il expose ce qui, en général, horripile la majorité des Français (ou de n'importe qui en général) qui n'est pas familier avec le code de procédure pénale : l'annulation - ou, au contraire, l'acceptation - d'une procédure pour vice de forme. Par exemple le chauffard qui est pris à rouler à 250 km/h mais qui échappe à la sanction parce que le gendarme a mis comme date : &quot;jeudi 4 octobre&quot;, alors que le 4 octobre était un mercredi, ou bien que le radar n'était pas étalonné, ou bien qu'on s'est trompé en retranscrivant son nom, etc. Bref, le Français moyen qui a le sentiment - justifié - qu'en équité, l'individu est effectivement coupable, mais qu'en droit procédural - et la procédure, c'est la lettre du Code et seulement la lettre, si &quot;absurde&quot; qu'elle paraisse - il n'est pas possible de le prendre en défaut. D'où le sentiment d'une impunité révoltante.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 10. Dernier point de présentation de l'intéressé, mais qui est, en fait, le point capital : apparemment, l'intéressé vit seul. Cela lui permet tout un ensemble de stratégies - pour se nourrir, toucher quelques avantages en nature par ci, quelques bons de la mairie par là - qui lui évitent précisément de travailler. En faisant le rapport entre coûts et bénéfices, l'interviewé en a conclu que l'investissement qu'il mettrait à travailler, si cela pouvait lui rapporter au moins le SMIC - c'est-à-dire quelques centaines d'euros de plus, donc un standard de vie plus confortable - ne vaudrait pas la peine qu'il se donnerait pour se lever tôt, se plier à une discipline, rendre des comptes, se fatiguer physiquement et nerveusement, etc. Il s'est habitué à vivre juste assez sobrement - et grappiller, de temps en temps de menus plaisirs - pour se contenter de ses modiques revenus.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 11. Le reportage ne serait pas complet sans un contrepoint : celui qui consiste à nier que la situation soit généralisable. Le micro est tendu à un syndicaliste de l'ANPE, qui conteste énergiquement que ce cas puisse être étendu et que, en tout état de cause, on puisse vivre décemment avec des sommes aussi modiques. Mais cet &quot;équilibre&quot; dans la présentation est un faux équilibre. On sent l'exercice obligé du journaliste qui se dit : &quot;Il faut que je donne la parole aux syndicats, sinon ils vont me tomber sur le dos !&quot;. Tout est donc fait pour minimiser l'impact de cette &quot;interview équilibre&quot;. D'abord, elle a lieu à la fin, alors que l'effet du reportage joue à plein : d'abord le titre, qui produit 95 % de l'impression, puis le reportage en plans divers (rapprochés, moyens, mouvants), qui renforce les 95 % des 5 % restants, alors que le syndicaliste est pris en plan fixe (la caméra ne bouge pas) et en buste. Ce cadrage est destiné, par l'assimilation à un présentateur de télévision qui lit son prompteur, à suggérer l'idée : &quot;Lui, il récite sa leçon&quot;. D'autant plus qu'en voix off, on entend : &quot;Cette affaire met l'ANPE dans l'embarras&quot;, ce qui anéantit tout l'effet - à supposer qu'il y en ait eu un - de l'interview du syndicaliste. Coup de pied de l'âne.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 12. Ce faux contrepoint, ce simulacre d'équilibre ressemble à ces types d'affront où un personnage, après avoir lancé une parole bien blessante à un interlocuteur, module ensuite sa réaction - en feignant de la nier ou de l'atténuer - en fonction des réactions de cet interlocuteur. Par exemple : &quot;Oh, je disais ça comme ça !&quot; [Mais alors, pourquoi le dire ?], ou bien &quot;Ce que j'en disais, c'était pour ton bien !&quot; [Curieusement, les choses faites &quot;pour notre bien&quot; font toujours mal], ou bien &quot;Et alors, si on ne peut plus plaisanter !&quot; [Mais il en est des plaisanteries comme de certaines morsures pour jouer... mais où on plante les dents]. Globalement, cette présentation joue sur le ressort présenté plus haut, qui veut que la première impression soit toujours prégnante : lorsqu'une information fausse est lancée, elle est toujours audible (ou visible - sur deux colonnes, en première page, en gras), mais le démenti est toujours inaudible ou invisible (en petits caractères, en page 8, en bas de colonne). Qui se souvient que les &quot;attaques à l'anthrax&quot; d'Al Qaida, après le 11 septembre 2001 - et qui ont été la psychose de tout l'Occident durant des mois - ne reposaient strictement sur rien ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 13. En dépit - ou même à cause - de ce reportage, personne ne se souviendra de la conclusion : ce cas est exceptionnel et ne saurait représenter la généralité des chômeurs. D'autant plus que - sans avoir l'air d'y toucher - la chaîne instille dans l'idée des téléspectateurs l'idée suivante : &quot;Eh bien, maintenant qu'il a fait un bouquin, tous les fainéants vont se précipiter pour l'acheter et ils vont rouler les gens honnêtes dans les grandes largeurs !