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lundi, 29 janvier 2007

29 janvier 2007

Surveillance de la pub

Aujourd'hui je vous propose de décortiquer une publicité. Je l'ai reçu sur mon ardinateur via un pop-up : il s'agit de vanter les mérites d'un opérateur boursier : la voici reproduite sans le logo évidement :

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Que voit-on?

Le dapeau français travesti en drapeau mixte: moitié français (Bleu - Blanc - Rouge) et moitié drapeau Suisse (Croix blanche sur fond rouge) .  J'ajoute en plus que cette publicité est dynamique et que l'on voit explicitement le drapeau Suisse venir sur le drapeau français.

Il y a fusion des 2 drapeaux : Fusion au sens de réunification comme entre l'allemagne de Est et de l'Ouest? ou Fusion au sens de l'entreprise? Assurément c'est dans cette deuxième catégorie que ce classe cette publicité. Le mouvement de la croix suisse vers le rouge du drapeau tricolore est là pour suggérer une prise de contrôle de la suisse sur la France.

Cette publicité est particulièrement perverse à cause de ses multiples sens. 

Premier sens facilement identifiable: le domaine bancaire suisse, ses institutions, ses codes, ses habitudes, ses pratiques, est naturellement supérieur et il vient prendre le contrôle de ses homologues français symbolisés par un drapeau statique subissant l'estampille d'une la croix blanche (à la manière d'un fromage helvète) gage de qualité.

 Deuxième sens plus subtil: Le drapeau français, donc la France, subit l'invasion d'une croix blanche. Or rappelez vous à quoi correspond la croix blanche dans l'histoire de France: elle est comme la fleur de lis, un des symboles de la monarchie depuis que Charles V l'a imposée aux régiments d'infanterie. Il faut comprendre ici que la monarchie (et ses gardes suisses), gage de stabilité vient prendre le contrôle du Rouge symbole du peuple. Pour ceux qui douteraient de cette analyse je vous renvoie aux gardes suisses des Tuilerie qui ont tiré sur le peuple de Paris en 1792. Un peu d'histoire ne fait pas de mal.

Continuons, observez le slogan: "Inutile de passer la frontière" revoie à l'actualité de l'évasion fiscale élevée au rang de sport national. Je ne developpe pas inutilement.

Ce slogan évolue : il apparait alors "Enfin du sans frais dans la banque". Le quadruple sens de "sans frais" qui va de "aucun cout/coup" à "sang d'une grande fraicheur" renvoi à la Croix Rouge (L'institution - en négatif (en antithèse) du drapeau suisse qui répare les dégats du système bancaire...) succeptible de venir en aide aux pauvres réfugiers fiscaux. Je passe sur le « sang frais » dans le domaine bancaire, il y a bien longtemps que ce secteur fonctionne en totale consanguinité. S'il y a bien un domaine où le sang frais n'arrivera jamais, c'est bien celui-là ....à moins d'un nouveau 10 aout...non non je rigole, quoi que...

JM Gilbert

dimanche, 28 janvier 2007

28 janvier 2007

Chers tous,

 Ce dimanche matin, depuis 9 h (heure à laquelle j'ai écouté le premier journal), il n'était bruit, sur France Inter, que du sondage "CSA - Le Parisien" faisant état de la baisse de Ségolène Royal dans les opinions des Français. Voici mes remarques à ce sujet.

 1. Il était dit, dans ce sondage, que les Français jugeaient, certes, que Ségolène Royal était "plus proche des préoccupations" des Français, mais que le programme de Nicolas Sarkozy était plus "solide", plus "crédible" et plus "précis. De surcroît, Nicolas Sarkozy proposait des "idées nouvelles". Ce sondage avait été effectué mercredi, auprès d'un millier de Français en âge de voter.

 2. Il se trouve que j'étais présent, ce jour-là, lorsque ma femme a répondu à ce sondage, qu'elle avait mis le haut-parleur et que j'ai donc pu écouter les questions. Le sondage comprenait aussi des informations de type sociologique (si on travaillait, si on avait une connexion Internet, à haut débit, combien de fois on se branchait, etc.). Ce qui m'a étonné dans les questions, ce sont deux points qui, au demeurant, se retrouvent à peu près toujours dans les sondages :

 - Ils posent souvent des questions qu'on ne se pose pas, sur des sujets auxquels on n'a pas forcément réfléchi et pour lesquels (je l'ai constaté), le tiers est exclu. Autrement dit, on ne pouvait pas, par exemple, renvoyer dos à dos Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ou dire : "Je ne trouve pas la question pertinente". Le vice de ces questionnaires est de donner, de façon artificielle, une importance démesurée à des questions qu'on ne se pose pas. Supposons que l'on interroge, par exemple, les Français sur la littérature coréenne ou sur la cuisine bolivienne en ne posant que comme questions (oui/non) : "L'aimez-vous ?" ou "Ne l'aimez-vous pas ?". Quelle serait la valeur d'une réponse positive ou négative alors que la vraie réponse serait : "Je n'en ai aucune idée" ?

