« 5 aout 2006 | Page d'accueil | 27 aout 2006 »
samedi, 12 août 2006
12 aout 2006
Chers tous,
Depuis 48 h, sur France Inter, une nouvelle a pris le pas sur toutes les autres : le complot déjoué au Royaume-Uni par Scotland Yard (la police) et le MI5 (le contre-espionnage), complot qui, nous dit-on, visait un grand nombre d'avions à destination des Etats-Unis. Le mode de destruction présumé était un explosif sous forme liquide introduit en cabine dans des contenants d'usage courant. On peut, au stade actuel, formuler plusieurs remarques.
1. Sur la forme, tout d'abord : cette nouvelle, qui a éclipsé toutes les autres, y compris (et ce n'est pas fortuit, on y reviendra) la guerre au Liban, est un non-événement ! On a discuté, disserté, glosé de quelque chose d'inouï... qui n'est pas advenu !Mais combien d'événements inouïs - et non advenus - n'avons-nous pas vécus depuis le commencement du monde ? J'en choisis pour mémoire quelques-uns, en me bornant aux deux derniers siècles :
[- La mort de Bonaparte, Premier consul, dans l'attentat de la rue Sainte-Nicaise, le 24 décembre 1800. Du coup, plus de couronnement par Pie VII ! Plus de soleil d'Austerlitz ! Plus de passage de la Bérézina ! Plus de Waterloo ! Plus de mot de Cambronne ! Plus de Premier Empire ! Plus d'arc de triomphe de l'Etoile ! Plus de Napoléon III non plus, donc plus de guerre de 1870, plus d'unité allemande ! Bismarck, retiré à Varzin en 1865 (un an avant un Sadowa qui n'aura donc jamais lieu), meurt d'apoplexie en plantant ses choux.
- L'échec de l'attentat de Sarajevo, le 28 juin 1914. Pour se donner du coeur à l'ouvrage, les conjurés vont à la taverne se jeter de grandes rasades de slivovitsa (eau-de-vie de prune). Complètement saoul, Gavrilo Prinzip arrive en retard et hors l'haleine sur les lieux de l'attentat et ne parvient qu'à crever les pneus de la voiture de l'archiduc. François-Ferdinand s'en tire avec un shako cabossé et succède deux ans plus tard à François-Joseph sous le nom de François-Ferdinand Ier. Il règne jusqu'en 1933. Lorsqu'il sort à pied de la Hofburg, du côté de Kohlmarkt, il glisse une pièce de deux couronnes au rapin Adolf Hitler, qui se confond en remerciements.
- La réussite de l'attentat du Petit-Clamart. Le général est inhumé, aux Invalides, à la place laissée vacante par un Napoléon inexistant (cf. plus haut). Michel Debré est élu président de la République. Pas pour longtemps : Mitterrand l'emporte haut la main en 1965. Du coup, plus de Mai-68, plus de libération des moeurs, pas de pilule avant 1990. Giscard d'Estaing, éliminé de la case Elysée, est réexpédié à la case Auvergne, où il se rabat sur Clermont-Ferrand. Il y mène une politique de grands travaux, faisant notamment creuser un métro entre la mairie et sa résidence de Chanonat, ce qui endette la ville pour deux siècles et demi.
- La victoire de l'équipe de France au Mondial de football de 2006. Les Italiens ont été aussi démoralisés par le coup de tête de Zidane sur Materazzi que les Français l'ont été, en 1982, par l'agression de Schumacher sur Battiston. La "Squadra Azzura" rate tous ses tirs. La France l'emporte par 6 à 1. Quatre millions de personnes déferlent sur les Champs-Elysées. Chirac, requinqué, décide de se représenter en 2007 et a de bonnes chances de l'emporter. Pour passer le temps, le couple Hollande-Royal, résigné à patienter jusqu'en 2012, met deux jumeaux en chantier. Lionel Jospin échafaude des plans pour 2017.]