&quot;. Cela fait penser à ces gouverneurs américains - dont Jeb Bush, propre frère de George Bush - qui, tout à la fois, mettent toutes les facilités pour acheter des armes à feu, et, en même temps, refusent avec la dernière énergie toutes les grâces des condamnés à mort... pour meurtre par arme à feu ! Ici, bien loin de vouloir laisser l'impression d'un cas isolé, la présentation d'un chômeur écrivain est destiné à généraliser l'idée que &quot;tous&quot; les chômeurs sont des profiteurs, et, de surcroît, des profiteurs cyniques.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 14. En généralisant, on peut dire que ce reportage s'inscrit dans deux logiques. D'abord la logique de la généralisation d'un cas unique à la majorité, et, dans le cas qui nous occupe, la logique de l'attaque contre le système de prestations sociales français. L'autre généralisation, c'est - on le voit de temps à autre - l'exemple de l'immigré, en général Sénégalais ou Malien (c'est-à-dire noir et polygame, donc, par définition, pauvre et profiteur) qui a réussi à toucher les allocations familiales pour ses 8 femmes et ses 50 enfants, qui ne travaille pas et se vautre toute la journée devant son téléviseur à plasma de 1,30 m de diagonale.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 15. Or, cette croyance répond tout à la fois à une représentation populaire (chacun a son histoire du chômeur tricheur, qui, en faisant des petits boulots au noir, va en vacances au Cap d'Agde et offre des leçons de piano à sa fille) et à une représentation &quot;savante&quot; : celle des doctes professeurs d'économie monétaristes, qui expliquent avec componction &quot;que le différentiel entre l'indemnité de chômage et le seuil plancher de la rémunération du travail conduit le chômeur, par la comparaison économique des avantages et des inconvénients, à privilégier la première au détriment de la seconde, ce qui constitue une trappe à pauvreté&quot; [trivialement = il faut sucrer les allocs pour remettre les chômeurs au taf]. La seconde, en donnant une caution prestigieuse à la première, est l'annonce d'une préparation psychologique de l'opinion (comme on parle d'une préparation d'artillerie) destinée à mettre à bas l'édifice social hérité de la Libération. Edifice - il faut s'en souvenir - bâti contre une droite et contre un patronat dont le comportement, durant l'Occupation, n'avait pas été au-dessus de tout reproche...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, compléments et critiques.&lt;br /&gt; Bien à vous&lt;br /&gt; Philippe Arnaud, AMD Tours&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt;
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<title>2 juin 2006</title>
<link>http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/06/02/2-juin-2006.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>TV</category>
<pubDate>Fri, 02 Jun 2006 18:55:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Chers tous,&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;L'observation de ce jour se rapporte au journal télévisé de 13 h de France 2, présenté par Elise Lucet. Parmi les sujets choisis, l'un n'est pas strictement d'actualité. Il s'agit des retraites : Elise Lucet présente le problème sous un jour alarmiste, voire catastrophiste&amp;nbsp;: les Français ne s'occupent pas de leurs retraites. Et, sur l'écran,&amp;nbsp;on lit&amp;nbsp;[je cite de mémoire] : &quot;Les Français&amp;nbsp;pratiquent l'attitude de&amp;nbsp;l'autruche pour leur retraites&quot;. [Je&amp;nbsp;ne suis - je le répète - pas certain de la formulation exacte, en revanche, je suis certain - ce qui est important&amp;nbsp;- de&amp;nbsp;la présence de cet oiseau africain dans l'énoncé du sujet. On verra&amp;nbsp;plus loin&amp;nbsp;pourquoi].