 - Les termes "solide", "crédible", précis", "moderne", "idées nouvelles" ne sont jamais définis, ce qui laisse ouverte la voie aux interprétations les plus contradictoires. En fait, en l'occurrence, la démarche est bien plus perverse : dans les faits, "moderne" et "idées nouvelles" correspondent toujours - je dis bien "toujours" - implicitement dans les médias, à des sens néo- (ou ultra)libéraux. Sont ainsi qualifiés de "modernes" ou "nouveaux", tout ce qui est déréglementation, baisse d'impôts, flexibilisation des conditions de travail, retraite par capitalisation, incitation à la compétition, à la vitesse, investissement en Bourse, etc. Ces sens sont admis y compris par des organes de presse qui se piquent d'une appartenance de gauche (Le Monde, Libération, Le Nouvel observateur). Ainsi, en feignant de croire que tout le monde est d'accord sur un terme sans équivoque, comme pour "une clé à pipe de 12" ou "une saucisse de Strasbourg", on impose en fait subrepticement une seule interprétation, l'interprétation de la pensée unique.

 - Même chose pour "solide", "précis" et "crédible". Il n'y a, en effet, pas de symétrie entre les mesures de droite et les mesures de gauche. Autant les premières sont aisées à mettre en oeuvre (on le voit bien depuis 20 ans, et, singulièrement, depuis 2002) en ce que ces mesures sont celles de la classe dominante, qui possède déjà les entreprises, les banques, l'argent et les médias et les relations avec les classes dominantes des autres pays. Lorsque, par les urnes, cette classe accède au pouvoir, elle dispose donc, en outre, du pouvoir politique. Alors que le contraire n'est pas vrai : il n'y a pas, entre les salariés de tous les pays, les relations étroites qui existent entre leurs patrons. Une évasion de capitaux ou une manoeuvre contre les emprunts d'Etat français sera appuyée efficacement par les capitalistes étrangers, une grève nationale n'aura qu'exceptionnellement un prolongement à l'étranger. Il n'est donc pas difficile au programme de l'UMP d'être "solide", "précis" et "crédible" ! C'est celui qui a été mis en place pour démanteler les retraites en 2003, pour baisser les impôts des riches, pour mettre en vente des appartements à la découpe, pour saboter la Sécu, pour imposer le CNE, etc. Alors que les réformes de gauche (les 35 h) son tellement déformées par les pressions patronales qu'elles finissent par ressembler au couteau de Lichtenberg : "sans lame et dépourvu de manche". Evidemment que les mesures de Nicolas Sarkozy sont "solides", "précises" et "crédibles" ! Ce sont celles qui sont mises en oeuvre aujourd'hui...

 3. Mais ce n'était pas tout : Pierre Lellouche (responsable UMP à la fois ultralibéral et atlantiste) avait été invité sur le même journal de 8 h 30 à 9 h. Il n'avait pas cessé de dauber sur Ségolène Royal qui, paraît-il, ignorait le nombre de sous-marins nucléaires français. On pourrait rétorquer à M. Lellouche que cette connaissance est tout à fait anecdotique et que si, avant 2000, on avait interrogé l'actuel président des Etats-Unis sur l'histoire et la géographie des pays du monde et ce sur des questions simples (par exemple, le nombre approximatif d'habitants des pays de l'Union européenne ou les belligérants de la guerre de 1914) il n'est pas certain que l'on n'aurait pas eu des surprises... (et même si on lui posait la même question aujourd'hui, après deux mandats). En outre, les sous-marins nucléaires ne sont tout de même pas des objets dont le chef de l'Etat s'occupe tous les jours. N'est-il pas plus grave qu'un ministre croie qu'avec un salaire de 4000 euros on est dans la classe moyenne ? (Alors que simplement la moitié ferait déjà le bonheur d'une bonne partie des Français...). Eh bien, à 10 h, à 11 h et à 13 h, France Inter n'a pas cessé de repasser les sarcasmes de Pierre Lellouche.

 Question : lorsque l'on décompte du temps de parole des candidats aux élections, comment - et au profit de qui - compte-t-on la prestation du CSA ? Du Parisien ? De France Inter ? Sur des questions équivoques, biaisées, les médias s'engagent derrière un candidat. 