Si je me suis permis cette fantaisie, ce n'est pas seulement parce que je suis en vacances, mais aussi pour souligner l'inanité de toute spéculation sur un non-événement. A chaque instant, la réalité laisse de côté une infinité de possibles (ou de probables, ou d'improbables... ou même d'impossibles !). En outre, quel est le lien de causalité entre l'enquête (?) des services spéciaux anglais et l'échec du complot ? Ce travail trop parfait des policiers anglais rappelle l'histoire du voyageur qui, dans le train, jette à intervalles réguliers une certaine poudre par la fenêtre du wagon. Intrigué, un de ses compagnons de voyage lui demande la raison du manège. "C'est pour éloigner les rhinocéros blancs de la voie ferrée". "Mais", rétorque le questionneur, "je ne vois pas de rhinocéros blancs !". "Evidemment", reprend le premier, "ma poudre les a mis en fuite".
2. Les présentateurs se sont bien aperçus que le dossier était mince. Aussi celui-ci a-t-il été relevé (ou rendu plus "sexy", pour reprendre les termes employés en 2003 pour présenter la "menace" des armes de destruction massives irakiennes) par un certain nombre d'épices :
- L'épice islamique, d'abord, en soulignant que les conjurés, de nationalité britannique, étaient tous d'origine pakistanaise. Cela rappelle les conjurés du 11 septembre 2001 (Saoudiens ou Egyptiens) et ceux des attentats du métro de Londres au mois de juillet 2005. Donc, double rappel : l'Islam, c'est comme la digitale ou la ciguë, même si ça pousse dans le champ d'à côté, c'est quand même du poison.
- L'épice du "conjuré-bien-intégré-qui-a-un-métier-et-ne-se-fait-pas-remarquer". C'est le fantasme de l'espion dormant, plus effrayant - car indiscernable - que le comploteur barbu à djellaba (aussi discret, en son genre, que l'espion - venant du froid - au chapeau mou et à l'imperméable mastic avec col relevé). Incidemment, ce trait désigne à la méfiance des Britanniques "de souche" le jeune homme (basané, certes, mais bien élevé) qui, en leur absence, s'est proposé pour nourrir les canaris et abreuver les poissons.
- L'épice de l'ampleur du projet déjoué. Les services américains ont parlé de complot "mondial". Il a été évoqué des attentats simultanés sur plusieurs avions, de plusieurs flottes aériennes, volant dans toutes les directions (de préférence vers Israël, les Etats-Unis ou le Royaume-Uni), mais des attentats qui devaient être aux attentats du 11-Septembre ce que le bouquet final d'un feu d'artifice à Hong Kong est à un 14-Juillet d'un chef-lieu de canton du Loir-et-Cher.
- L'épice de l'invisibilité de l'explosif, de sa capacité à se confondre avec les produits les plus inoffensifs. En effet, cet explosif est censé être liquide. D'où l'interdiction aux passagers d'entrer en cabine avec les bouteilles de soda achetées dans l'aérogare, le sirop antitussif, le collyre pour les yeux et même le biberon du bébé. Ce biberon, dit-on, ne peut pénétrer en cabine qu'une fois que les parents ont aspiré à même la tétine [et quand la mère allaite, où aspire le père ?]. Ce trait est destiné à produire un effet terrifiant en accroissant démesurément l'écart entre l'innocuité apparente de la cause (un biberon, du lait, un médicament - toutes choses qui préservent ou protègent la vie) et les conséquences effroyables de l'effet : un gros porteur pulvérisé, des centaines de morts...
La psychose était telle que l'émission "Le téléphone sonne", sur France Inter, ce 11 août entre 19 h 20 et 20 h, était consacrée à ce sujet. Et chaque auditeur d'y aller de son histoire horrifique (telle femme contrainte de se mettre nue lors de la fouille à l'embarquement, tel homme proposant qu'au lieu d'être fouillés, les passagers se déshabillent entièrement et revêtent, pour la durée du voyage, des chemises de nuit ou des pyjamas). [Cette histoire de nudité, ou de changement de vêtements, n'est d'ailleurs pas anodine : elle rappelle, entre autres, la cérémonie qui eut lieu lors du mariage de l'archiduchesse Marie-Antoinette avec le dauphin, futur Louis XVI. Arrivée à la frontière, la princesse dut se défaire entièrement de ses habits autrichiens et être revêtue, par ses dames d'honneur françaises, des effets en usage à la cour de Versailles. Cette cérémonie - mélange de rite initiatique et de baptême - mêlait à la fois les notions de pureté, et de régénérescence. Le voyage en avion devient donc un rite de passage, qui confirme - ou infirme - l'innocence].