&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;La présentation se veut alarmiste, ai-je dit. En effet, un cadre ayant 30 ans en 2006 ne toucherait, à sa retraite, que 39 % de son salaire. Suivent trois ou quatre exemples, où l'on voit que le&amp;nbsp;taux de remplacement (c'est-à-dire le pourcentage de la retraite par rapport au salaire) s'accroît en descendant la grille des salaires (jusqu'à 60 % pour un ouvrier). Il est déploré, par exemple, que les gens ne se préoccupent pas de se constituer un complément de retraite. On signale qu'il y aura, en 2020, un déficit de 20 milliards d'euros pour les retraites [je ne suis pas certain du chiffre, mais, au demeurant, le problème ne réside pas dans l'exactitude de sa valeur absolue].&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Puis l'invité du jour est présenté par Elise Lucet : c'est Raymond Soubie, de la société Altédia. Il constate - et déplore - qu'après la réforme de 2003 (qui, pour lui, n'a réglé que 40 % du problème), les gens ont complètement oublié le problème (ou plutôt; comme le lui fait dire Elise Lucet, qu'ils veulent s'en détourner car il s'agit d'une réalité désagréable et qu'on cherche toujours à repousser le plus possible la résolution des problèmes désagréables). On ne veut pas savoir la vérité. Pour lui, en 2003, la droite a mené à bien la réforme, quoique - comme il le dit - incomplètement. Puis il égrène quelques-unes des solutions envisageables : retarder l'âge de départ à la retraite, augmenter les cotisations, diminuer les pensions, compléter par de l'épargne salariale comme (ajoute-t-il) le font tous les autres pays européens.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Ce sujet, sa présentation et le choix de l'invité sont fortement idéologiques. En outre, leur choix, aujourd'hui, ne laisse pas de soulever un certain nombre de questions. Pourquoi ce sujet est-il idéologique ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;1.&amp;nbsp;Il est idéologique à cause de l'autruche, d'abord. En effet, cet animal, surtout connu de façon métaphorique pour&amp;nbsp;sa propension - légendaire ? caricaturale ? réelle ? - &amp;nbsp;à se cacher la tête&amp;nbsp;dans le sable pour ignorer le&amp;nbsp;danger, a servi deux fois à des titres d'ouvrages... d'Alain Madelin (&quot;Quand les autruches relèveront la tête&quot;, Robert Laffont, 1995, et &quot;Quand les autruches prendront leur retraite&quot;, écrit avec Jacques Bichot, Seuil 2003). Il est à noter que le premier ouvrage a été écrit en 1995, année... du plan Juppé sur les retraites&amp;nbsp;! Et le second en 2003, année... du plan Fillon sur les retraites&amp;nbsp;! Or, comme je l'ai déjà dit, en matière de pensée, ce n'est pas le fond qui détermine la forme, c'est la forme qui détermine le fond. Lorsqu'on dit : &quot;Il faut préserver son capital-santé. Il ne faut pas dilapider son capital-santé&quot;, ou bien &quot;Cet homme politique touche les dividendes de son investissement dans la politique sécuritaire&quot;, c'est qu'on a l'esprit formaté par la Bourse. En l'occurrence, il apparaît difficile d'imaginer que le titre n'ait pas été baigné par l'idéologie d'Alain Madelin.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;2. Il est idéologique à&amp;nbsp;cause de la présentation catastrophiste, qui se coule dans un moule émotionnel déjà formaté pour d'autres craintes, liées également à des dates ou à des échéances données. Par exemple celui du pic du pétrole (prévu à échéance d'une dizaine d'années) ou celui des mesures à prendre pour faire diminuer le taux d'oxyde de carbone (échéance du même ordre). Ces catastrophes annoncées - de nature physique - si l'on n'agit pas, préparent l'esprit à accepter que d'autres catastrophes se produiront, dans le domaine économique et social, si l'on n'agit pas davantage. Or, la pente de l'esprit humain est telle que l'on croit beaucoup plus les mauvaises nouvelles que les bonnes.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;[On peut d'ailleurs, au passage, relever que ce sont les néo-libéraux qui nient le plus et l'épuisement des ressources énergétiques et la liaison entre&amp;nbsp;réchauffement de l'atmosphère et activité économique. Pour eux, il ne faut strictement rien changer, car ils pressentent que ce changement porterait atteinte à leur modèle de développement (par exemple,&amp;nbsp;fin du&amp;nbsp;pétrole = fin de la mondialisation) et aussi bouleverserait profondément le mode de répartition des richesses. (Par exemple, sévère&amp;nbsp;pénurie =&amp;nbsp;tout le mode se serre la ceinture, les privilégiés&amp;nbsp;plus que les autres). Mais ce que les libéraux contestent avec acharnement dans un cas (il faut ralentir la surchauffe économique pour mettre fin à la dévastation de la Terre),&amp;nbsp;ils le poussent avec autant d'acharnement dans l'autre cas (il faut &quot;réformer&quot; les retraites. Dans quel sens, là est justement le problème...).