 Dernier point, qui n'a rien à voir : dans quelques jours, Microsoft va mettre en service son nouveau système d'exploitation Vista, pour laquelle la firme fait déjà de la publicité depuis des mois. Dans le journal de France Inter, vers 13 h 20, pour en parler, le journaliste de France Inter avait invité... Nicolas Mirail, propre responsable de Vista à Microsoft France ! On aurait pu imaginer que ce soit un rédacteur de journal informatique (non intéressé à l'affaire) ou un universitaire ou un sociologue. Eh bien non ! France Inter a ainsi offert, au moins, dans les 3 à 4 minutes (estimées) de publicité gratuite, à une heure de grande écoute à une firme richissime et ultra-dominante sur le marché ! De plus, aucune question critique n'était posée et le salarié de Microsoft et le journaliste s'entendaient comme larrons en foire, le premier disant qu'on pouvait se brancher à tout moment sur France Inter, et le journaliste, faisant chorus pour conclure : "Je retiens qu'on pourra écouter toutes les stations de France Inter". Même, le journaliste "servait la soupe", en disant, faussement alarmé : "Et il faudra renouveler son matériel ?". Et l'autre de se faire patelin en parlant de mémoires, de gigaoctets, de processeurs, de 500 euros comme de rien... Autrement dit, un marché considérable pour tous les marchands d'ordinateurs dans les mois à venir.

 A ce propos, deux autres remarques :

 - Nicolas Mirail, de Microsoft, disait : "On a besoin de faire autre chose", comme s'il allait de soi que, au bout de 6 mois, de 12 mois, de 2 ans, il était absolument indispensable de consommer toujours plus et davantage de production informatique : de l'ordinateur, de l'Internet, du haut débit, des images, des jeux, etc. Comme si ce "besoin" était du même ordre que les besoins humains de base (manger, se loger, être soigné) ou les besoins comme se cultiver, avoir des vacances, une retraite, etc. Présenter la consommation à outrance comme un "besoin" est pour le moins étonnant !

 - Lorsqu'une entreprise publique (comme EDF, SNCF, France Télécom) a une position dominante sur son marché national, elle est l'objet de toutes les critiques, de toutes les moqueries, de toutes les calomnies, de toutes les médisances et de toutes les attaques. Or, Microsoft a un monopole privé sur le monde entier ! Un monopole supérieur (90 % pour Windows), par exemple, à ce qu'est le monopole public de France Télécom, en France, dans son seul secteur. Tout ce qui est péché, vice, tare quand le monopole est public devient donc vertu, qualité et avantage quand ce monopole est privé !

 Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, rectifications et critiques.

Bien à vous

Philippe Arnaud

samedi, 27 janvier 2007

27 janvier 2007

Chers tous,

Aujourd'hui, au journal de France Inter de 13 h, vers 13 h 10, j'ai entendu ceci : "Une famille de Lyon, qui percevait le RMI et était bénéficiaire de la CMU, possédait en réalité deux luxueuses villas avec piscine et jacuzzi, roulait en voiture de luxe et prenait des vacances outre-mer. Tout cela avec l'argent d'un trafic de la drogue. C'est la police qui, intriguée par son train de vie, qui ne cadrait pas avec celui de RMIstes, qui a découvert la vérité". On apprend aussi au passage qu'il s'agit d'une famille d'Algériens, qui se rendait souvent en vacances dans les pays arabes du Golfe. Quelles remarques peut-on formuler ?

 1. Cette "information" (que je mets entre guillemets, symboliquement, comme une matière répugnante ou nauséabonde) n'est qu'une information anecdotique. [Un peu comme lorsqu'on apprend que quelqu'un qui est passé par la fenêtre depuis le 20e étage s'en est tiré avec un ongle arraché]. Comme, dans l'immense majorité des cas, ceux qui font de telles chutes sont aplatis comme des crêpes, la communication d'une exception est, au sens propre, "in-signifiante".

 2. Néanmoins, cette information ne se comprend que dans un contexte où elle s'insère avec d'autres informations. Par exemple, comme je le disais le 4 octobre dernier, pour le journal de France 2 de 20 h de David Pujadas, à propos du long reportage sur le RMIste qui avait écrit "Moi, Thierry F, chômeur professionnel". Rappelons qu'il s'agissait d'un RMIste qui, dans un livre qu'il avait écrit, se vantait de n'avoir pas travaillé durant 25 ans, mais néanmoins d'être propriétaire de son studio grâce à l'exploitation savante, minutieuse et systématique de tous les secours possibles. Notons que ce sujet avait été suivi, dès le lendemain [souligné], d'un sujet sur une fraude à la Sécurité Sociale portant sur 20 millions d'euros, et qui faisait partir des médicaments en Afrique, en Asie et en Europe de l'Est.