Cet excès de précautions était tel qu'il en rejoignait presque le trait d'humour de Stendhal dans La Chartreuse de Parme, où le comte Mosca, premier ministre du duc de Parme, pour rassurer son maître terrorisé par les complots, va lui-même ouvrir les étuis de contrebasse, pour s'assurer qu'aucun conjuré ne s'y dissimule. Je repense également à cette information hallucinante, entendue le 12 (ou 13) septembre 2001, selon laquelle, dans les milliards de débris, parfois minuscules, répandus dans tout Manhattan, les enquêteurs avaient retrouvé le passeport qu'un des conjurés - qui pilotait un des avions qui s'était écrasé sur le World Trade Center - portait dans la poche de son pantalon !
Ce qui n'était, au fond, que la version moderne de la princesse et du pois chiche. [Pour les non-initiés : un conte relate qu'un prince était, depuis des années, à la recherche de la femme idéale. Un soir, se présente au château une jeune fille pauvre, mais très belle et de grande allure. La reine-mère, pressentant qu'il s'agit là de l'épouse tant désirée, décide, pour en avoir le coeur net, de faire elle-même le lit de la belle. Elle entasse dix matelas les uns sur les autres et, sous le dernier, glisse un pois chiche. Au matin, elle demande à la jeune fille comment elle a dormi : "Très mal", lui répond celle-ci, "toute la nuit, une horrible pointe m'a meurtri les côtes". La reine, se disant qu'une jeune fille aussi délicate ne peut être qu'une princesse bien née, l'agrée donc pour son fils.]
3. Cette terrifiante série d'attentats (qu'on peut d'autant plus grossir qu'ils n'ont pas eu lieu) est à mettre en relation avec des événements, bien réels, ceux-là, et bien catastrophiques, puisqu'il s'agit de la guerre menée par l'Etat d'Israël. Cette guerre présente les caractères suivants :
- Elle se déroule sur trois fronts : le Liban, Gaza et la Cisjordanie. En effet, le tintamarre de la guerre du Liban ne doit pas cacher les opérations très dures qui continuent de se dérouler à Gaza (tirs par avions, hélicoptères, artillerie) et également en Cisjordanie. Ce n'est pas seulement avec les Palestiniens, mais aussi avec les Libanais, et, potentiellement, avec une grande partie du monde arabe (la Syrie étant explicitement menacée), voire musulman (cf. l'Iran), qu'Israël se trouve en état d'hostilité.
- Au Liban, elle ne concerne pas seulement "une bande frontalière de 30 km de profondeur", mais l'ensemble du Liban, y compris sa capitale, Beyrouth, toutes les voies d'accès à la Syrie, et les postes-frontière avec ce pays (puisque plusieurs ouvriers agricoles y ont été tués par un raid aérien).
- Les pertes sont disproportionnées : une soixantaine de victimes civiles, côté israélien, contre 1100 ou 1200 côté libanais. La disproportion est du même ordre que celle des guerres menées par l'Occident depuis 1991 : première guerre du Golfe, guerres de Bosnie et du Kosovo, guerre d'Afghanistan, guerre d'Irak. De surcroît, les destructions causées aux infrastructures civiles sont sans équivalent côté israélien et côté libanais. Les roquettes du Hezbollah tombent n'importe comment et n'importe où, et ont des charges de quelques dizaines de kilos. Les bombes israéliennes sont beaucoup plus ciblées et pèsent entre plusieurs centaines de kilos et quelques tonnes.