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;3. Il est idéologique à cause de l'imprécision et du vague des propositions et des chiffres. Que signifie une retraite de 39 % du salaire ? Est-ce&amp;nbsp;le salaire du dernier mois ? Des six derniers mois ? Des dix dernières années ? Des dix meilleures années ? Des 25 meilleurs années ? De toute la carrière ? De la médiane des années considérées ? De leur moyenne ? De leur moyenne réactualisée, pondérée&amp;nbsp;? Et que signifie un déficit de 20 milliards d'euros ? Un déficit par rapport à combien ? Et que signifie le mot &quot;déficit&quot; ? Lorsque, dans la trentaine, on achète un bien immobilier et qu'on s'endette pour 20 ou 25 ans, l'endettement peut paraître colossal par rapport aux revenus. Mais il ne cause aucun souci aux banques qui, si l'emprunteur a un bon métier, prêtent sans problème. Et que signifie déficit ? Jean-Marie Harribey - entre autres - a bien montré tout le caractère construit, artificiel et idéologique de termes tels que &quot;dette&quot; ou déficit&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;4. Il est idéologique en raison des propositions avancées dont trois sur quatre (retarder l'âge de départ à la retraite, diminuer les pensions, compléter par de l'épargne salariale) sont clairement des propositions néo-libérales ou patronales. Mais quid de l'élargissement de l'assiette aux revenus du capital ? Silence radio. Quid de l'augmentation constante de la productivité du travail ? Silence radio. Quid de la diminution du nombre de jeunes, qui compense, pour une large part, l'augmentation des plus de 65 ans ? Silence radio. Quid des modifications importantes du comportement démographique (la France relevant, après 1945,&amp;nbsp;après 150 ans de baisse et des années 1930 catastrophique, un taux de natalité comme elle ne l'avait jamais connu ? Ou la France, seul pays avec l'Irlande, depuis 1995, à avoir un taux de fécondité - relativement vigoureux) ? Silence radio. Quid du NAIRU (Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment - &quot;Taux de chômage n'accélérant pas l'inflation&quot;), fixé par les néo-libéraux à 9 %, et qui empêche le plein emploi lequel, justement... regarnit les caisses de retraite ? Silence radio.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;5. Il est idéologique par la mention de l'épargne salariale. Notons l'expression : &quot;épargne salariale&quot;. M. Raymond Soubie connaît les usages. Il sait que, devant les médias, on ne dit plus &quot;fonds de pension&quot; ou &quot;retraite par capitalisation&quot;. C'est aussi inconvenant que de roter&amp;nbsp;à la table de la reine d'Angleterre, de blasphémer&amp;nbsp;en présence du&amp;nbsp;Saint-Père ou de chanter l'Internationale&amp;nbsp;à un meeting de&amp;nbsp;Ségolène Royal. Mais il s'agit bien - on rassure le lecteur - de fonds de pension, qui sont&amp;nbsp;à la &quot;répartition&quot;&amp;nbsp;ce que l'eau en poudre est à l'eau, puisqu'il ne s'agit rien d'autre que de la répartition...&amp;nbsp;des pauvres vers les riches. Malgré tout, M. Soubie ne peut se retenir (on ne se refait pas) de pointer l'exception française (&quot;... comme tous les autres pays européens&quot;) pour suggérer, mezzo voce, la ringardise de ses compatriotes.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;6. Il est idéologique, enfin, par l'invitation de Raymond Soubie, qui n'est pas n'importe qui, comme on peut le voir en lisant &quot;Le Monde diplomatique&quot; de juin 2003 (Référence : &lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/2003/06/BALBASTRE/10213&quot;&gt;http://www.monde-diplomatique.fr/2003/06/BALBASTRE/10213&lt;/a&gt;) sous la plume de Gilles Balbastre. Ou bien PLPL d'avril 2002 (Référence : &lt;a href=&quot;http://www.homme-moderne.org/plpl/n9/p9.html&quot;&gt;http://www.homme-moderne.org/plpl/n9/p9.html&lt;/a&gt;) où l'on&amp;nbsp;découvre que M. Raymond Soubie, proche de MM. François Fillon, Alain Juppé, Michel Bon, Alain Minc, Jean-Marie Colombani, et tant d'illustres personnes, est un homme très riche, à la tête d'un entreprise cotée en Bourse. Un homme&amp;nbsp;qui, depuis 20 ans, a&amp;nbsp;contribué (clandestinement mais efficacement) à démanteler la solidarité, l'Etat social et à promouvoir l'ultralibéralisme. Il est l'homme du dépeçage de la sidérurgie, de la privatisation de France Télécom, du minage de la Sécurité sociale par les assurances, du plan Juppé sur les retraites, du plan Fillon sur les retraites, etc. Si la journaliste avait convié Alain Madelin, Ernest-Antoine Seillière ou Laurence Parisot à parler des retraites, la ficelle aurait été&amp;nbsp;trop grosse. Avec Raymond Soubie, elle jouait sur du velours.