 3. Quel est l'effet recherché ? C'est le même que celui de la vision. Lorsque l'oeil voit trois points non alignés, le cerveau interprète ces trois points comme "un triangle". Lorsque l'oeil voit 18 images voisines l'une de l'autre en une seconde, le cerveau interprète cela comme "un mouvement". Lorsqu'on distille, dans les journaux (radio, télévisés) des informations "fortes" de ce genre [je dis "fortes" en ce sens que leur caractère exceptionnel, paradoxal, fait qu'elles sont retenues par la mémoire], le cerveau interprète cela comme : "les RMIstes et chômeurs sont des filous, des tricheurs, des bandits et on a bien raison de tout leur sucrer.

 4. Notons aussi que cette information est couplée avec une autre. Dans le cas de "Thierry F.", il s'agissait d'un Français. Ici, c'est non seulement un Arabe, mais un Arabe "superlatif", une quintessence d'Arabe. Comment cela ?

- D'abord parce que ce n'est pas "un", mais une famille, ce qui introduit la notion de prolifique, d'invasion, de mafia : ils se serrent les coudes, se fournissent des alibis, font le guet les uns pour les autres, etc.

- Puis ce sont des Algériens, c'est-à-dire des gens qui ont livré une guerre de 8 ans à la France, ont tué 25 000 soldats, humilié le pays, chassé des colons d'une terre qu'ils avaient transformée de désert en paradis.

- Puis ce sont des délinquants, qui construisent leur prospérité sur le malheur et la dépravation des autres (la drogue).

- Puis ils vont en vacances dans des pays du Golfe qui, aux tares propres aux Arabes "de chez nous" (voleurs, paresseux, violeurs, assassins, poseurs de bombes, preneurs d'otages, profiteurs, etc.) ajoutent les traits propres aux Arabes riches (exploiteurs, maîtres chanteurs de l'Occident à cause de leur pétrole, financiers de terroristes, etc.).

 5. Donc, ici, d'une pierre on fait deux coups : un coup contre la politique sociale française et un coup contre "l'invasion" du tiers monde. Comme on l'écrit à la fin des films : toute ressemblance avec le programme d'un candidat aux présidentielles, qui veut faire des charretées d'immigrés et imposer un programme ultralibéral ne serait que pure coïncidence...

 Je vous saurais gré de vos remarques, compléments, précisions et critiques.

Bien à vous

Philippe Arnaud, AMD Tours

jeudi, 11 janvier 2007

11 janvier 2007

Chers tous,

J'ai regardé, ce jour, le journal télévisé de 13 h de France 2, présenté par Françoise Laborde. Le séquençage des sujets (que j'ai pris sur le site de la chaîne) était le suivant (les chiffres sont ceux du début du traitement du sujet):

 

Les titres de l'actualité : 12 h 59 mn 07 s

Les deux enfants enlevés dans les Yvelines retrouvés : 13 h 00 mn 23 s

Les aveux du tueur présumé du pilote de quad : 13 h 05 mn 26 s

Saint-Sylvestre : 683 voitures brûlées ? : 13 h 06 mn 38 s

Pas-de-Calais : alerte aux vents violents : 13 h 08 mn 27 s

Manque de neige dans les stations de ski : 13 h 09 mn 56 s

Gastro-entérites : les urgentistes débordés : 13 h 11 mn 30 s

Les voeux de Jacques Chirac à la presse : 13 h 13 mn 39 s

Retraite : il faudra travailler plus longtemps ? : 13 h 15 mn 42 s

François Hollande s'exprime sur les impôts : 13 h 21 mn 05 s

Le secteur informatique recrute : 13 h 21 mn 19 s

La nouvelle stratégie de George Bush en Irak : 13 h 25 mn 37 s

Indonésie : des débris du Boeing disparu retrouvés : 13 h 25 mn 43 s

La pauvreté au Nicaragua, priorité de Daniel Ortega : 13 h 27 mn 30 s

De l'huile de colza dans vos moteurs : 13 h 30 mn 15 s

Le feuilleton : surendettement et justice : 13 h 32 mn 21 s

Allemagne : un film parodique sur Hitler : 13 h 37 mn 15 s

L'invité des 5 dernières minutes : Catherine Jacob : 13 h 39 mn 10 s.

 

Remarque n° 1. Il y avait 18 sujets pour à peu près 45 minutes de journal. Je n'ai pas trouvé l'heure de fin mais je m'en tiens à la lettre de l'intitulé du dernier sujet, c'est-à-dire 5 minutes, postulant que le journal s'achevait à 13 h 45. Cela donne une moyenne de 2 mn 30 s pour chaque sujet, avec des disparités, certains sujets étant plus longs que d'autres. Dans un laps de temps aussi court, une variation de 30 secondes, est donc, en valeur relative, considérable.

 

Remarque n° 2. Sur ces 18 sujets, quatre concernent l'étranger : un la politique irakienne de George Bush, un l'accident d'avion en Indonésie, un la situation sociale au Nicaragua, un une pièce de théâtre à caractère politique en Allemagne. Ces quatre sujets durent au total 6 mn 33 s. En s'en tenant à la moyenne, de quatre fois 2 mn 30 s, on devrait donc avoir des sujets durant au total 10 minutes. Donc, par rapport à la moyenne théorique, ces sujets font 3 mn 27s de moins, soit une diminution de 34,5 % du temps réservé à la politique étrangère par rapport au temps théorique.