- Cette guerre, néanmoins, par rapport aux précédentes guerres régulières : celles de 1948, de 1956, de 1967 et de 1973, est un échec. Elle est un échec du fait qu'elle ne s'est pas traduite par un succès rapide. Lors de toutes les guerres précédentes, Israël affrontait des armées bâties sur son modèle, qui, sur le papier (mais sur le papier seulement !), l'emportaient de loin en unités (hommes, canons, chars, avions) sur sa propre armée. Dans tous les cas, les armées arabes avaient tenu au mieux quelques semaines, au pire quelques jours, voire quelques heures (comme dans la guerre des Six Jours). Même en 1982, Israël, en quelques jours, avait abattu quelque 82 Migs syriens sans perdre un seul avion. Ici, face à un ennemi sans traits distinctifs (stigmatisé parce qu'il se dissimule parmi la population... comme toute guérilla populaire se dissimule dans la population dont elle émane), un ennemi sans aviation, un ennemi sans artillerie lourde, un ennemi sans hélicoptères, un ennemi sans marine, un ennemi aux effectifs bien moindres que sa propre armée, Israël, au bout d'un mois, se heurte à la même résistance qu'aux premiers jours et continue de recevoir des roquettes sur son sol.
- Cette guerre occasionne de lourdes pertes dans l'armée israélienne. Examinons-les par comparaison avec les pertes de l'armée américaine en Irak depuis le 19 mars 2003. D'après le site www.antiwar.com, ces pertes s'élèvent à 2600 hommes. Cela fait 2600 tués en un peu plus de 40 mois. L'armée israélienne a eu 65 tués en un mois. Voyons maintenant les rapports de population des deux pays : 6,3 millions d'habitants pour Israël, 298,4 millions pour les Etats-Unis. Le ratio de l'un à l'autre est de 47,4 (arrondi) et, sur un mois, cela donnerait, à l'armée américaine, 3078 morts, et, depuis le 19 mars 2003, dans les 124.000, soit plus du double des 12 ans (de 1963 à 1975) de l'engagement américain au Vietnam ! Pour mémoire également, les pertes britanniques durant la guerre des Malouines furent de 255 tués et les pertes israéliennes durant la guerre des Six Jours, de 800 tués (mais toute l'armée israélienne était mobilisée, ce qui n'est pas le cas actuellement). Proportionnellement, donc, les Israéliens ont des pertes élevées.
- Cette guerre est erratique dans ses buts : initialement, elle a été déclenchée par l'armée israélienne pour récupérer deux (deux !) de ses soldats enlevés par le Hezbollah. On ne peut qu'être frappé (c'est le cas de le dire) par la disproportion entre la cause invoquée et l'effet produit : comme si, en présence d'un ongle incarné, le chirurgien préconisait l'amputation de la jambe. Chaque jour qui passe, le gouvernement israélien, comme un joueur qui perd au tapis vert, fait monter l'enjeu.
4. Qu'est-ce que cette guerre a à voir avec le "complot" déjoué au Royaume-Uni ? Ceci : depuis 2001 au moins, et, plus encore depuis 2003, l'actuel gouvernement britannique épouse toutes les inflexions de la politique étrangère du gouvernement américain, en particulier au Proche-Orient, où les deux gouvernements soutiennent à peu près sans faille la position israélienne (au point, d'ailleurs, que les positions européennes sur ce sujet ont toujours été gauchies - si l'on peut dire... - dans un sens favorable à Israël par le gouvernement britannique depuis le début de la crise). Au moment où les choses se passent mal pour Israël et où l'opinion israélienne commence à douter du bien-fondé de la politique de son gouvernement, cette crise arrive à point nommé.
5. Comment la manipulation se déroule-t-elle ? De plusieurs façons :
- D'une part, par le choix de la succession des deux informations : d'abord le complot au Proche-Orient, que suit, immédiatement après, la guerre au Liban. Mais l'ordre de succession n'est pas innocent : lorsque, dans un même journal télévisé, on fait se succéder des attentats à Karachi, des meurtres à Bagdad, des roquettes envoyées sur Israël, des émeutes de banlieue à Clichy ou aux Minguettes, un procès d'anciens détenus français de Guantanamo, des violences scolaires commises par des jeunes (basanés, de préférence), l'idée qui finit par s'installer est celle-ci : les musulmans ne sont pas fréquentables.