&amp;nbsp;Il est peu connu du grand public.&amp;nbsp;Costume austère, manières compassées, air du prêtre qui se&amp;nbsp;prive de toucher les enfants de choeur :&amp;nbsp;tout, en lui, inspire la confiance.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Enfin, quelles questions se posent ? Que signifie le retour à la surface&amp;nbsp;de ce problème depuis les grandes manifestations de 2003 ? Certes, en 2003, la (contre)-réforme Fillon était passée (qu'est-ce qu'on dit à François Chérèque ?). Mais, depuis, les déboires, pour la droite, n'ont pas manqué : échec aux régionales, cantonales et européennes de 2004, scandale Gaymard, échec, en 2005,&amp;nbsp;du référendum sur le TCE, crise des banlieues de l'automne 2005, retrait piteux de la loi su la colonisation, avortement du passage en force du CPE, échec du scandaleux projet d'Excellence Santé, scandale Clearstream, scandale Zacharias. Partout, l'idéologie de la droite est taillée en pièces. Pense-t-elle néanmoins, comme en 2003, que les Français sont définitivement résignés sur les retraites ? Qu'elle trouvera là une revanche à ses derniers déboires ? Est-ce un ballon d'essai ? Le prélude à un matraquage médiatique ? Dans le doute, ressortons nos arguments de 2003. Ils n'ont pas pris de rides...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, compléments et critiques.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Bien à vous&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Philippe Arnaud, AMD 37&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>28 mai 2006</title>
<link>http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/05/31/28-mai-2006.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>TV</category>
<pubDate>Sun, 28 May 2006 20:15:00 +0200</pubDate>
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&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Chers tous,&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La remarque de ce jour porte sur la comparaison du traitement d'un même sujet sur les journaux télévisés de deux chaînes. Les journaux sont ceux d'Arte, à 19 h 45 et de France 2 à 20 h. Le sujet est l'élection présidentielle en Colombie, qui a lieu aujourd'hui.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; Que révèle la comparaison ?&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; - Sur les deux chaînes, un seul candidat est présenté, c'est Alvaro Uribe, l'actuel président, qui se représente. C'est un président de droite.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; - Sur Arte, la réélection d'Alvaro Uribe est présentée comme probable. Il est dit qu'il est absolument opposé aux FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie), de gauche, et qu'il ne veut absolument pas parler avec elles, mais qu'il est beaucoup plus favorable aux paramilitaires, qui sont des milices d'extrême droite. On voit certains de ces paramilitaires, masqués, qui profèrent des menaces à l'égard des opposants de gauche. On voit aussi deux professeurs de gauche, interviewés, qui ont reçu des lettres de menace de mort et avouent que les paramilitaires peuvent s'en prendre à leur famille. Sur une lettre de menace, les opposants sont qualifiés de &quot;improductivos&quot; (traduit par inutiles). Enfin, le journaliste dit que les paramilitaires soutiennent Alvaro Uribe et qu'ils le considèrent comme leur président.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; - Sur France 2, la réélection d'Alvaro Uribe est présentée comme certaine. On le crédite notamment d'avoir fait diminuer la violence et le nombre des meurtres ou enlèvements. [Il y a une interview d'un habitant qui mêle l'insécurité liée au cartel de Medellin - des bandits - et l'insécurité liée à la guérilla des FARC]. Alvaro Uribe est présenté comme un homme infatigable, qui fait des meetings dans plusieurs villes, à l'intérieur d'un pays deux fois grand comme la France, et qui fait valoir un taux de croissance économique de 5 % et la diminution de la criminalité. On voit une interview d'Uribe, qui présente - en termes vagues et ambigus - sa politique envers les FARC au cas où il serait réélu et où il dit qu'en cas de négociation sur les otages, le rôle de la France serait important (passage destiné à le rendre sympathique aux Français). Le reportage se conclut sur la probable reconduction d'Alvaro Uribe à la présidence.