 

Remarque n° 3. Sur ces 4 sujets de l'étranger, deux peuvent se rattacher à la politique internationale proprement dite, ceux qui concernent l'Irak et le Nicaragua. Celui de l'accident d'avion n'est qu'un fait divers se déroulant à l'étranger et celui de la pièce sur Hitler se rattache à la politique par des petits côtés. A la différence de ce que serait, par exemple, une déclaration d'Angela Merkel sur l'Europe, ou sur l'énergie, ou sur les troupes allemandes en Afghanistan, ou sur les investissements allemands en Europe centrale et orientale. Les deux sujets proprement politiques (Bush + Nicaragua) durent au total 2 mn 53 s, dont 2 mn 45 s pour le Nicaragua (mais il doit y avoir une erreur, car cela ne donne que 8 secondes pour Bush et j'ai l'impression que le reportage a été plus long. Je crois qu'il y a eu une erreur avec le sujet sur l'Indonésie et que le sujet sur Bush a duré une minute de plus, ce qui donnerait un total de 3 mn 53 s, ce qui, pour une durée théorique de 5 minutes, donne une diminution de 22,3 % du temps consacré à la "grande" politique étrangère).

 

Remarque n° 5. Sur le total des deux, le sujet important (l'Irak) passe - en temps - derrière celui du Nicaragua. En outre, il arrive à 13 h 25, c'est-à-dire à plus de la moitié du journal ! On ne peut pas dire que la politique internationale constitue une priorité dans le journal de Françoise Laborde... Cela est d'autant plus surprenant que le fait concerne une décision de la première puissance mondiale sur le point de politique internationale le plus important de cette puissance ! Important dans le sens qu'elle y a perdu plus de 3000 de ses soldats, dépensé 350 milliards de dollars, et qu'elle s'est brouillée avec nombre de ses alliés et s'est aliéné la totalité de l'opinion musulmane. En outre, venant avec les bombardements en Somalie, le lancement d'une opération en Afghanistan et des menaces à l'égard de l'Iran, la décision de George Bush d'expédier 21 000 soldats de plus en Irak marque une hostilité accrue - et active - des Etats-Unis à l'égard du monde musulman. Dans les semaines à venir, cela peut entraîner des conséquences dramatiques et on a, au mieux, une minute et demie de reportage placée presque en fin de journal (si l'on considère que le feuilleton et l'invité des 5 dernières minutes ne sont pas le journal stricto sensu).

 

Remarque n° 6. Les trois premiers sujets, qui durent 8 minutes (17,7 % du journal total mais 22, 8 % du journal réel en en excluant le feuilleton et l'invité des 5 dernières minutes) sont tous les trois uniquement consacrés à des crimes, délits et affaires judiciaires). Les informations sur la météorologie (vent et neige) durent 3 mn 03 s. L'accident d'avion en Indonésie (si l'on admet que le sujet sur George Bush se termine à 13 h 26 mn 37 s), dure 20 secondes (c'est à peu près l'impression que j'ai eue). Le sujet sur la gastro-entérite dure 1 mn 34 s. Donc, au total, les crimes, plus la météo, plus l'accident, plus la gastro-entérite représentent 12 mn 57 s, ce qui, pour un journal réel de 35 minutes, couvre plus du tiers du temps.

 

Remarque n° 6. La mentalité d'Ancien Régime, telle qu'elle a été étudiée notamment par Pierre Goubert et Robert Mandrou, se caractérise, dans les nouvelles, par les grands crimes (ou les grands procès, ce qui revient au même), les dérèglements du temps (auxquels la société de jadis, rurale à 90 % et très sujette aux moindres variations du temps était très sensible) et enfin aux grandes catastrophes de toutes sortes (incendies, épidémies, inondations, tremblements de terre). Ces trois thèmes, il faut le remarquer, entretiennent d'étroits rapports de cohérence. Un crime c'est une catastrophe en petit, une épidémie ou une inondation, c'est un homicide en grand, un dérèglement climatique peut être une catastrophe, il peut donner lieu à des crimes - quand on se choisit des boucs émissaires (juifs, gitans, marginaux, étrangers, asociaux) censés être coupables de phénomènes qu'on en comprend pas. [Les autres caractères de l'Ancien Régime mental, dans les journaux, étaient : le merveilleux, les contes de fées, l'admiration portée aux grands de ce monde ou aux êtres exceptionnels et enfin les fêtes (joyeuse entrées, visite ou avènement d'un souverain, fêtes paroissiales ou patronales, jubilés, victoires, etc.) et l'astrologie].