- D'autre part, par l'usage dans les deux informations (le "complot" de Londres et la guerre du Liban), de mots communs à ces deux informations : Al-Qaida, Pakistan, filière, soutien, financement, services secrets, attentat, complot, manipulation, islamique, 11-Septembre, etc. Un peu comme, parfois, lorsqu'on écoute une information à la radio et qu'on est, simultanément, sollicité par une conversation, il nous arrive d'insérer par inadvertance, dans cette conversation, un mot écouté à la radio mais qui n'a rien à voir avec le contexte de l'entretien. Ou bien lorsque, en une fraction de seconde l'oeil, inconsciemment, accroche de façon liminale un mot sur une affiche ou sur un panneau indicateur et qu'on se surprend à répéter mécaniquement ce mot qu'on ne se souvient cependant pas d'avoir lu.
- Enfin par le mélange, dans la même phrase, de verbes au présent ou au passé composé de l'indicatif (les conjurés "sont originaires" de Birmingham, ils "ont été arrêtés") qui mentionnent des faits réels, et de verbes au conditionnel (le cerveau du complot "serait" en fuite, les membres du réseau "auraient envisagé" de faire sauter les avions le 16 août), qui ne font qu'avancer des hypothèses. Or, à l'arrivée, tout se passe néanmoins comme si les verbes à l'indicatif (réel) et les verbes au conditionnel (hypothétique) étaient ramenés au même statut : celui de l'indicatif ! L'esprit, en effet, crée du cohérent. Comme dans certains monuments reconstruits (la Frauenkirche de Dresde, par exemple, rebâtie 60 ans après le bombardement de 1945), où l'essentiel des matériaux est neuf mais où ont été réemployés les éléments d'origine identifiables qui retrouvaient place dans le puzzle. En s'attardant aux détails, l'oeil distingue bien les pierres neuves (en clair), des pierres anciennes (en sombre). Néanmoins, malgré un aspect quelque peu moucheté, l'impression d'ensemble est bien celle de l'édifice réellement existant, qui se dresse devant le spectateur. Si l'oeil distingue des taches sombres, l'esprit ne les aperçoit plus. Il en va de même d'un récit composé à deux modes différents : entre le mode qui tient l'édifice (l'indicatif) et le mode qui colmate quelques trous (le conditionnel), l'esprit ne s'attarde guère à clopiner de l'un à l'autre : il accorde vite au tout le statut du plus solide, celui du réel. Pour en revenir au complot, les éléments réels de celui-ci (le nombre de conjurés, l'indication précise des lieux et heures des arrestations, la description des explosifs), conjugués aux éléments de rappel (les attentats du 11 septembre 2001 à New York et de juillet 2005 à Londres) possèdent un pouvoir liant assez fort pour faire tenir ensemble des pièces que, considérées isolément, on regarderait comme branlantes.
- Ces illusions de la perception, que chacun de nous a pu expérimenter, fonctionnent ici d'autant mieux que les deux sujets ("Liban" et "complot") présentent des champs sémantiques communs et des connotations communes (ce qui ne serait pas le cas, par exemple, de deux sujets comme "astronomie" et "culinaire" - encore qu'on puisse toujours en trouver). Or, bien que les deux sujets soient manifestement séparés (car aucun de ceux que les médias dominants présentent comme les "ennemis acharnés" de l'Occident - Iran, Syrie, Hezbollah, Hamas, Al-Qaida - et dont ils espéreraient que, à l'image de l'hydre de Lerne, les têtes se réunissent en faisceau pour les trancher d'un seul coup, n'a - bien au contraire ! - aucun intérêt à susciter, par des initiatives intempestives, un front uni des Européens et des Américains), tout se passe comme si, par ces procédés subliminaires, on voulait nous convaincre du contraire, et, neuf siècles après, nous intimer l'ordre de remonter en croupe derrière Godefroy de Bouillon pour courir sus au Sarrasin.
Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, compléments et critiques.
Bien à vous
Philippe Arnaud, AMD 37
19:05 Publié dans Radio | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ecrire un commentaire