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Sur le reportage de France 2 (et, d'ailleurs, également sur celui d'Arte), il vaut la peine de relever ce qui n'est pas dit (de faire un journal en creux, qui dessine ce qui volontairement repoussé) : les inégalités sociales du pays, l'ultralibéralisme d'Alvaro Uribe, ses liens avec les Etats-Unis à la fois pour l'implantation de bases américaines, l'équipement de l'armée colombienne (quatre fois celle du Venezuela) et son rôle de soutien arrière dans la déstabilisation du Venezuela d'Hugo Chavez et sur la projection de forces américaines dans toute l'Amérique centrale et du Sud. Sur France 2, il est juste fait une allusion aux paramilitaires, mais rien sur leurs crimes, rien sur leur impunité, rien sur le traitement inégal qu'ils reçoivent par rapport aux FARC, rien sur leurs liens avec Alvaro Uribe.&lt;br /&gt; En bref, ceux qui auront regardé ce journal télévisé (moins nombreux que ceux de TF1 mais bien plus que ceux d'Arte) auront eu une image positive d'Alvaro Uribe. Image à mettre en parallèle avec celle que véhiculent les médias sur Hugo Chavez, Evo Morales ou - évidemment ! - Fidel Castro. D'autant plus qu'à la différence de Morales (qui est Amérindien) ou de Chavez (qui est métis, et même de plusieurs origines), Uribe a une &quot;bonne tête de Blanc&quot;, avec des lunettes fines, la tête d'un ingénieur, d'un avocat ou d'un directeur bien Français, bref d'un notable de chez nous rassurant (maire ou député) auquel on peut l'identifier.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Dernier rapprochement amusant : sur le journal de France 3, juste avant, à 19 h 30 (si je ne me trompe pas). Le sujet, d'ailleurs traité par toutes les chaînes est les élections municipales et régionales partielles en Italie. Un petit reportage est fait sur les élections à Trapani, à l'ouest de la Sicile. Ici se présente, sur une liste de gauche, la soeur du juge Borsellino assassiné par la Mafia. Son adversaire, de droite, est un démocrate-chrétien, qu'on dit proche de la Mafia (comme on l'a dit de Giulio Andreotti et de Silvio Berlusconi). Certes, deux hirondelles ne font pas le printemps, surtout dans deux pays aussi éloignés que l'Italie et la Colombie. Mais n'est-il pas significatif que, dans les pays où l'Etat n'imprègne pas significativement la vie du pays (entendons par l'école, par l'impôt, par l'équipement en infrastructures, par la redistribution sociale), les politiciens de droite soient liés à des organisations criminelles ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, compléments et critiques.&lt;br /&gt; Bien à vous&lt;br /&gt; Philippe Arnaud&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; AMD de Touraine
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<title>1 février 2006</title>
<link>http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/02/02/1-fevrier-2006.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>TV</category>
<pubDate>Wed, 01 Feb 2006 20:45:00 +0100</pubDate>
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Chers tous,&lt;br /&gt;Ce soir, au journal télévisé de 20 h de France 2, j'ai noté la succession de deux sujets :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;1. Un sujet sur les travailleurs ne pouvant se loger. Il était fait état de plusieurs jeunes gens et jeunes femmes (quatre au total) qui travaillaient en région alpine (Grenoble, m'a-t-il semblé). Ces jeunes gens avaient des contrats à durée déterminée, assez constants, toutefois, pour leur permettre de vivre. La jeune femme suivie par le reportage gagnait même, semble-t-il, 1300 euros. Le problème est qu'ils n'arrivaient pas à se loger ! En effet, faute d'un CDI, les bailleurs refusaient de louer ! En outre, les loyers étaient très chers. Conséquence : les quatre jeunes louaient un hangar dans lequel ils entreposaient des caravanes (sans douche, sans chauffage) où ils couchaient, et où ils s'étaient aménagé un coin repas-cuisine. Le reportage se terminait sur l'annonce que le hangar ne pourrait plus être loué et que les caravanes de ces jeunes se retrouveraient en plein vent...