 

Remarque n° 7. Techniquement, notre époque n'a rien à voir avec l'Ancien Régime étudié par Goubert, Mandrou ou Lucien Bély (et qui correspond, en gros, aux règnes de nos cinq derniers rois - avant 1789 - c'est-à-dire aux rois Bourbons). Dans le domaine des "médias", au lieu des gazettes d'Ancien Régime, à la périodicité très variable, on a la télévision, la radio, l'Internet, le téléphone portable, l'ordinateur. Lorsque l'on fait la multiplication du nombre de récepteurs par celui des émetteurs, par la capacité de traitement, par la vitesse de transmission, par la rapidité de diffusion, par la qualité (c'est-à-dire par l'introduction du son et de l'image et de la manipulation des deux), le facteur multiplicateur, par rapport aux XVIIe et XVIIIe siècles, est tellement grand qu'on ne peut même plus parler de quantité mais de changement d'espèce ou de règne (comme on parle du règne minéral, végétal ou animal). Et pourtant, sur le fond, la teneur du journal de ce jeudi 11 janvier 2007 n'est guère éloignée de celle d'un contemporain de Louis XVI, ce qui, en soi, est porteur d'un projet idéologique.

 

Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, rectifications et critiques.

Bien à vous

Philippe Arnaud, AMD Tours


mercredi, 10 janvier 2007

10 janvier 2007

Chers tous,

 

Je souhaite vous entretenir de deux sujets des médias de ce jour, l'un long, l'autre court. Enfin, longs et courts dans ma présentation, pas sur le fond des choses.

 

Premier sujet (le long).

 

Ce matin, sur France Inter, l'invitée du "Sept-neuf trente", qui avait lieu de 8 h 20 à 9 h (moins une interruption de 8 minutes à 8 h 30 pour la revue de presse) était Danièle Karniewicz, présidente de la CNAV et secrétaire nationale de la CFE-CGC. Le sujet était : "Situation critique des retraites".

 

Remarque n° 1. Cette émission avait tout l'air de s'insérer dans une série d'autres émission sur le même thème (par exemple sur France 3 à 19 h 30), qui se ramènent pour la plupart à la même conclusion, déclinée sous toutes les formes : il faut partir plus tard à la retraite. On dit soit : "il faut allonger la durée de cotisation", soit "tous les pays européens partent plus tard", soit "la France est une exception", soit "il n'y a pas d'autres solutions", etc.

 

Remarque n° 2. Le journaliste intervieweur posait des questions très orientées, du type : "Diriez-vous que, pour la situation des retraites, nous sommes en faillite ?" ce qui, à la fois, dramatisait l'enjeu et préparait les interlocuteurs potentiels à accepter n'importe quelle solution (enfin, non, justement, pas "n'importe quelle"...) pour éviter cette épouvantable issue.

 

Remarque n° 3. A cette question, Danièle Karniewicz répondait : "Mais nous ne pouvons pas être en faillite puisque nous sommes dans le cadre d'une retraite par répartition". Extraordinaire réponse ! Extraordinaire en ce que les retraites sont "toujours" par répartition et qu'elles ne peuvent d'ailleurs être que par répartition. Et ce de deux façons :

 

- Soit financièrement. Dans le cas de la "répartition", les actifs versent directement aux retraités. Dans le cas de la capitalisation, c'est la même chose : l'actif qui a tout capitalisé, doit, le jour de sa retraite, liquider sa pension. Qu'est-ce à dire ? C'est à dire que, jusqu'à cet instant là, il n'a que des titres, qui ne représentent qu'une valeur potentielle. Ces titres (de propriété d'immeubles, d'obligations d'Etat, d'actions d'entreprises), il faut que quelqu'un les lui rachète à ce moment précis et les échange contre de l'argent qui sert à payer tous ses achats en France. On ne peut pas, en effet, acheter son pain avec une action Eurotunnel (sauf quand on veut faire un régime amaigrissant) ou payer son ticket de métro avec l'emprunt Balladur. Si personne ne se présente pour offrir de l'argent, ces titres n'ont aucune vertu efficace, car seul l'argent a valeur libératoire.

 

- Soit (et c'est bien plus important), matériellement. En effet, l'argent, en soi, n'est qu'un moyen. On ne mange pas des billets de banque et on ne suce pas des cartes de crédit. Tout se traduit toujours par quelque chose de matériel et de concret. Les retraités mangent, mais de la nourriture du jour. Les retraités voyagent, mais avec des Airbus 350, pas avec des Super Constellation des années 1950. Les retraités s'achètent des téléviseurs, mais des téléviseurs à plasma et écran plat, pas des téléviseurs à tube en noir et blanc. Les retraités s'éclairent mais avec de l'électricité produite aujourd'hui, puisque l'électricité ne se stocke pas. Les retraités se soignent, mais avec la médecine de janvier 2007. Autrement dit, la retraite, ce sont des biens ou des services produits au moment où on les demande, et non il y a 50 ans et stockés dans un coffre. Si, demain, il n'y avait plus de population active, les retraités n'auraient strictement rien pour vivre !

