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jeudi, 21 décembre 2006

20 décembre 2006

 

Chers tous,

 

Les remarques sur les médias qui suivent résultent d'une première impression. J'ai écouté le journal de France Inter de 19 h, celui d'Arte de 19 h 45, et celui de France 2 de 20 h. Dans ces trois journaux, j'ai choisi une information : celle où le président Bush, après avoir lu le rapport de la commission Baker, après avoir consulté des responsables politiques, des diplomates, des militaires, annonçait ses résolutions à propos de l'Irak pour l'année à venir.

 

En résumé : les journaux rapportaient que George Bush avait parlé de décisions difficiles, de sacrifices, et évoqué une augmentation des effectifs de l'armée américaine en Irak. Il aurait aussi dit qu'il n'était pas question de parler (entendre négocier) de l'Irak avec la Syrie ou avec l'Iran.

 

En clair : alors qu'on s'attendait à ce que, dans l'esprit des recommandations de la commission Baker, le président des Etats-Unis annonce un désengagement progressif de l'armée américaine, en concertation avec la Syrie et l'Iran, il annonce tout le contraire ! Les effectifs vont être augmentés et rien ne sera fait conjointement avec les deux pays voisins de l'Irak. Plus clairement encore : les Etats-Unis vont s'engager encore plus et se battre encore davantage.

 

La remarque sur les médias est que, précisément, des trois médias écoutés, seul celui de France 2 a relevé le fait, en soulignant que le président des Etats-Unis prenait le contre-pied des recommandations de la commission Baker et des voeux de la population américaine. Mais il n'a pas insisté sur ce que cela signifiait : à la fois l'obstination (pour ne pas dire l'entêtement) du gouvernement américain et l'augmentation subséquente des coûts financiers, des pertes - notamment américaines - et de la violence. Alors qu'il paraissait acquis que George Bush avait admis son échec militaire - et politique - et que l'on pensait qu'il cherchait le meilleur moyen de s'en sortir, quitte à manger son chapeau en discutant avec des régimes honnis, le voici qui regimbe et se cabre. Si ces propos sont confirmés, cela n'augure pas des lendemains qui chantent...

 

Ce sursaut dans la violence n'est pas sans évoquer les bombardements de Noël 1972 sur Hanoï et Haïphong, qui précédèrent le désengagement définitif du Vietnam. Et l'on pourrait imaginer que, pour garder la face - ou pour négocier à des meilleures conditions - le gouvernement américain, comme en 1972, signifie sa volonté de poursuivre le combat. Il existe néanmoins une différence : un bombardement, aussi violent soit-il, est bref. En quelques minutes, les avions déversent leur cargaison de bombes et s'en vont. Certains raids peuvent être uniques : les raids américains sur la Libye ou sur l'Afghanistan et le Soudan (du temps de l'administration Clinton), les raids israéliens sur Entebbe, sur Tunis et sur Osirak ont été uniques.

 

Il en va autrement de l'augmentation des troupes terrestres. L'armée américaine ayant des impedimenta très lourds (seule une petite partie de soldats est au combat, la majorité est à la logistique), lorsqu'on déplace un soldat, on le déplace pour longtemps. En conclusion - et pour autant que ces premières informations soient confirmées - il m'est apparu que les médias  en question n'avaient pas bien pris la mesure des décisions de George Bush.

 

Je vous saurais gré de vos remarques, compléments, précisions et critiques.

Bien à vous

Philippe Arnaud, AMD Tours


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