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;2. Le sujet qui le suivait immédiatement était l'annonce que le ministre des sports Jean-François Lamour avait donné son accord pour que les clubs de football entrent en Bourse. On montrait même un titre de journal ainsi libellé : &quot;Lamour lève l'interdit&quot;. [Le mot est révélateur. L'interdit, en droit canon, est la sentence ecclésiastique (surtout utilisée dans les premiers temps du christianisme) qui prohibe, sur un territoire donné, la célébration des offices. Cette sanction est censée répondre à une infraction au droit canonique. Une fois la peine purgée, l'interdit est levé et la situation reprend... &quot;comme auparavant&quot;. Ce qui veut dire qu'implicitement on considère que la situation normale - dans le cas des clubs de football - est d'être cotés en Bourse et que le fait qu'il ne le soient pas est une &quot;punition&quot;]. Le reportage se termine sur les mots du journaliste : &quot;Cela pourra satisfaire les supporters... et les actionnaires&quot; (je ne garantis pas l'exactitude de la formulation mais je suis certain de la présence de ces deux mots et du sens de la phrase).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Ce qui est remarquable, dans la succession de ces deux sujets, c'est que la rédaction du journal n'a, semble-t-il, pas établi de relation entre eux. Or, précisément, les deux participent du même phénomène : la progression de l'ultralibéralisme. Ce dernier a deux aspects : pile et face. Pile : vous avez des difficultés, la société vous enfonce la tête sous l'eau.  Vous n'avez qu'un CDD : refus de bail ! Vous perdez votre emploi : à la rue ! Face : vous réussissez, on vous en remet une louche. Les clubs de football gagnent beaucoup d'argent ? Leurs vedettes sont riches à millions ? On introduit les clubs en Bourse pour qu'ils en gagnent encore davantage ! Mais ces deux phénomènes ont l'un avec l'autre le rapport de vases communicants. C'est parce que les uns claquent du bec que les autres mettent des rillettes sur leur beurre et de la mayonnaise sur leurs rillettes.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Or, la même cécité - ou le même mutisme - est perceptible dans l'autre information, celle qui fait la Une de tous les journaux depuis le début de la semaine : l'O.P.A. de Mittal Steel sur Arcelor. Que nous montre-t-on ? Les ministres Thierry Breton et Jean-Claude Juncker s'agitant dans tous les sens, jurant leurs grands dieux qu'ils s'opposeront à l'O.P.A., etc. Mais le ministre français ne cesse de promouvoir une politique ultralibérale. Mais ce même ministre appartient à un gouvernement qui était en faveur du TCE, lequel mettait la liberté de circulation des capitaux dans son article I-4 ! Mais le Luxembourg est la plaque tournante de tous les échanges financiers en Europe, le siège de Clearstream, le paradis fiscal avec un P majuscule !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Quand un gouvernement veut quelque chose et qu'il le peut, il le dit et il le fait. Jacques Chirac ne veut pas du calamiteux article 4 de la loi du 23 février 2005 : il le dit au Conseil constitutionnel et celui-ci, le petit doigt sur la couture du pantalon, obtempère. Dans le cas d'Arcelor, le gouvernement ne peut rien et ne veut rien. Il ne dit d'ailleurs rien et il ne fera rien. Or, l'affaire ne peut que mal tourner pour les salariés :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- Ou bien Arcelor parvient à s'opposer à l'O.P.A. Mais, pour cela, il lui faut racheter ses actions et les racheter cher, car Mittal va faire monter les enchères. Arcelor devra sortir du cash : autant d'argent en moins pour les salaires, autant d'argent en moins pour les retraites, autant d'argent en moins pour les investissements, donc, à court et à moyen terme, autant d'argent en moins (si ce n'est d'emplois...) pour les salariés. Qui est gagnant ? Les actionnaires !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- Ou bien Mittal remporte son O.P.A. Mais cela va lui coûter beaucoup d'argent. Comment se rembourser ? En comprimant la masse salariale (on connaît la périphrase...). Et en faisant monter la valeur de la matière première, l'acier. La Chine est, en effet, assoiffée d'acier. Or les prix monteront d'autant plus que l'offre se raréfiera. Comment se raréfiera-t-elle ? En comprimant la masse salariale (pour l'explication, voir ci-dessus). Si les prix montent, le prix des actions montera aussi. Qui sera gagnant ? Les actionnaires !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Si on disait crûment aux salariés d'Arcelor ce qui les attend, nul doute qu'il s'ensuivrait un mouvement social d'ampleur, peut-être même à l'échelle européenne. Au lieu de cela, les médias distillent du soporifique à longueur de journal en montrant les ministres mouliner du vent.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Je vous saurais gré de vos remarques, compléments, précisions et critiques.&lt;br /&gt;Bien à vous&lt;br /&gt;Philippe Arnaud&lt;br /&gt;AMD 37
