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mercredi, 08 mars 2006
8 mars 2006
Chers tous,
Je souhaite, ci-après, aborder deux sujets :
Premier sujet :
Aujourd'hui, dans la partie magazine du journal de 13 h de France Inter - c'est-à-dire de 13 h 30 à 14 h - avait lieu un débat sur le CPE. Ce débat avait lieu entre Hervé Mariton, député de la Drôme (membre du groupe des "réformateurs" de l'UMP, donc à la fois ultralibéral en économie et pro-Bush)... et Didier Salavert, fondateur d'un nouveau parti appelé... Alternative Libérale ! Ce parti est proche de toutes les officines ultralibérales, en particulier de "Liberté Chérie" de Sabine Hérold, qui s'était fait connaître en 2003, pour son soutien sans faille au projet Fillon de démolition du système de retraite français.
Ce qui était très curieux, dans ce "débat", c'est que quelqu'un qui n'aurait pas su qui étaient les interlocuteurs n'aurait pas compris de quoi il retournait. Apparemment, certains propos de Didier Salavert (qui pense peut-être ressusciter une espèce de "Démocratie Libérale") semblaient prôner une société sociale-démocrate de sécurité pour tous (plusieurs fois, au cours du "débat", le journaliste lui a tendu la perche en lui parlant des modèles scandinaves - notamment danois - de flexisécurité, mais Didier Salavert n'a pas fait mine de la prendre). D'un autre côté, Hervé Mariton, tout doctrinaire qu'il soit, semblait singulièrement gêné par l'ampleur d'une mobilisation qui ne faiblit pas et qui réussit même à réconcilier les partis de gauche et les syndicats (c'est dire !). Si ses propos n'étaient pas joués, il avait l'air d'un homme qui prépare le terrain à une reculade du gouvernement.
Ce qui m'a retenu, dans cette émission, c'est que, parmi les innombrables personnalités qui auraient pu être opposées à Hervé Mariton (ou à Didier Salavert, qui, apparemment, estimait que le gouvernement n'allait pas assez loin dans le libéralisme), on n'ait trouvé personne pour donner une vigoureuse réplique de gauche - par exemple celle de Gérard Filoche, à qui nous devons un démontage impitoyable de ce même CPE. Pour ses débats économiques, France Inter oppose l'ultralibéralisme... à l'ultralibéralisme ! Néanmoins, ni l'un ni l'autre n'ont eu le courage d'exposer les idées sans fard qu'exposent les Pascal Salin, Jacques Garello ou Bernard Zimmern, pour qui le communisme commence avec de Villepin...
Deuxième sujet :
Je le tiens d'un ami proche, correspondant de mes listes. Il touche à l'historienne Annie Lacroix-Riz. Cette dernière - professeur d'histoire à Paris VII, collaboratrice du Diplo, comme vous le savez - est spécialiste de l'URSS, de la Seconde Guerre mondiale et de la politique étrangère du Vatican de 1900 à 1958. Elle est actuellement l'objet d'une grande campagne de diffamation, de la part d'un obscur comité d'Ukrainiens, qui l'accuse de négationnisme des crimes staliniens.
Cette campagne de diffamation, partie d'une certaine Mme Hunault, qui se dit Ukrainienne, est apparemment relayée et soutenue par plusieurs personnes ou institutions :
- Le député UMP de Mayenne Yannick Favennec, les députés (toujours UMP ou UDF) Pozzo di Borgo et Lehideux,
- Le président de l'Université d'Annie Lacroix-Riz, Benoît Eurin, qui la menace de sanctions administratives.
- Le ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, qui accepte les ragots que lui envoient ces officines.
- Plusieurs auteurs du Livre noir du communisme, notamment Stéphane Courtois.
- L'archevêché de Lyon.
Cette campagne, apparemment, s'inscrit dans une offensive idéologique anticommuniste, qui s'est manifestée, récemment, par la "condamnation du communisme", au Conseil de l'Europe, sur proposition d'un obscur député scandinave (ou balte). Cette offensive ne vise pas tant à stigmatiser les crimes du stalinisme que, au-delà, à flétrir toute idée d'une philosophie ou d'une conception du monde qui remette en cause les fondements du capitalisme, voire qui soit tant soit peu de gauche*.
Sur ce sujet, et sur les précédents, je vous saurais gré de vos remarques, précisions, rectifications et critiques.
Bien à vous
Philippe Arnaud
* Pour les détails, si vous êtes intéressés, j'ai des écrits d'Annie Lacroix-Riz.
18:16 Publié dans Radio | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
Vous avez raison de défendre Annie Lacroix-Riz, une historienne courageuse et respectant son métier, sans commune mesure avec les plaisantins du "Livre noir",lesquels ridiculisent la France auprès des historiens étrangers.Vous avez tort d' évoquer sans critique les "crimes du stalinisme" :la plupart des "victimes" du stalinisme furent des tsaristes, des pogromistes,des agents de l' Occident,sans oublier quelques millions de soldats nazis définitivement plantés dans cette terre qu' ils étaient venus saccager.
Ecrit par : rey | vendredi, 22 février 2008
@ Rey
- Pour être clair, je me place dans une perspective clairement favorable à l'idéal communiste. Ma référence, en la matière, est le livre de Moshe Lewin, "Le siècle soviétique", publié en commun par Fayard et Le Monde diplomatique. En dehors des tsaristes et des pogromistes (qui concernaient surtout les premières années, jusqu'à la mort de Lénine) et des agents de l'Occident (peu nombreux), il me semble que Staline a tué un peu plus largement qu'il n'aurait été permis...
- Et, très généralement, je soutiens à fond Annie Lacroix-Riz dans tous ses écrits, en particulier sur celui qu'elle a rédigé sur "Le Vatican, l'Europe et le Reich de 1914 à 1958".
Cordialement
Philippe Arnaud
Ecrit par : Philippe Arnaud | samedi, 23 février 2008
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