 

Remarque n° 4.  A un moment, Bernard Guetta est intervenu et il a posé cette question : "Est-ce que c'est sain que, passé 60 ans, on ait encore 20 ans de vie à la retraite, alors que, jadis, on n'avait que quelques années de vie à vivre ?". Pour pasticher ce que j'ai dit plus haut, je pourrais m'écrier : "Extraordinaire question !". Extraordinaire, en effet, cette question l'est à de nombreux titres.

 

- Elle est d'abord extraordinaire dans l'ignoble, en ce que Bernard Guetta ne fait que dire, sous une forme détournée, qu'il trouve scandaleux qu'on profite longtemps de sa retraite. Et c'est ignoble de deux façons : d'une part sur le fond, et, d'autre part, sur la forme car, quelque part, Bernard Guetta s'est bien rendu compte qu'il ne pouvait pas formuler sa question crûment et c'est précisément dans ce décalage - qui permet néanmoins qu'on décrypte le message - que réside l'ignoble.

 

- Elle est ensuite extraordinaire en ce que Bernard Guetta postule implicitement une chose - qu'il veut faire passer pour évidente - mais qui, en réalité, est fausse. Que postule-t-il ? Que toutes les années de la vie sont égales. Ce qu'il pense - mais tellement fort qu'on l'entend - c'est : "Visez-moi tous ces papys et ces mamies, qui font de la planche à voile, qui s'initient à l'informatique, qui voyagent, qui se mettent à l'anglais, ou au latin, ou au serbo-croate, qui peignent, qui grimpent des cols à bicyclette, qui draguent, qui font l'amour comme des bêtes. Et qui prétendent être trop fatigués pour travailler ! Feignasses ! Parasites ! Profiteurs ! Allez, remettez-moi tout ça au taf !".

 

Outre que cette image ne concerne qu'une partie des retraités (ceux qui n'ont pas été épuisés par des tâches exténuantes et qui ont des retraites correctes, souvent les mêmes d'ailleurs), cette idée implicite - qu'on voudrait nous faire passer pour vraie - est fondamentalement fausse : au cours de la vie, les années ne sont pas égales. A partir d'un certain âge (vers la soixantaine, précisément), la situation se dégrade, et elle ne se dégrade pas de façon linéaire mais - hélas - selon une courbe croissante. Et elle se dégrade de trois façons :

 

- D'abord de façon "négative", par régression de ses facultés par rapport à un niveau considéré comme moyen (celui qui a été le sien durant toute sa vie) : dégradation de la vue, de l'ouïe, de la mémoire, de l'endurance, de la capacité à récupérer, du sommeil, de la force musculaire, etc.

 

- Ensuite, de façon "positive", mais positive dans le mal, par survenue de maladies inconnues jusque là, et qui ne sont pas seulement des amenuisements, comme précédemment : cancers, diabètes, Parkinson, Alzheimer, affections cardio-vasculaires, arthrites, rhumatismes, incontinences, aliénations mentales, etc. Ces deux types de dégradations peuvent se cumuler ou être la conséquence les unes des autres.

 

- Enfin, sans doute par répercussion de l'une ou l'autre affection, par des "pertes" : perte d'enthousiasme, perte de curiosité, perte de souplesse d'esprit, perte d'appétit, perte d'intérêts divers, etc.

 

Certes, les dégradations et les maladies peuvent arriver à tout âge. Mais, toutes choses égales par ailleurs, il existe une étroite corrélation entre dégradations et  maladies d'une part, et âge d'autre part. Je pense même avoir lu - on me corrigera - que 80 % des dépenses médicales d'un individu donné ont lieu après 65 ans. Où veux-je en venir ? A ceci : lorsque je dis que les années ne sont pas égales, j'entends précisément la chose suivante. Quand quelqu'un souffre de rhumatismes ou d'arthrose et qu'il n'est soulagé par des médicaments que 2 heures par jour, c'est comme s'il ne vivait que 1/12e du temps. Autrement dit, un an, pour lui, n'aura valu qu'un mois. Si quelqu'un qui aime la radio, les concerts, la musique, la conversation, les bruits de la ville ou de la nature devient sourd, c'est comme s'il perdait - au bas mot - 90 % de sa vie. Pour lui, un an vaudrait à peine une quinzaine de jours. Et ainsi de suite. Evidemment, ces chiffres sont arbitraires. Mais ils permettent de me faire comprendre. Quand je dis que les années ne sont pas égales, je ne parle évidemment pas de l'horloge ou du calendrier. Je parle du temps vécu : passer, à 20 ans, une journée sur une plage, en maillot de bain, à nager, à jouer au ballon, à dévorer des sandwiches à pleines dents, à flirter, et passer la même journée dans un fauteuil roulant avec une couverture, ce n'est pas la même chose. Il existe d'ailleurs un indicateur de développement humain qui distingue la vie en pleine santé de la vie tout court.