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<title>23 janvier 2006</title>
<link>http://surveillancedesmedias.blogspirit.com/archive/2006/01/23/23-janvier-2006.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>TV</category>
<pubDate>Mon, 23 Jan 2006 18:03:15 +0100</pubDate>
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Chers tous,&lt;br /&gt;Aujourd'hui, au journal de 13 h de France 2, j'ai relevé deux choses.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;1. L'annonce d'une augmentation du nombre de radars sur les routes, notamment sur les voies départementales, par exemple dans le Nord. Le journaliste signale que tout le monde n'est pas d'accord avec cette mesure, notamment le magazine &quot;Auto-Plus&quot;. Or, depuis sa création, ce journal a fait son fonds de commerce de la lutte contre les limitations de vitesse. Il y a quelques jours, également, Jean-Pierre Beltoise - ancien coureur automobile - était invité à dire tout le mal qu'il pensait des limitations de vitesse. Il est fort étonnant de voir avec quelle constance les médias continuent à donner la parole aux adversaires des limitations de vitesse, alors que deux points ne prêtent même pas à contestation :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- La vitesse est la première cause de survenue d'accidents (et pas seulement de leur gravité). Toutes les études de l'INRETS (Institut National sur les Transports et leur Sécurité) le confirment. Donner la parole à des Beltoise, à des Eric de Caumont ou à des &quot;Auto-Plus&quot; est comme inviter des astrologues à donner leur avis dans un congrès d'astrophysiciens.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;- La seule raison de l'opposition à la vitesse est une raison sociale (ou psycho-sociale). La vitesse est un marqueur social : on a les moyens de se payer une voiture puissante, on a tant d'occupations que son temps vaut de l'or (et on n'a pas à le perdre sur la route), on a une bonne santé, de bons yeux et de bons réflexes (les maladies c'est bon pour les pauvres), on ne saurait être assujetti aux mêmes lois que les autres, on a des relations qui éviteront le procès (et si on a une amende, on a les moyens de payer), etc. Pour confirmation, voir la thèse de Pierre-Emmanuel Barjonet, de l'INRETS, &quot;Psychosociologie de la vitesse&quot;, ainsi que l'opposition acharnée aux limitations de vitesse de personnalités telles que Pascal Salin (théoricien de l'ultralibéralisme, professeur à Paris Dauphine), d'Alain Madelin ou Jean-Marie Le Pen. Voir aussi qu'en Italie, une des mesures de Silvio Berlusconi a été de relever la vitesse sur autoroute.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;2. Un peu plus tard dans le journal, on voit la prestation de serment d'Evo Morales, où l'on rappelle les préférences du nouveau président pour le socialisme et pour une voie nettement plus à gauche que celle des Lula et autres Bachelet. Un reportage sur un club de tennis très sélect de Bolivie, avec une interview d'un joueur. Ce joueur, opposé à Evo Morales, a des traits rappelant ceux des Indiens (manière d'insinuer : tous les Indiens ne sont pas derrière Morales). Puis un jeune avocat (aux traits européens), qui pousse ses enfants sur une balançoire dans un beau jardin, qui dit que le socialisme est une histoire dépassée, etc. Puis intervient l'envoyé spécial de France 2, Bertrand Coq, qui dit : &quot;Maintenant qu'Evo Morales est entré en fonction, il va bien falloir qu'il gouverne pour tous [c'est moi qui souligne] les Boliviens&quot;. Façon de dire : &quot;Pas question de céder à la fantaisie de spolier les classes riches. Il faut être responsable, réaliste, &quot;pragmatique&quot;, la Bolivie a besoin de capitaux et de débouchés vers les Etats-Unis. Le socialisme, c'est bon pour les rêveurs, les soixante-huitards attardés, les imbéciles ou les apprentis dictateurs...&quot;. La question qui se pose est celle-ci : Bertrand Coq s'est-il demandé si, précédemment, les dirigeants boliviens avaient toujours gouverné pour tous les Boliviens ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Je vous saurais gré de vos remarques, corrections, précisions et critiques.&lt;br /&gt;Bien à vous&lt;br /&gt;Philippe Arnaud&lt;br /&gt;AMD 37
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