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dimanche, 26 novembre 2006
26 novembre 2006
Chers tous,
Il y a bien longtemps (je bats ma coulpe !) que je n'ai pas formulé d'observation sur les médias. Pour reprendre en douceur, je vous propose un texte ultralibéral sur l'écologie. Ce texte est de Jacques Garello, professeur d'économie à la retraite, peu connu du grand public mais au centre de nombre de réseaux d'influence. Vous constaterez - notamment dans la dernière partie - à quel point ses conceptions sont éloignées de ce qui forme l'opinion courante (et pas seulement écologiste) sur ce sujet. Ce qui est frappant, c'est de voir quel danger mortel l'épuisement des ressources naturelles et la dégradation du climat (si elles sont prouvées) représentent pour la forme d'économie et de société qu'il appelle de ses voeux.
Bien à vous
Philippe Arnaud, AMD 37
Titre : la peste verte
La campagne des présidentielles de 2002 avait été empestée par l’obsession sécuritaire. Sur ce terrain Le Pen était l’un des meilleurs, mais les autres candidats ne s’étaient pas privés de promettre le retour à l’ordre public et à la tranquillité privée. Les résultats ont été naturellement à la hauteur des promesses : CHIRAC, s’étant fait élire sur la peur des braves gens d’être agressés dans la rue, a réussi à rétablir la sécurité sur les autoroutes. En banlieue et dans les transports publics les performances ont été moins reluisantes.
Serons-nous empestés cette fois-ci par l’obsession écologique ? Je suis étonné d’entendre de la bouche d’un certain nombre de dignitaires (dont Alain JUPPE) que le débat au centre de la prochaine campagne sera la sauvegarde de la planète. Comme en 2002 les marchands de peur risquent de faire recette. Nicolas HULOT a donné le ton : si les exigences écologiques n’étaient pas prises en compte il n’hésiterait pas à candidater.
Enfin je vois Monsieur de VILLEPIN nous promettre de multiplier les projets de lois pour protéger l’environnement : taxes nouvelles, péages urbains, subventions aux énergies renouvelables, etc.
Ainsi, comme en 2002 les vrais problèmes des Français pourraient être totalement occultés, tandis qu’on amuserait les électeurs avec le discours écolo. Pendant qu’on parle du réchauffement climatique, on ne pense pas à la faillite de la sécurité Sociale. Pendant qu’on dénonce la pollution automobile, on n’a pas à s’occuper de la dette publique. Pendant qu’on programme des économies d’énergie on n’a pas à se soucier des économies budgétaires. La nature étant en danger, on en oublie les dangers du fanatisme. Tout ce qui ne va pas en France peut être ignoré pour se concentrer sur ce seul objectif : faire de notre pays le leader de la croisade mondiale contre la pollution, l’exploitation éhontée des ressources naturelles, et la désertification des pays pauvres par les riches de ce monde, Américains en tête bien sûr.
Le développement durable, le commerce équitable, le principe de précaution, l’air pur et l’eau potable : voilà de quoi aller à la pêche aux voix. Parler comme Bové, Mamert, Hulot et quelques autres ténors verts, voilà qui est d’un bon rapport. Comme François Bayrou avait donné le signal, les gens de l’UMP, gouvernants en tête, ne voudront pas être en reste.
Or, à mon sens – et au risque de blesser involontairement certains de mes lecteurs - les thèmes écologiques sont à la fois insensés et pervers.
Insensés parce que les gens sérieux, à la différence de Al Gore ou de Nicholas Stern (celui qui a chiffré avec précision le coût du réchauffement terrestre à 500.000 milliards d’euros), savent pertinemment un certain nombre de choses :
1° le réchauffement de la planète est d’une mesure incertaine, son existence et son amplitude sont controversées dans les observations scientifiques ;
2° Si réchauffement il y a, il n’est pas le premier, et la Terre s’est réchauffée et refroidie plusieurs fois au cours des millions d’années écoulées ;
3° Il est incontestable que le réchauffement n’est pas d’origine humaine ;
4° Les mesures imaginées par le protocole de Kyoto et autres recommandations écologistes n’ont qu’un effet ridicule et un coût prohibitif ; la seule protection efficace contre les dégradations de l’environnement réside dans la responsabilité individuelle, mise en oeuvre par des droits de propriété privée.
Vous aurez d’ailleurs remarqué au passage que tout le tintamarre autour de la couche d’ozone a disparu depuis quelques mois, parce que cette couche s’est complètement reconstituée – mais, disent les irréductibles cela accroît encore le risque de réchauffement !
Bref, nous sommes à nouveau, comme avec le rapport Meadows et le club de Rome dans les années 1960, confrontés à une mise en scène qui procède tantôt de la naïveté, tantôt de la publicité, tantôt et le plus souvent de la manœuvre politique.
Je crois de plus que ces thèmes sont pervers, parce qu’ils accréditent l’idée que « l’homme fait partie de la nature ». Cela signifie que nous ne serions qu’une espèce vivante parmi d’autres, et que nous n’aurions nul droit sur les autres espèces animales, végétales, voire même minérales. Or, la philosophie judéo-chrétienne ou grecque place l’être humain au sommet de la création. « Dominez la terre », dit la Genèse. Et il y a à cela une simple raison : la nature humaine n’est pas la même que la nature physique, parce que l’homme a été créé à l’image de Dieu (diront les croyants), parce que l’homme a été doté d’une conscience et d’une raison (diront les autres). Ne pas reconnaître le caractère unique et irremplaçable de chaque être humain, c’est nier sa dignité, sa spécificité ; voilà qui est plus commode quand on ne veut pas lui reconnaître des droits personnels. « Naturaliser » l’homme, c’est l’empailler, c’est le ramener à un élément passif du système physique. Par contraste, toute l’histoire de la civilisation est fondée sur la sacralisation de la personne humaine.
Il est donc temps de fuir le discours écologique comme la peste. Il faut y voir ce qu’il est pour ses inspirateurs : un puissant levier politique contre la créativité, contre l’innovation, contre le droit à l’initiative économique qui sont les bases du capitalisme et les conditions de la liberté. Il faut y voir aussi un bon moyen de ne pas parler de ce qui fâche afin d’élargir sa clientèle.
Je fermerai donc rapidement cette parenthèse écologique, et je forme le vœu de voir la campagne électorale prendre réellement une autre tournure. Une campagne où on ose enfin parler des vrais problèmes, ceux que les politiciens n’ont pas su maîtriser pour l’instant, parce qu’à la différence de l’écologie on ne peut les régler par les slogans et la fuite en avant. Faisons en sorte de fuir la peste verte dans les semaines à venir.
Jacques Garello
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