 

Le deuxième point par lequel le raisonnement de Bernard Guetta est spécieux est qu'il ne raisonne que sur les grands nombres. Si on admet que la durée de vie moyenne, pour les hommes, est de 77 ans, la vie réelle de chaque individu est bien différente. Certains vivront jusqu'à 95 ans, d'autres seront morts à 60 ans. Prenons un homme qui décède à 65 ans. S'il a droit à la retraite à 60 ans, il aura au moins profité 5 ans de sa retraite. Si on fait passer la retraite à 65 ans, on lui vole 5 ans de sa vie. Donc, inéluctablement, statistiquement, augmenter l'âge de la retraite, c'est priver une portion "x" de la population de cette retraite, puisqu'elle sera morte avant.

 

[Nota. Cela m'évoque d'ailleurs un rapprochement. Les milieux de droite, qui sont souvent ceux qui militent pour le retard du départ à la retraite, sont aussi ceux qui, culturellement, sont favorables aux châtiments sévères, peine de mort ou perpétuité. Or, quand on choisit de condamner un individu - on pense, implicitement, s'il y a un doute, que celui-ci ne doit pas profiter à l'accusé ; qu'entre condamner un innocent et laisser échapper un coupable, il vaut mieux prendre le risque de condamner l'innocent. Lorsque Bernard Guetta trouve anormal qu'un individu profite 20 ans de sa retraite, il raisonne ainsi : "Je cours peut-être le risque, en élevant la retraite à 65 ans, de le priver de 5 ans de retraite s'il meurt précisément à 65 ans. Mais c'est quand même moins grave que de le voir "buller" 20 ans aux crochets des actifs !". C'est le même mécanisme qui est à l'oeuvre dans l'esprit d'un juré d'assises partisan systématique de la sévérité : "Peut-être que cet accusé est innocent. Mais, s'il était coupable ? Allez, au trou ! On n'est jamais trop prudent !].

 

Troisième point. De même que certaines observations influent sur l'objet observé, le fait de retarder l'âge de la retraite peut ne pas être sans conséquence sur le reste de la vie. L'allongement de la durée de la vie active peut se traduire... par un raccourcissement de la vie tout court ! Outre qu'on s'expose à des dangers qu'on ne courrait pas si on était à la retraite (parcours professionnels, usage de certains instruments), le rythme imposé par le néo-libéralisme, les exigences de vitesse, de rendement, de compétition, de changement, tendent, par le stress qu'ils imposent, à miner la vie de l'individu. De sorte que quelqu'un à qui on impose des années supplémentaires d'activité, perdra par les deux bouts : d'abord de toutes les années retranchées, et ensuite de l'épuisement ou du stress, qui lui diminuera le nombre d'années suivantes.

 

Pour ne retenir qu'un mot, celui de "sain", employé par Bernard Guetta a été particulièrement cynique. Parce que, pour la retraite, précisément, tout est affaire de "sain", c'est-à-dire de santé. Et il n'est pas "sain" de travailler plus longtemps, car on n'a plus la santé ou on perd sa santé à cause de ce travail.

 

Deuxième sujet (le court), qui n'a rien à voir avec le précédent. Aujourd'hui, au journal de France 2 de 13 h, la journaliste a passé exactement 8 minutes, ce qui est considérable... pour parler des soldes ! Or, il se passait aujourd'hui, deux événements très graves, tous les deux liés à la politique étrangère des Etats-Unis, qui n'ont été abordés que très légèrement, voire pas du tout. Le premier était l'intervention directe des Etats-Unis dans le conflit somalien : les Etats-Unis ne se sont pas contentés de soutenir en sous-main l'Ethiopie, ils ont aussi bombardé le sud de la Somalie. C'est un événement considérable en ce que les Etats-Unis reviennent sur un lieu dont ils avaient été chassés il y a 12 ans et que c'est le troisième pays musulman (avec l'Afghanistan et l'Irak) qui a, dans le même temps, reçu des bombes américaines. Le second a été l'annonce, cette nuit, d'une augmentation de l'effort américain en Irak, avec 21 000 hommes de plus. Ces deux événements, qui confirment la guerre des Etats-Unis au monde musulman (et risquent d'avoir des répercussions énormes), auraient dû passer en premier.

 

Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, rectifications et critiques.

Bien à vous

Philippe Arnaud, AMD 37


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